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Demon of Paradise - Cirio H. Santiago - 1987
  

    

Jaquette Informations Notations
     
Demon of Paradise Titre : Demon of Paradise

Genre : Homme-lézard
Pays : Philippines/ Etats-Unis
Année : 1987
Durée : 84 min
Réalisateur : Cirio H. Santiago
Acteurs : Kathryn Witt, William Steis,
Laura Banks, Frederick Bailey,
Leslie Huntly...

Carcharoth :
 


Trailer  

Résumé :

'Quand des chasseurs deviennent les proies après avoir dérangé un lézard humanoïde carnivore… Une scientifique va alors aider le Shérif du coin à sauver les touristes des griffes de la créature mortelle.

Réalisateur et producteur très prolifique, Cirio H. Santiago a beaucoup œuvré dans le petit monde du cinéma d’exploitation philippin. Véritable touche à tout, il n’est donc pas étonnant de le retrouver derrière des productions mettant en scène des animaux tueurs (Up From the Depths), des terres dévastées par des explosions nucléaires (Whells of Fire, Dune Warriors, etc.)ou encore des films d’action bien burnés et plus ou moins décérébrés (Killer Instinct, Kill Zone, Firehawk, etc.). Bref, tout ce qui cartonnait au box-office se retrouvait forcément plagié, avec plus ou moins de talent, et ce, jusqu'à ce que le filon soit sucé jusqu'à la moelle. Tout comme l’Italie ou encore le Mexique, les Philippines exportaient alors un grand nombre de films tournés à moindre coût et dans des conditions pas toujours très « conventionnelles ».
Et cela s’en ressent en général très fortement quant à la qualité des films produits. Si l’exécrable Up From the Depths lorgnait du côté de Les Dents de la mer, Demon of Paradise se rapproche bien plus d’un autre chef d’œuvre exhibant également une créature aquatique : l’inoubliable Creature from the Black Lagoon… Mais ici, nous sommes très loin d’une production Universal avec tous les moyens financiers que cela sous-entend, puisque l’un des producteurs n’est autre que ce filou de Roger Corman, ayant d’ailleurs déjà collaboré avec Santiago entre autres sur Up From the Depths pour rester dans les fonds marins. Abysses que ces deux productions auraient mieux fait de ne jamais quitter, car Demon of Paradise n’est au final qu’une série Z minable, ennuyeuse et grotesque.

À Hawaï, des pêcheurs choppent de manière illégale des poissons et autres bestioles marines. Cette méthode très efficace à l’aide de bâtons de dynamite n’est cependant pas du goût de tout le monde, notamment lorsque les explosions finissent par réveiller une créature mythologique hawaïenne, un reptile de taille et de forme humanoïde surnommée Akua. Comme son nom ne l’indique pas, cette dernière, en plus de hanter les fonds marins peut également se déplacer sur la terre ferme. Le monstre costumé décide alors de se venger en toute impunité, de toute manière son existence n’est finalement qu’une rumeur, ce qui lui laisse un peu de marge de manœuvre. Il va donc entraîner sous la surface quelques figurants et autochtones, ce qui va finir par mettre la puce à l’oreille de l’herpétologiste du coin. Le shérif lui, a toujours du mal à croire que cette légende puisse être vraie, et les habitants du coin eux, décident de se servir de ces évènements dans un but touristique purement mercantile. Célébrité qui ne déplaît pas à la créature puisque cela attire les curieux, et donc potentiellement plus de nourriture. La suite est des plus classique : un groupe de personnes plus ou moins qualifiées mènent l’enquête, d’autres sont juste bonnes à être décimées, jusqu'à ce qu’intervienne l’armée venue nettoyer tout ce bordel de manière assez musclée…

Les attaques sont peu impressionnantes et assez rares durant les deux premiers tiers du film, constitués essentiellement de dialogues sans intérêts et risibles dans la plupart des cas. Akua se contente en effet d’entraîner ses victimes sous l’eau (voir même le canoë sur lequel se trouve un pauvre bougre), provoquant à peine quelques remous… Pas d’effusions de sang à se mettre sous la rétine donc, d’autant plus que quasiment toutes ces séquences se déroulent la nuit, accentuant ainsi la frustration du spectateur. Le costume en latex du monstre n’est pas une grande réussite et rend la démarche de la créature assez monolithique. Difficile de voir autre chose ici qu’un plongeur déguisé, même si nous sommes loin des aberrations aquatiques de La Créature de la mer hantée, Bog ou encore Rana : the Legend of Shadow Lake pour ne citer qu’elles.

La dernière demi-heure est un peu plus généreuse en agressions, mais tellement mal rythmée et montée avec les pieds que ça en devient désolant. Avoir subi une heure interminable de film pour assister à un spectacle aussi affligeant est difficile à avaler. La créature joue à cache-cache dans les bois avec les militaires, une fois de plus la nuit afin de dissimuler les imperfections du costume. Elle défonce quelques planches de bois, donne quelques coups de griffes, et se permet même, lors d’une scène mémorable, d’attraper un hélicoptère en plein vol (enfin, un modèle réduit en plastique) et de le forcer à se crasher dans l’eau… Mécontentes, les forces armées décident donc d’en terminer avec tout ça, et se paient le luxe d’effectuer un lancer de grenades synchronisé, un tir de barrage ayant pour effet de mettre en charpie la créature aussi étonnée que nous face à ce stratagème inattendu. Une explosion soudaine et hilarante qui n’est pas sans rappeler la fin d’un épisode de Bioman.
A noter que malgré cela, les scénaristes ont tout de même réussi à nous concocter une fin ouverte, très en vogue dans ce genre de productions, dès fois qu’un réalisateur inconscient ait l’idée de donner une suite à ce calvaire cinématographique. De quelle manière vous demandez-vous ? Tout simplement en laissant filer au gré des flots la queue tranchée de la créature, qui comme vous vous en souvenez est à moitié lézard (régénération des tissus et tout le tralala pour ceux qui se souviennent de leurs cours de biologie).

Cirio H. Santiago nous livre avec Demon of Paradise un navet indigeste, ennuyeux et d’une crétinerie abyssale. Les acteurs autant que les figurants en font des tonnes et ne sont pas crédibles un seul instant, les dialogues sont consternants et la créature est nettement plus rigolote qu’effrayante. À aucun moment le réalisateur ne parvient à dégager la moindre tension horrifique, ce qui pour un film d’horreur est plutôt inquiétant… Mieux vaut se tourner vers le film ayant inspirée cette production, L’Etrange créature du lac noir, ou certains de ses descendants comme The Monster of Piedras Blancas voir même Octaman pour se marrer un bon coup.

Carcharoth le 07/01/2008

Galerie :

Demon of Paradise

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