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Titre : The Beast From 20,000 Fathoms
Aka : Le Monstre des temps perdus ;
Monster from Beneath the Sea
Genre : Réveil difficile
Pays : Etats-Unis
Année : 1953
Durée : 80 min
Réalisateur : Eugène Lourié
Acteurs : Paul Hubschmid, Paula Raymond,
Cecil Kellaway, Kenneth Tobey,
Donald Woods... |
Carcharoth :
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Résumé :
'Un essai nucléaire quelque part en Artique réveille un dinosaure. Ce dernier va se diriger vers les côtes américaines, plus précisément sur la ville de New York. Le monstre semble invincible.
Synopsis :
Alors qu'ils s'amusent à pourrir la région Arctique en faisant sauter des charges nucléaires, quelques chercheurs américains tombent nez à nez avec un dinosaure des plus antipathiques. La créature, sorti bruyamment de son long sommeil décide alors de remonter les courants d'eaux chaudes pour aller faire part de son mécontentement. C'est donc fort logiquement qu'elle déboule à New York, quelques années après King Kong, pour semer la terreur et le chaos.
Le film :
Le 6 août 1945 vît exploser la première bombe atomique à Hiroshima. L'arme, élaborée trois ans plus tôt venait de démontrer sa puissance mais aussi, dans les années qui suivirent, ses effets pervers...
En 1953, Eugène Lourié réalise son premier film "The Beast from 20,000 Fathoms" traitant justement de la crainte engendrée par le nucléaire. Car si le film fait inévitablement penser à un mélange de "The lost world" et de "King Kong", il est en réalité bien plus que cela. La créature de "The Beast from 20,000 Fathoms" est avant tout la résultante d'une explosion nucléaire. Elle est la représentation monstrueuse de la peur engendrée suite à l'explosion de 1945, la matérialisation d'une menace invisible et inconnue que l'homme ne peut maîtriser. En cela, "The Beast from 20,000 Fathoms" innove et invente le concept de la créature nucléaire qui sera par la suite repris à toutes les sauces et plus particulièrement par le mythique Godzilla qui pointera le bout de sa queue l'année suivante, en 1954.
Eugène Lourié, généralement directeur artistique, reprendra du reste la même idée pour ses films suivants que sont "Behemoth, the Sea Monster" et "Gorgo", réponse Européenne au monstre Japonais atomique.
Mais "The Beast from 20,000 Fathoms", c'est aussi la naissance d'un grand, la première opportunité pour Ray Harryhaussen d'oeuvrer seul en tant que superviseur des effets spéciaux. En effet, après avoir appris de son mentor Willis O'Brian pendant 20 ans (depuis le King Kong de 1933), Ray Harryhaussen prend enfin les rênes d'une créature qui, à l'image d'un "Mighty Joe Young" (pour lequel ils seront crédités ensemble) sera animée image par image avec un talent incontestable.
Fidèle aux habitudes de O'Brian, Harryhaussen prend quelques libertés avec son monstre. Ainsi, il est dit dans le film qu'il s'agit d'un dinosaure, et plus particulièrement d'un Rhedosaure. Hors, le Rhedosaure n'existe pas. La créature qui nous est montrée à l'écran est donc une pure invention, sorte de croisement étrange entre un brachiosaure et un lézard, doté de surcroît d'une mâchoire de monstre carnivore. Globalement, le résultat est convaincant mais comme d'habite, c'est surtout le travail effectué sur l'animation qui impressionne. La bête est fluide, s'intègre parfaitement à son environnement et n'hésite pas à croquer du policier lorsque l'occasion se présente. Du très bel ouvrage, annonciateur des perles que sont par exemple "Mysterious Island" et "The Valley of Gwangi".
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"The Beast from 20,000 Fathoms" est donc une date dans l'histoire des films de monstres. La scène de l'attaque de New York sera du reste copiée, reprise voire parodiée à de nombreuses reprises, comme par exemple lors cette mémorable publicité intégrée dans le film "Robocop" prônant le dernier modèle de véhicule "6000 SUX".
Outre cela, le film est inspiré de la nouvelle "The Fog Horn" de Ray Bradbury. Ecrivain bien connu, l'homme est bien évidemment immortalisé via ses chefs-d'oeuvre que sont "Moby Dick", "It came from outer space" ou encore le magnifique "Fahrenheit 451".
Une bien belle référence pour un scénario qui, avouons le, ne tient pas vraiment ses promesses à l'écran. Car si l'ensemble tient la route et se montre divertissant, il faut reconnaître que le film se montre parfois un peu lent. Divisé en trois parties principales (découverte / traque / attaque), le métrage peine donc par moments et ce malgré sa courte durée. C'est essentiellement la partie centrale du film qui est en cause, celle de la chasse au monstre et de la révélation quant à sa véritable nature. Lors de cette phase, la créature apparaît peu et une succession de discours plus ou moins utiles et vraisemblables plombent l'ensemble. Fort heureusement, le film se rattrape amplement sur le final et tient ses promesses, nous offrant donc une attaque urbaine des plus appréciables.
Le film est globalement agréable, prenant, intéressant et bien réalisé. Outre les différents acteurs essentiellement télévisuels incarnant les héros, il sera possible au spectateur attentif de repérer quelques "gueules" bien connues comme par exemple le grand Lee Van Cleef, alors en tout début de carrière avec ce rôle de sniper qui ne manque jamais sa cible...
"The Beast from 20,000 Fathoms" est donc un film date pour bon nombre de raisons. Bien qu'il ne soit pas extraordinaire, notamment sur le plan scénaristique, il s'agit d'un film de monstre dont les effets sont réalisés avec un vrai talent, faisant ainsi de Ray Harryhaussen le digne successeur du grand Willis O'Brian. Un film qui convient d'être découvert par tout amoureux de monstres en stop-motion.
Le DVD :
A noter que le film a été édité en DVD zone 1 par Warner et vient d'être ré-édité en pack avec le classique "Them!". Un DVD indispensable donc qui propose de plus un documentaire intéressant sur le travail de Ray Harryhaussen. L'image du DVD est très correcte et le film est proposé avec sa piste anglaise d'origine sous-titrée ainsi que son doublage française de bonne facture. Achat indispensable par conséquent, d'autant que le prix rend l'ensemble très abordable.
Xavier -MadXav- Desbarats le 18/08/2006
Galerie :
Turok — 10 October 2006, 01:23
Lors de l'avant première du Monstre des temps perdu, un journaliste a fait la remarque : "En plus de sa créature, Ray Harryhausen aurait également dû animer ses acteurs".
Carcharoth — 09 October 2006, 20:24
Il faut que je me commande absolument ce dvd, ma copie du film est toute daubée. La référence au passage dans Robocop ne m'a pas marqué, je ferais attention la prochaine fois que je le regarderais =)