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Beast - Peter Benchley - 1991 (La bête)
  

  

Couverture Informations
   
Titre : Beast

Aka : La bête
Auteur : Peter Benchley
Année de publication : 1991
Publié en France par Grasset

Non loin du fameux triangle des Bermudes survient une série d’événements étranges et à vrai dire mortels. « Classique » diront certains. Sauf que la responsabilité en incombe ici à un poulpe aux dimensions proprement hallucinantes. Le kraken, véritable monstre mythique, ne serait donc pas qu’un simple délire de marin imbibé mais une créature bel et bien réelle, menace tapie dans les profondeurs de nos eaux…

Peter Benchley, auteur connu et reconnu pour son roman Les dents de la mer (qui permis au jeune Steven Spielberg de forcer les portes d’Hollywood) récidive donc 17 ans plus tard avec un nouveau monstre aquatique. Difficile toutefois de renouveler le genre ou d’éviter les clichés lorsque plane sur soi l’ombre terriblement culte du grand requin blanc. Pourtant Benchley parvient ici à se détacher de son fameux roman en nous offrant un livre à la fois classique dans son déroulement et finalement plutôt surprenant. Classique tout d’abord parce que globalement, le schéma habituel de la menace planant en bord de mer et devant être éliminée à tout prix est déjà vu et revu cent fois. Mieux encore, c’est Benchley lui-même qui l’a popularisé ! Conscient de cela, l’homme se permet donc de citer son roman phare à de nombreuses reprises (ainsi que le film et ses impacts par la même occasion), se jouant même de son succès et menant ainsi le lecteur vers de fausses pistes dans un esprit purement ludique… La bête attaque donc. Toujours plus terrible, faisant preuve de toujours plus de puissance, elle tue. Pas de haine, pas de folie, juste une faim monstrueuse et insatiable. Face à elle, une poignée d’hommes avec à leur tête Whip Darling, pécheur respectueux d’un environnement qu’il connaît du reste comme sa poche. L’homme est marié, heureux et ne souffre que de quelques problèmes financiers lesquels son ami, Marcus Sharp, pilote d’hélicoptère pour la Navy, tente de palier. A cet intrépide duo viendra se joindre Herbert Talley, spécialiste des poulpes désireux de prouver au reste du monde que l’Architeuthis est bel et bien une réalité plus que concrète. Enfin, dernier protagoniste d’importance, le milliardaire Manning. Comme tant d’autres, ses enfants ont péri entre les tentacules tranchants de la bête. S’éveille alors chez leur père un instinct de chasseur irraisonné et pour tout dire, quasi-suicidaire… Autour de cette fine équipe s’accumulent les morts, aussi spectaculaires que bien amenées. C’est du reste de là que le roman tire sa force et que Benchley parvient à faire la différence. En quelques pages, il réussit à rendre « humain » et attachant des personnages que l’on sait voués à disparaître… ou pas ! Ces personnages secondaires sont présentés avec un tel talent dans leur vécu et leur quotidien marin que chacune des disparitions en devient dramatique pour le lecteur. On se prend même à espérer que tel ou tel intervenant pourra passer à travers les crochets démesurés du monstre mais à quoi bon, c’est bien Benchley qui mène la barque et manipule son lecteur jusqu’à la dernière page…
Comme c’est le cas dans la plupart de ses romans, l’action prend au beau milieu du triangle des Bermudes. La part de magie des lieux ne sert en rien à tromper le lecteur puisque c’est un fait établi dès la première page : Le monstre est réel. Cette situation géographique particulière permet en revanche de justifier le doute de certains acteurs du roman. Après tout, rien d’étrange à ce qu’un bateau disparaisse dans les eaux profondes et difficiles du fameux Triangle. Une excellente idée à laquelle s’ajoute une évidente connaissance des lieux. Benchley est un passionné et cela se sent. Il connaît les Bermudes, connaît ses eaux, son climat et ses dangers. Les informations n’ont rien de farfelues et apportent un cachet « réaliste » à l’ensemble. Mais outre cela, c’est bien la fluidité du récit et la violence des attaques qui entraînent le lecteur. Le rythme ne mollit à aucun moment et chaque page est un appel à la lecture de la suivante…
Nous noterons par ailleurs le discours écologiste qu’apporte Benchley en plus du reste. L’homme est amoureux des Bermudes donc et semble désireux de faire passer plusieurs messages. Il critique donc fermement les techniques de pèches employées et la disparition des espèces marines qui en résulte. Il tire par ailleurs à boulets rouges sur le non respect de la faune et de la flore aquatique ainsi que sur les touristes inconscients à la recherche de sensations nouvelles. L’homme pointe enfin du doigt les scientifiques, les géologues, ceux qui veulent tout savoir sur tout sans prendre le temps d’en mesurer les conséquences… En bref, Benchley appelle à la sauvegarde de ce qu’il considère comme son petit paradis. Jusque dans la fin, particulièrement étonnante, le romancier nous montre à quel point l’homme n’est rien face à la nature. Seule la nature peut s’opposer à la nature. L’homme n’est qu’un élément destructeur, une plaie dont l’intervention est généralement source de défaillances écologiques…
La bête est donc un roman de qualité, particulièrement fluide, documenté et limpide. Le bouquin se lit sans mal et vous accompagnera fort bien sur la plage lors de vos vacances estivales. Adeptes des tentacules, monstres insaisissables et tronçonneuses, foncez !

A noter que, tout comme Les dents de la mer, La bête a fait l’objet d’une adaptation à l’écran. Wes Craven puis John Carpenter furent attachés à ce projet d’envergure. Carpenter promettait même une introduction tout simplement incroyable ! Mais l’ensemble fût jugé trop coûteux et en lieu et place d’une adaptation ciné prometteuse, nous devons aujourd’hui nous contenter d’une version télévisuelle de 3 heures servie par un Jeff Bleckner peu inspiré ou sous l’effet d’une forte dose d’anesthésiants… Pas une mauvaise adaptation, juste une petite déception à la vue de ce que nous aurions pu avoir…

Xavier -MadXav- Desbarats le 12/12/2006

Commentaire 
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Ol'?24 May 2007, 19:39

Très bon livre, mais le téléfilm n'est pas si mal !

Steely Shark06 April 2007, 03:00

Oui pierre yves, j'ai bel et bien lu le bouquin, il y a un bon moment déjà.

pierre yves?03 April 2007, 20:08

Un bon bouquin dis-tu. Mais l'as tu lu?

Carcharoth — 22 December 2006, 12:30

Va falloir que je me commande ça, en espérant qu'il soit plus réussi que le livre Jaws, mais ta critique donne envie d'y jeter un oeil en tout cas.

Steely Shark — 20 août 2006, 03:26

Un bon bouquin je trouve.

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