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Canidés tueurs >> Les Chiens de l'Enfer - Curtis Harrington - 1978

  

    
Jaquette Informations Notations
     
Titre : Devil Dog : The Hound of Hell

Aka : Les Chiens de l'Enfer ;
Barghast
Genre : Chien satanique
Pays : Etats-Unis
Année : 1978
Durée : 95 min
Réalisateur : Curtis Harrington
Acteurs : Richard Crenna, Yvette Mimieux,
Kim Richards, Ike Eisenmann,
Victor Jory...

Carcharoth :
 


 

Résumé :

'Un étrange groupe vient acheter, à prix d'or, une chienne dans un élevage. Sitôt rentrée la pauvre bête est le centre d'une bien étrange messe satanique... Quelque temps plus tard, Mike et Betty Barry trouvent leur propre chien mort en face de chez eux, écrasé par un chauffard. Leur enfants sont horrifiés et jurent de ne jamais avoir d'autre animal. Mais un inconnu leur propose, par un curieux hasard, d' adopter un des douze chiots qu'il vient d'avoir de sa chienne qui a l'air terrorisée depuis qu'elle a mis bas... La présence de ce nouveau venu ravit les enfants mais d'étranges phénomènes commencent à se produire dans la maison : la mort subite de la bonne à qui le chien ne plaisait pas, des enfants qui deviennent agressif, une mère qui change de personnalité. seul le père semble résister à cet étrange phénomène mais jusqu'à quand ?

Spécialisé dans les productions télévisées, Curtis Harrigton s'était déjà attelé au genre des agressions animales en 1974 avec Killer Bees, un film plutôt honnête s’il en est. Si en ces années là, suite au triomphe mondial de Les Dents de la mer en 1975, le genre est plutôt porteur, un autre excellent film va lui aussi faire parler de lui et engendrer plus tard de nombreuses suites ou copies diverses : The Omen de Richard Donner. Quoi de plus naturel donc que de mélanger les courants pour surfer sur un hypothétique succès. Malheureusement, Curtis Harrington ne se trouve être ni Spielberg, ni Donner, et son Les Chiens de l'Enfer qui mélange les deux genres relève plus de la comédie involontaire que du véritable film d’horreur.

D'ailleurs l'idée de mélanger les genres à du faire du chemin, puisque la même année sortait Zoltan le chien sanglant de Dracula, proposant lui aussi comme prédateur principal un chien possédé, mais là aussi la réussite sera absente, à cause d’une approche vraiment trop superficielle.
La date d’Halloween cette même année sera donc choisie pour la première diffusion télé de Devil Dog, peut être le public aurait du y voir un signe annonciateur d’un spectacle lorgnant bien plus vers le grand guignol que vers une histoire terrifiante… Le réalisateur dis lui même dans ses interviews que son film est une merde, un des pires téléfilms jamais sorti, et s’il est vrai que l’ensemble est plutôt loupé, je n'irais tout de même pas jusque la. Certes il n'est vraiment pas réussi, mais il distille tout de même quelques moments de tension et une ambiance parfois inquiétante, même si cela ne doit finalement concerner que quelques minutes sur la totalité du film. Tout est réellement gâché par des effets spéciaux souvent minables, un traitement formaté pour la télévision, ne comportant aucun excès de violence ni quoique ce soit d’amoral, le tout agrémenté de personnages d’un classicisme qui se révèle être lui vraiment terrifiant pour le coup. Parmis les acteurs on retrouve pourtant quelques bonnes têtes, comme par exemple Richard -Col. Samuel Trautman- Crenna (Leviathan, la série des Rambo...), Yvette Mimieux (Snowbeast, The Black Hole, Skyjacked...) ou encore R.G. Armstrong (second rôle bien connu des amateurs de séries B).

Nous faisons donc connaissance avec les Barry, une famille américaine typique, gentille comme tout, fleurant bon la joie de vivre et nous le faisant partager via des sourires que n’aurait pas renié Email Diamant. Bien sur tout ne pouvait pas durer, et ces derniers vont retrouver leur gentil chien, que toute famille unie et heureuse se doit de posséder, écrasé comme une crêpe devant chez eux. Profitant de leur tristesse, un homme patibulaire va proposer un jeune chiot aux deux enfants. Bien entendu ces derniers ont appris de leurs parents à ne pas accepter de bonbons d’un inconnu, mais un chien c’est différent non ? Ça peut également se manger je vous le concède, mais comme ce n’est pas son utilité première on va leur pardonner cet écart pour cette fois. Jusque la rien de bien palpitant donc, on se croirait devant n’importe quel téléfilm du dimanche après-midi diffusé sur M6 ou RTL9.

Pourquoi j’en parle ici alors ? C’est simple, car ce nouvel animal est tout simplement possédé par un démon ! Un vrai de vrai, issue d’un élevage satanique certifié ISO 666. La bonne de la maison à d’ailleurs vite compris que quelque chose n’allait pas, très pieuse elle se met donc à prier, effrayée par une présence qu’elle ressent sans pour autant pouvoir l’identifier, le chiot possédé va alors s’en débarrasser en la purifiant par les flammes de l’enfer…

Si The Omen parvient à effrayer le spectateur, c’est en grande parti du à la performance d’Harvey Stephens, menaçant et mystérieux, l’enfant pouvait tout aussi bien paraître judicieusement adorable. Avec un chiot cette dualité est bien plus dure à obtenir, à aucun moment l’animal ne nous paraîtra inquiétant, et ce n’est pas juste en lui faisant luire les yeux que cela va suffire. Le chien va grandir un peu tout en ayant une influence très néfaste sur la famille, seul le père semble à peu près résister à son pouvoir mais c’est à chaque fois de justesse qu’il échappe aux « accidents » provoqués par l’animal.

Les attaques physiques seront quasi absentes, le chien préférant user de méthodes plutôt paranormales, forçant les gens à agir contre leur gré. Sa femme a déjà succombé depuis longtemps, s’étant transformée en chaudasse couchant avec tout ce qui lui passe sous la main, les deux enfants deviennent de plus en plus méchants, le voisin ainsi que quelques autres individus seront retrouvés morts… Personne ne voulant le croire, il va saisir l’opportunité de tuer le chien, sans toutefois y parvenir… décidément le sort s’acharne… Bref tout cela continu, sans réel intérêt, le tout appuyé bien évidement par de nombreux plans ou la caméra s’attarde sur le regard de l’animal, sans pour autant qu’il paraisse vraiment diabolique, j’aurais préféré le voir la bave aux lèvre sauter sur ses victimes et les égorgeant à coups de crocs sanglants… La suite n’est guère plus passionnante, un voyage va permettre à Richard d’en savoir plus sur cette malédiction et comment l’arrêter. Il va alors revenir avec des tatouages mystiques lui permettant d’emprisonner l’animal. L’affrontement final va ainsi nous dévoiler la véritable nature du chien, ce dernier se transformant en une horrible créature à la gueule ouverte bardée de dents pointues et aux yeux luisants de méchanceté. Un Barghest, qui sont des chiens noirs légendaires qui hantent certains lieux d'Angleterre, dont le représentant le plus célèbre étant sans doute celui évoqué par Arthur Conan Doyle dans Le Chien des Baskerville, adapté de nombreuses fois au cinéma et à la télévision.

Cette transformation à elle seule mérite que l’on jette un œil au film tant on à l’impression que l’on se moque du spectateur, à croire que l’équipe chargée des effets spéciaux à due restée bloquée je ne sais où durant tout le tournage, ce qui fait que le réalisateur s’est débrouillé comme il pouvait avec les quelques dessins de pré-production, les superposant ainsi à l’image.
Le monstre complètement immobile avance dans les airs, le tout entrecoupé de plans rapprochés sur une mâchoire agressive. Tout simplement hallucinant, on à l’impression de se retrouver devant les collages d’un enfant de 4 ans.

Les Chiens de l'Enfer se trouve être un téléfilm propret, sans effusion de sang ou d’éléments déplacées (ne vous attendez pas à un plan nichon ou autre non plus), avec des trucages atroces. Les deux ou trois scènes potables ne sauveront malheureusement pas cette production mineure, qui par contre aura le mérite de vous procurer quelques éclats de rire et ne vous empêchera pas d’aller caresser le chien du voisin en sortant de chez vous…

Carcharoth le 06/06/2006

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