Dinosaures >> Dinosaur From the Deep - Norbert Moutier (as N.G. Mount) - 1993
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Informations |
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Titre : Dinosaur From the Deep
Genre : Dino en carton
Pays : France
Année : 1993
Durée : 75 min
Réalisateur : Norbert Moutier (as N.G. Mount).
Acteurs : Jean Rollin, Sylvaine Charlet,
Guy Godefroy, Norbert Moutier,
Quelou Parente... |
Carcharoth :
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Résumé :
'An 2004. Ne sachant pas comment exécuter un abominable criminel récidiviste alors que la peine de mort vient d’être abolie, les experts du FBI et leurs avocats imaginent d’embarquer le condamné dans un voyage dans le temps (ben tiens !), vers une époque ou la sentence s’appliquait encore (ni vu ni connu je t’embrouille). Pour des raisons financières, cette expédition est couplée avec une mission scientifique sur la planète Terra et chargée de retrouver la trace des premiers dinosaures. Ceux-ci existent bel et bien et, alors que l’équipage s’est lancé à la poursuite du prisonnier en fuite (décidément !), leurs membres doivent vivre l’horreur et faire face à ces… monstres avides de sang !!
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Après un Trepanator dans lequel le savant Herbert East se livrait à un trafic un peu douteux de cerveaux ou encore Mad Mutilator (Ogroff), qui mettait en scène un bûcheron borgne complètement timbré massacrant toutes les personnes pénétrants « sa forêt » voila que Norbert Moutier, sous son pseudo N.G. Mount, s’attaque cette fois-ci au film de monstre avec Dinosaur From the Deep.
Année 1993, l’arrivée fracassante sur les écrans de Jurassic Park et le succès qui s’ensuit ne va pas laisser de marbre les réalisateurs et les producteurs qui voient ici un moyen de se faire de l’argent facile. Bien entendu Roger Corman est sur le coup, et sort quasiment en même temps son sympathique Carnosaur. Fred Olen Ray et Jim Wynorski se lancent dans la production de Dinosaur Island, jusque-là rien d'anormal. C’est de France que va venir la grande surprise, puisque Norbert Moutier, créateur du célèbre fanzine Monster Bis et gérant d’une librairie parisienne spécialisée dans le cinéma fantastique, est également réalisateur et producteur de quelques films. Des séries Z aux budgets microscopiques, tournées pour le plaisir, et qui ont la particularité, outre d’être très nulles et rigolotes, de mettre en scène d’illustres personnalités liées de près ou de loin au cinéma bis français, comme Jean Rollin, Tina Aumont ou encore Christophe Bier que l’on retrouve tous trois dans Dinosaur From the Deep, ne serait-ce que pour un passage éclair en ce qui concerne la belle Tina.
Acteurs qui sont plus là pour faire plaisir à un ami qu’autre chose d’ailleurs, et cela se ressent à l’air peu inspiré qu’ils renvoient et à la manière consternante dont ils jouent leurs personnages. Inutile d’ajouter que les personnages demeurent ultracaricaturaux et que les dialogues récités sont d’une bêtise déconcertante. Enfin, les amateurs de zèderies nanardes risquent en tout cas d’y trouver leur compte, car il y a matière à bien se marrer, ne serait-ce qu’à écouter les divagations pseudo-scientifiques des protagonistes.
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Si le scénario plus qu’improbable, mêlant maladroitement science-fiction et film d’action, est d’une simplicité hors norme, une chasse aux dinosaures qui va rapidement tourner au vinaigre devenant ainsi une chasse à l’homme, Dinosaur From the Deep n’a cependant pas fini de vous étonner. Des rebondissements rocambolesques sont au menu, ainsi que de nombreuses incohérences scénaristiques qui finissent par rendre l’ensemble assez incompressible et un peu indigeste. En effet, si les trente premières minutes sont plutôt faciles à suivre, enfin entendez par là pas désagréables et assez amusantes, la suite s’avère un poil moins passionnante. Des courses poursuites à n’en plus finir, que ce soit dans la forêt ou le vaisseau spatial, parsemées de séquences de dialogues inintéressants et d’attaques mouligasses de sauriens hilarants.
En effet, si l’attraction principale du film semble au premier abord être les dinosaures, les apparitions de ces derniers ont de quoi faire déchanter les plus téméraires d’entre nous. Entre l’animation image par image de monstres en papier mâché alors qu’il manque une étape sur trois, les peluches/chaussettes customisées et les jouets en plastique grossièrement déplacés à la main, Dinosaur From the Deep a toutes ses chances pour entrer au panthéon des Craignos Monsters les plus miteux. En comparaison, la bestiole du court métrage allemand de Jörg Buttgereit, Gazorra : die Bestie aus den Erdinnern, est une grande réussite. Les attaques sont étourdissantes, laissant le spectateur béat devant les assauts grotesques des dinosauriens. La larme à l’œil n’est jamais loin… Les effets spéciaux gores, à peine plus réussis, ne risquent pas non plus d’effrayer grand monde.
Côté technique ce n’est guère plus encourageant, entre les raccords hasardeux du montage cut & paste, la mise en scène quasi inexistante, les cadrages à la mord moi le nœud et une mise au point pas toujours au point justement, là encore Dinosaur From the Deep se positionne en bonne place dans le concours du mètre étalon du grand n’importe quoi. Le son en prise directe donne également un certain cachet au film et n’est pas mieux loti que l’aspect vidéo de la production.
L’utilisation de filtres colorés rappelle immanquablement le fabuleux The Lost World, qui réalisé en 1925, se paie d’ailleurs le luxe d’avoir des trucages bien plus réussis que ceux de Dinosaur From the Deep. Le final lui, penche plus du côté Alien, avec ce qu’il reste des membres de l’équipe qui se balade dans des couloirs (3 grands max), attendant patiemment leur mort face à un bébé dinosaure !
Manque de moyens financiers oblige, les décors sont minimalistes, tout comme les accessoires. Entre un costume de spationaute habilement simulé par le port d’un casque de moto, 3 blouses blanches pour fagoter les scientifiques, des armes à feu en carton/PVC puisque le budget n’a même pas permis la commande de fusils pour mômes dans le catalogue de La Redoute, ou encore une pauvre peluche de léopard dépecée afin d’en faire un soutien-gorge imitation préhistoire, il est de nouveau difficile d’arriver à contenir de nombreux fous rires.
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| Uniquement destiné au marché de la vidéo, Dinosaur From the Deep frôle le néant cinématographique, mais demeure pourtant follement sympathique. Nous tenons ici une série Z bien gratinée, dans laquelle rien de vraiment positif ne transparaît, excepté un véritable amour du genre et un hommage aux productions ardemment aimées et défendues de son réalisateur, qui fait ce qu’il peut avec les moyens mis à sa disposition. Ce qui est déjà une une motivation plus qu’honorable. En ce sens, on pourrait rapprocher le travail de Norbert Moutier des œuvres de Nathan Schiff, plus précisément de Weasels Rip My Flesh ici pour rester dans les films de monstres. Dinosaur From the Deep égayera sans conteste de nombreuses soirées, tant votre envie de vouloir faire partager cet instant unique avec quelques amis se fera ressentir. |
Carcharoth le 24/01/2008
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