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Titre : Izbavitelj
Aka : La Nuit de la métamorphose ;
The Rat Savior
Genre : Rats et société secrète
Pays : Yougoslavie
Année : 1976
Durée : 80 min
Réalisateur : Krsto Papic
Acteurs : Ivica Vidovic, Mirjana Majurec,
Relja Basic, Fabijan Sovagovic,
Ilija Ivezic... |
Note de Carcharoth :
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Résumé :
'Dans une petite ville ruinée d'Europe Centrale, un jeune romancier est expulsé de son logement et se retrouve alors sans toit et sans argent. Il va finalement trouver une vieille banque abandonnée, infestée par les rats, et décider de s’y installer. Il va alors faire une découverte étonnante...
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Petite curiosité tournée en Yougoslavie durant les années 70, et adaptée du roman L’Attrapeur de rats de l’écrivain russe Alexandre Grine, dont les écrits s’attirèrent les foudres des censeurs russes de l’époque, La Nuit de la métamorphose est une production fantastique des plus réussies, et malheureusement trop méconnue. S’il est possible de ne voir en ce film qu’un titre se rapprochant par exemple d’Invasion of the Body Snatchers, avec des hommes dupliqués qui cherchent à prendre le contrôle d’une société, la parabole politique fait pourtant partie intégrante du récit. La mise en cause des couches aisées et des décideurs de la population aspirant au pouvoir au sein de la société secrète décrite dans l’histoire est troublante. Le mythe totalitaire et ses sinistres conséquences sont en effet à peine dissimulés derrière une vision cauchemardesque propre au cinéma fantastique.
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Réalisé par Krsto Papic en 1976, Izbavitelj nous conte l’histoire d’Ivan (Ivica Vidovic), un jeune romancier qui subit de plein fouet la crise économique qui règne en ce début de siècle. Son dernier roman, « Epidémie », se voit refusé par tous les éditeurs, et ne pouvant plus payer son loyer, Ivan est mis à la porte par sa logeuse. Il se retrouve alors dans la rue, en compagnie de bon nombre des habitants de la ville, cherchant à survivre au milieu d’une société dans laquelle une grande partie de la population se retrouve sans emploi, et les seules boutiques encore ouvertes ferment une à une.
Une de ses connaissances va alors lui indiquer un endroit difficile d’accès pour y dormir en toute tranquillité, un bâtiment abandonné, les vestiges de la banque centrale. C’est ici qu’Yvan va être le témoin d’un étrange spectacle. Attiré par une musique festive, il va découvrir une assemblée de personnes, toutes de noirs vêtues, qui ripaillent, dansent et baisent sauvagement dans tous les coins, clamant à tue-tête « Bienvenue à notre sauveur ». S’en suit un discours durant lequel leur mission se dévoile : l’élimination discrète de leurs adversaires, à commencer par le Professeur Boskovic (Fabijan Sovagovic).
Au fil du récit, Ivan va découvrir de sombres secrets, qu’il ne pourra partager qu’avec le professeur dont il est devenu l’assistant et sa fille Sonja (Mirjana Majurec). Car en effet, personne ne semble croire ce qu’il raconte, le prenant pour un fou ou tentant de l’éliminer. En effet, les rats ont la capacité de se transformer physiquement, prenant l’apparence des hommes et des femmes visés, sans qu’il soit possible de les différencier de leurs modèles. Infiltrés dans la société, ces envahisseurs recherchent le pouvoir. Ils espionnent, pillent et tuent sans retenue, sans que personne ne soit en mesure de les démasquer et de les arrêter. Seule une des dernières expériences du professeur Boskovic, qui travaillait sur un révélateur destiné à confondre les hommes-rats aux yeux du monde, semble être en mesure de pouvoir stopper cette invasion.
A travers une ambiance sombre et lourde, teintée de paranoïa, le réalisateur parvient à créer une société cohérente, où chacun paraît suspect aux yeux de son voisin, sans qu’il soit à priori possible de faire confiance à qui que ce soit. Les déambulations nocturnes d’Ivan, dans des lieux souterrains chargés d’une atmosphère inquiétante se font au rythme d’une bande son minimaliste et alarmante, renforçant ainsi le spectacle étrange qui se déroule sous nos yeux. Les « clones » en deviennent troublants, agissants comme des rats en dépit de leur apparence humaine, s’adonnant à des orgies avant de mettre en place leurs desseins meurtriers.
Malgré quelques rebondissements assez prévisibles, l’histoire fonctionne à merveille, et le rythme langoureux s’accommode parfaitement avec la faible durée du film.
Les effets spéciaux son minimalistes, mais se fondent correctement au reste, et si l’on assiste une seule fois à la méthode utilisée par la société secrète afin de dupliquer les humains, cette dernière où l’on aperçoit un homme enfermé dans une cage à la merci des rongeurs agressifs fait froid dans le dos.
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| La Nuit de la métamorphose est une vraie réussite, à travers une approche singulière du fantastique, Krsto Papic nous livre ici la vision effrayante d’une société rongée par une caste hideuse, mais dont les projets sont au final terriblement proches des aspirations humaines auxquelles nous sommes confrontés régulièrement. |
Carcharoth le 27/03/2007
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