| Jaquette |
Informations |
Notations |
| |
|
|
 |
Titre : The Bees
Aka : Les Abeilles ; Abejas asesinas
Genre : Invasion d'abeilles
Pays : Mexique / Etats-Unis
Année : 1978
Durée : 93 min
Réalisateur : Alfredo Zacarias
Acteurs : John Saxon, Angel Tompkins,
John Carradine, Claudio Brook,
Alicia Encinas... |
Note de Carcharoth :
 |
| |
|
|
|
|
Résumé :
'Pour augmenter leurs profits et malgré les risques, des apiculteurs américains décident d'importer frauduleusement une espèce d'abeilles africaines particulièrement productives mais réputées pour leur férocité. Leur cupidité va causer une effroyable catastrophe. Les abeilles sont mortellement dangereuses. Echappant à tout contrôle, elles commencent à envahir le pays, tuant sur leur passage hommes et animaux.
 |  |
Durant les années 70, alors que les films-catastrophes et autres « nature runs amok movies » déferlent sur les écrans de cinéma et de télévision, ne cessant d’engendrer des rejetons toujours plus nombreux, presque chaque espèce animale aura connue son heure de gloire. Du côté des Bee movies, ce sont les excellents Killer Bees en 1974 et The Savage Bees en 1976 qui ont initié une lignée de productions plus ou moins inspirées…
En effet, si Terror out of the Sky demeure tout à fait potable grâce à quelques passages effrayants, The Swarm s’écrase lamentablement, à cause entre autres de ses acteurs tout juste venus cachetonner, de nombreuses incohérences et d'une durée inhumaine (même en version « courte »). The Bees se rapproche malencontreusement plus de ce dernier exemple. Surfant sur les mêmes peurs engendrées par l’invasion des Etats-Unis par de féroces et mortelles abeilles africaines, le film met également en scène quelques acteurs connus histoire d’attirer un public qui ne devait plus savoir ou donner de la tête à l’époque. Nous retrouvons donc sur l’affiche John Saxon (Blood Beach, Apocalipse Cannibal, La fille qui en savait trop…), John Carradine (Monster, The Sentinel et quelques centaines d'autres références), ainsi que la très belle Angel Tompkins.
 |  |
Il y a là de quoi espérer une production tout à fait respectable, sentiment que viendra conforter la toute première partie du film, qui si elle n’évite pas certains poncifs, à au moins le mérite d’introduire correctement les personnages et de nous dévoiler le danger que représente ces fameuses abeilles tueuses. C’est d’ailleurs une de ces fameuses saynètes pseudo-documentaires, chères au genre du film-catastrophe, qui ouvre The Bees, afin de bien faire comprendre au spectateur que ce à quoi nous allons assister est du domaine du probable... Pourtant, c’est tout l’inverse qui va se produire ici. Le scénario, n’ayant ni queue ni tête, se contente d’enchaîner des situations convenues au grès du vent, et ne recule devant aucunes idées, même les plus farfelues…
Tentons de résumer ce joyeux foutoir en quelques lignes.
L’Amérique du Sud est envahie par cette nouvelle espèce d’abeilles africaines, causant d’énormes dégâts et de nombreuses morts dans tout le pays. Le docteur Miller tente d’éduquer ces dernières afin de les rendre plus pacifiques, mais il va malheureusement succomber aux piqûres mortelles de ses protégées, libérées par des paysans en colère. Endeuillée, sa femme va alors partir aux Etats-Unis, s’acoquiner avec John Norman, retrouvant aussi son oncle au passage. Parallèlement à cela, des industriels peu scrupuleux font rentrer frauduleusement quelques reines dans le pays, déclenchant ainsi une catastrophe sans commune mesure dans l’Histoire de la Nation. Des essaims gigantesques vont ravager le pays, semant mort et désolation sur leur passage.
Nos trois loustics vont alors trouver une idée géniale, celle de rendre gay tous les bourdons, afin qu’ils s’accouplent entre eux et ne fécondent plus les reines. On assiste alors à un triomphe scientifique des USA devant cette victoire, qui sera pourtant de courte durée. Car des quelques insectes survivants va alors surgir une nouvelle espèce, encore plus résistante et ayant mis ses penchants homosexuels de côté. L’armée est alors dépêchée sur place, tentant désespérément de réduire à néant les essaims à coups de lance-flammes et de bombardements pas vraiment chirurgicaux. Devant cet échec cuisant, John, Sandra et oncle Ziggy vont alors découvrir que les abeilles communiquent entre elles via un système de « danses ». Ils vont alors secouer une fausse abeille au bout d’une ficelle au milieu de ses congénères afin de tenter de discuter. Vous vous doutez bien que cette idée lumineusement stupide ne va pas vraiment fonctionner…
Mais qui va donc pouvoir stopper ces insectes devenus intelligents, qui sabotent les voitures, font crasher les avions et les hélicoptères, et ont transformés toutes les grandes villes en zones sinistrées ? L’homme bien entendu, en stoppant immédiatement toutes ses actions néfastes envers Mère nature. Notre espèce devra en effet se plier aux conditions fixées par les abeilles sous peine de disparaître de la surface de la Terre. Comment apprenons-nous cela ? Tout simplement, car John et Sandra, tel des illuminés ont discutés oralement avec les insectes (qui ne répondent que par bourdonnements et changement de luminosité je vous rassure, les scénaristes avaient encore un peu d’amour propre…), devenant ainsi des portes-parole qu’il serait sage d’écouter…
 |  |
Comme vous pouvez le remarquer, l’histoire part dans tous les sens, et si The Bees prend un peu plus d’ampleur au fur et à mesure que le récit avance, le film demeure malheureusement toujours aussi incohérent. C’est d’autant plus dommage qu’à première vue il y avait de quoi rendre l’ensemble bien plus intéressant. Sans non plus atteindre l’excellence de Phase IV ou Bug sur cette notion d’ « intelligence de masse », Alfredo Zacarias aurait gagné à rendre son film moins superficiel. Sous couvert d’une amourette à la noix et d’une théorie du complot plus que discutable arrivant comme un cheveu sur la soupe, le réalisateur se contente d’aligner maladroitement des images d’archives, entrecoupées de dialogues crétins au possible et de scènes d’attaques par paquet de douze. Ce dernier point est d’ailleurs le seul élément réellement sympathique de cette production, car des abeilles on en voit plus que de raison : elles tuent à tour de dards, détruisent moult biens appartenants à l’homme et obscurcissent les ciels ensoleillés. Ici encore, peu de surprises, de la scène de panique lors d’un défilé aux personnes isolées agitant leurs bras dans tous les sens en surjouant à l’extrême un sentiment de peur ou de surprise, tout y est, mais le spectateur en a pour son argent. Il est par contre vraiment bizarre, que du fait que les abeilles soient des milliards à envahir le pays, que nous assistions seulement à des attaques de personnes seules ou de petits groupes dans des espaces confinés… c’est un peu ridicule quand on y pense…
Les effets spéciaux sont satisfaisants, utilisant à la fois de vrais insectes ou des surimpressions d’images, un peu perfectibles, mais tout à fait potables pour ce genre de production. Les maquillages, peu nombreux, sont également de bonne facture. Finalement, seuls certains passages prêtent vraiment à rire. Afin de simuler des abeilles énervées s’agitant dans les airs, ce qui semble être des copeaux de bois volent dans tous les sens, projetés par des ventilateurs sans doute maintenus hors champ par des assistants médusés, ça surprend un peu la première fois…
| À peu près aussi mauvais que The Swarm, dans un registre similaire, mais proposant tout de même quelques débuts de pistes de réflexions intéressantes, The Bees d’Alfredo Zacarias ne doit son salut qu’à ses nombreuses scènes d’agressions animales. Absurde jusqu’au bout des ailes, cette production est à oublier rapidement au profit de titres comme The Savage Bees, ou encore de Killer Bees, qui se rapproche par contre lui un peu plus de films comme Willard et consorts, mais reste une bien belle référence en matière de film d'abeilles meurtrières. |
Carcharoth le 12/01/2007
Galerie :