Serpents >> The Killer Snakes - Gwai Chi Hung - 1974
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Informations |
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Titre : She Sha Shou
Aka : The Killer Snakes
Genre : Vengeance squameuse
Pays : Hong Kong
Année : 1974
Durée : 95 min
Réalisateur : Gwai Chi Hung
Acteurs : Kam Kwok-Leung, Maggie Lee Lam Lam,
Chan Chun, Got Dik Wa,
Chow Gat... |
Carcharoth :
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Résumé :
'Zhihong est un jeune garçon qui n'a pas vraiment d'avenir, sans le sous, faible physiquement ce qui lui vaut d'être régulièrement maltraité, frustré et traumatisé sexuellement, il ne va trouver le réconfort avec les serpents qu'il reccueile. Ils rassemble ses derniers dans le taudis dans lequel il vit puis un jour décide de se venger de tout ce qu'il à subit, les serpents l'aideront alors à réaliser ses sombres desseins...
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Généralement plutôt connue pour ses réalisations dans le domaine des films d'arts martiaux, la Shaw Brothers nous offre ici un film qui malgré quelques petits défauts se trouve être une honnête réussite dans le domaine de la vengeance animale. Les parallèles avec le film Willard de Daniel Mann sont bien entendu évidents, même si ici les reptiles ont remplacés les rongeurs aux dents affûtées et que l'ambiance générale tende plus vers le sordide que vers l'aspect plus horrifique de son modèle (ainsi que des divers films qu'il à pu engendrer, comme Jennifer ou encore Stanley).
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Gwai Chi Hung (The Bamboo House Of Dolls, The Tea House, Big Brother Cheng...) parvient sans problème à nous plonger dans cette histoire étrange, malgré un personnage principal, Chen Zhihong, auquel il est vraiment difficile de pouvoir s'identifier (sinon allez vite voir un psy). Au contraire d'un Willard, certes névrotique, refermé, finalement rattrapé par sa folie, mais terriblement attachant et vulnérable, Chen n'est pas seulement une personne que les gens rejettent et maltraitent, d'autres problèmes venant s'ajouter à cet isolement pesant. Il est en effet miséreux, vivant de petits boulots dans les bas-fonds insalubres de Hong-Kong, et plutôt frustré sexuellement. Héritée de son enfance où il fut traumatisé par les relations sexuelles plutôt violentes de ses parents, Chen a développé une attirance malsaine vers le bondage et les relations extrêmes.
Ceci le trouble réellement dans sa vie de tous les jours, les murs de son antre étant recouverts de photos de femmes attachées et soumises, ses rêves et ses relations avec les femmes, généralement des prostituées en pâtissent également. Sa vie va changer après qu'il ait recueillit un serpent blessé, un espèce de cobra, s'étant glissé chez lui. Satisfait de son traitement, le reptile va ainsi attirer quelques potes à lui dans ce sous-sol, sans compter que Chen vole bon nombre de ces bestioles rampantes à une boutique située non loin de là. Si dans un premier temps sa "relation" avec son nouvel ami semble être à sens unique, cette dernière va rapidement évoluer en une espèce de compréhension mutuelle. C'est ainsi qu'après s'être fait viré de son job et tabassé deux fois par des voyous, le serpent va venir à son aide, lançant des assauts mortels envers ses agresseurs. C'est à ce moment que la folie qui le rongeait va finir par exploser, Chen va alors prendre goût du sang et de la souffrance.
Sa violence va alors s’extérioriser, ne se déroulant désormais plus sur des chaises, tables et autres objets matériel. Profitant du rapport particulier qu'il entretient avec les reptiles, Chen va en effet s'engager dans un engrenage sans fin, mêlant meurtres, séquestrations et tortures diverses. Les mises à mort vont alors s'enchaîner à un rythme effrayant, Chen allant même jusqu'a enlever et enfermer deux femmes. Il prend un malin plaisir à les brutaliser, introduisant des reptiles là où votre imagination devrait suffire à deviner, avant d’ordonner à ses petits protégés d’en finir avec les victimes, l’une d’elle succombant aux morsures à la gorge de nombreux serpents alors que l’autre sera lacérée par des varans.
Une réalisation qui verse donc plutôt dans l’extrême et le malsain, avec un personnage principal à la psychologie étoffée, que l’on voit évoluer graduellement jusqu’au point de non-retour, The Killer Snakes propose une ambiance suscitant un effroi non négligeable. L’isolement de Chen est mis en image de très belle manière dans la première partie du film, soutenu par une musique collant parfaitement à ce qui se déroule à l’écran, sa relation d’amitié avec le serpent étant du même acabit et très bien rendue à l’image. Le réalisateur suggère un ton assez sordide à l’ensemble, les ruelles sombres sont jonchées de détritus, de nombreuses séquences se déroulent durant la nuit, et les lieux dans lesquels évolue Chen ou les diverses personnes qu’il va croiser ne sont guère reluisants.
Les passages mettant en scène les serpents sont assez réussis, le fait d’utiliser des animaux bien vivants aidant sans doute beaucoup à cela, car mine de rien on s’aperçoit rapidement que les serpents sont balancés hors champ par des assistants, ce qui nui quand même un peu à la crédibilité générale. Les reptiles rampent et sifflent à tout va, leur rapidité d’action combiné au venin mortel en faisant des adversaires redoutables. A ce titre la fin du film est superbe, les bestioles sont très nombreuses, grouillants et rampant partout dans l’appartement de la victime, regardant mourir lentement cette dernière, la peau lacérée et gonflée se faire étouffer par des boas venus en renfort.
Chose malheureusement trop courante dans le cinéma des années 70 (les films de cannibales italiens, ou d’autres productions HK comme par exemple le célèbre Calamity of Snakes), de nombreux serpents sont tués à l’écran, ici tranchés à coups de sabres ou tout simplement brûlés vifs, ce qui bien entendu ne peut donner que des scènes plus réalistes mais demeure complètement gratuit et révoltant en ce qui me concerne.
Les acteurs sont dans l’ensemble plutôt bons, même si au delà du rôle principale tous surjouent pas mal, mais cela n’est pas trop gênant, de même que les coups portés qui comme tout bon film de latte qui se respecte ont tous des bruitages de grosse claquasse.
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Cette version psycho-killer de Willard est donc une curiosité à découvrir sans attendre, qui reste vraiment efficace et effrayante. A la manière d’un Centipede Horror, The Killer Snakes propose une vision asiatique suffisamment différente sur le sujet pour combler le spectateur blasé par les productions actuelles bien trop lisses, même si bien entendu on est loin ici du rendu excessif de Calamity of Snakes.
Carcharoth le 06/02/2006
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