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Titre : Octaman
Genre : Quand Cthulhu rencontre Bioman
Pays : Mexique
Année : 1971
Durée : 76 min
Réalisateur : Harry Essex
Acteurs : Pier Angeli, Kerwin Mathews,
Jeff Morrow, David Essex,
Jerome Guardino... |
Carcharoth :
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Résumé :
'Des évènements étranges se déroulent quelque part au Mexique, ce qui amène une scientifique américaine et son assistant à se rendre sur place. Il semblerait que le taux anormalement élevé de radiations dans un cours d’eau ait causé des mutations étranges sur les formes de vies peuplant les environs. Une créature mi-homme mi-pieuvre va s’intéresser d’assez près à cette expédition…
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Octaman, titre amusant s’il en est, se présente comme une petite production fauchée mexicaine, écrite, produite et réalisée par Harry Essex, un nom qui n’est pas inconnu des amateurs de cinéma de science-fiction, puisque l’homme en question est à l’origine des scénarios de titres tel It Came From Outher Space, mais surtout du classique Creature From the Black Lagoon. Le célèbre Rick Baker fait aussi parti de l’aventure, et signe ici son premier costume de monstre, d’un ridicule plus que déconcertant certes, mais l’homme connaîtra part la suite une belle carrière, à l’origine des créatures de titres comme It’s Alive 3, Mighty Joe Young, ou ayant travaillé sur des productions comme Squirm ou encore le King Kong de Guillermin pour rester dans les films d’agressions animales.
Des noms qui à priori peuvent inspirer confiance, surtout si on ajoute au casting des acteurs comme Jeff Morrow (The Giant Claw, The Creature Walks Among Us) ou Kerwin Mathews (Nightmare in Blood, OSS 117). Comment ces personnes se sont-elles retrouvées sur le tournage de ce nanar mexicain ? Aucune idée, seul un voyage au Mexique, afin d’abuser de psychotropes locaux pourrait en partie expliquer tout ça, toute la clique ayant sans doute décidée de tourner un film durant un vieux trip hallucinogène...
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Un film de monstre réussi l’est pour de nombreuses raisons, mais surtout grâce à sa créature, puisqu’à priori les spectateurs vont voir le film pour cette dernière. Malheureusement c’est sur ce point qu’Octaman se montre le plus faiblard, mais aussi le plus rigolo. Harry Essex n’a absolument rien retenu de ce qui à pu faire le succès de Creature From the Black Lagoon, dont Octaman n’est qu’un vague remake complètement loupé… D’ailleurs notre poulpe humanoïde peut sans problème concourir dans la catégorie des monstres les plus ratés de l’histoire du cinéma aux côtés par exemple de celui de Creature From the Haunted Sea pour ne citer que lui.
Mais étrangement, fier de son monstre, le réalisateur n’hésite pourtant pas à nous le montrer plus que de raison, puisque l’homme poulpe est présent à l’écran durant un bon tiers des scènes du film. On a alors l’occasion de voir ce dernier sous toutes les coutures, nous permettant de bien détailler tout ce qui ne va pas : jointures apparentes, rigidité de l’ensemble, crédibilité zéro… Une occasion de bien se marrer, la créature étant au moins aussi ridicule que les capotes géantes d’Attack of the Giant Leeches et semble sortie tout droit d’un vieil épisode de Bioman.
Mais revenons au récit en lui-même, qui nous présente un groupe de personnes, dirigé par Kerwin Matthews, découvrant des poulpes étranges dans une rivière polluée. Il y a de quoi se poser des questions quand à l’effet de la radioactivité sur l’environnement, puisque les pieuvres en question sont devenues des spécimens en caoutchouc, d’un bleu-gris inquiétant, dotés d’yeux globuleux oranges piqués sur des jouets pour enfants, et qui ne parviennent à se déplacer sur le sol qu’à l’aide de fils en nylon tirés par des assistants hors champs. Décidément la science et ses effets dévastateurs nous étonneront toujours.
Intrigués par cette découverte insolite, nos scientifiques écolos décident d’examiner la bestiole en en embarquant un spécimen dans un laboratoire, pendant que l’un de leur comparse demeure sur place afin de surveiller le matériel. Ce malheureux s’ennui tout seul, et plutôt que de se torcher une bouteille de tequila « maison », il va alors commencer à disséquer l’exemplaire laissé sur place. Erreur à ne pas commettre bien entendu, puisque voila qu’Octaman se pointe, vêtu de son costume ridicule et étrangement assez rigide pour un invertébré, et distribue des claques à coups de tentacules en latex à notre pauvre bougre, avant de l’étrangler tel un lutteur mexicain. Car n’oublions pas en effet que nous sommes au Mexique, pays où la lutte possède un aspect culturel important. Même les poulpes respectent cette culture ancestrale ! D’autant plus que par souci de facilité, on peut mettre toutes ces aberrations sur le compte des déchets radioactifs, qui déglinguent tout comme tout le monde le sait. Il ne faut donc pas s’étonner durant tout le film, de voir Octaman tuer ses victimes à l’aide de prises de catch plus ou moins grossières et peu variées : étranglements, prises de l’ours, et coups de tentacules (le mec dans le costume qui fait ce qu’il peut avec ses bras et agite son torse dans tous les sens afin de donner un peu de mouvement à ses autres appendices).
Après diverses péripéties toutes moins palpitantes les unes que les autres, notre équipe de bars cassés fini tout de même par capturer le monstre, qu’il tente de contenir à l’aide d’un filet de pêche… idée lumineuse puisqu’à peine 5 minutes plus tard le l’homme-poulpe s’évade, plus énervé que jamais, tue quelques personnes et décide d’embarquer le seul élément féminin du casting (Wally Rose), afin d’aller sans doute la violer dans un coin humide (ce n’est qu’une supposition, mais en même temps il ne va pas l’enlever pour qu’elle lui apprenne à coudre des écharpes, et il ne fait pas si froid que ça au Mexique).
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Un scénario béton donc, comme vous pouvez le constater, servi par des acteurs en roue libre qui ne sont absolument pas crédibles un seul instant, soutenus par des dialogues d’une stupidité abyssale, le tout enveloppé par une bande son des plus effrayantes.
Passons rapidement sur les stock-shots divers et variés qui encombre le film, l’introduction archi-classique et sa voix-off qui nous explique que la pollution est un des nouveau fléaux de notre monde, que les déchets radioactifs c’est pas bien etc. Bref une tonalité « pédagogique » assez coutumière à de nombreux Monster Movies des années 50, matinée d’un fonds de discours écolo propre aux productions des années 70, notamment dans le genre des « nature runs amok movies ». Aucun mystère n’entoure Octaman lui-même, véritable faire valoir du film, le monstre nous est révélé dès la première minute, de manière assez ringarde il faut l’avouer.
Le scénariste place ci et là divers éléments pompés à droite et à gauche (King Kong, Gorgo, La Belle et la Bête), sans que cela s’enchaîne de manière plausible, jusqu’au final durant lequel, telle la créature du lagon noir, notre octaman, blessé, retourne vers les eaux d'où il est issu. Dit comme ça, tout semble très poétique, mais voir un gars qui en chie dans son costume s’approcher de l’étendu d’eau, avant de se laisser tomber sur le sol derrière une motte de terre alors que le montage passe directement sur un plan fixe des remous d’un petit caillou jeté dans l’eau, ne peut provoquer que l’hilarité.
Véritable série Z d’une nullité affligeante, Octaman se trouve tout de même être un véritable régal à visionner tant tout y est ridicule, le film, pourtant sorti en 1971 parait bien plus daté que ses modèles, c’est un signe ! Fou rires assurés.
Carcharoth le 09/10/2006
Galerie :
Pouah! C'est tout calqué sur Creature From the Black Lagoon et je n'ai pas accroché (+ de bières à l'avenir). Merci pour l'info sur Rick Baker, on voit qu'il a fait du chemin depuis.
Nachthymnen — 09 October 2006, 20:08
Désolé pour l'allusion à la drogue dans le texte, mais je viens finalement de tomber sur cette info sur Imdb :
Trivia for
Octaman (1971)
* Pier Angeli died of a drug overdose during filming.
Comme quoi je n'étais pas passé bien loin de la vérité...