Rongeurs >> Soudain... les monstres - Bert I. Gordon - 1976
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Titre : The Food of the Gods
Aka : Soudain... les monstres
Genre : Rats géants (et autres !)
Pays : Canada / États-unis
Année : 1976
Durée : 85 min
Réalisateur : Bert I. Gordon
Acteurs : Marjoe Gortner, Pamela Franklin,
Ralph Meeker, Jon Cypher... |
Carcharoth :
Misha Vassiliev :

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Résumé :
'Paumés au fin fond d’une île canadienne quasiment déserte, plusieurs personnes vont se retrouver attaquées par des guêpes géantes, avant de découvrir que l’île entière est peuplée d’animaux gigantesques… Mais ils ne sont pas au bout de leur surprise, tout va très vite tourner au cauchemar quand une horde de rats de 2 mètres de long va passer à l’attaque… Ces mutations sont dues à une étrange matière qui s’écoule d’une source mystérieuse et que la propriétaire d’une ferme de l’île mélangeait à la nourriture de ses animaux...
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Librement inspiré par la nouvelle The Food of Gods d'H.G. Wells, Soudain… les monstres est un de ces nombreux films horrifiques à caractère écologique sortis durant les années 70, essentiellement après l’avènement de Les Dents de la mer. C’est le « spécialiste » des apparitions à l’écran de créatures (humaines ou animales) à la taille démesurée, Bert I. Gordon, qui va se charger de porter ce récit à l’écran. À noter que l’homme a pas mal apporté au genre avec des titres de qualité variable comme L’Empire des fourmis géantes, L’Araignée vampire, Beginning of the End ou encore King Dinosaur. Au travers de The Food of the Gods, Bert I. Gordon entreprend de prolonger son amour pour les énormes bestioles, et si l’on compare cette production à celles réalisées deux décennies plus tôt, excepté la couleur, rien n’a vraiment changé. Tous les clichés du genre sont ici réunis, le tout produit avec un budget limité ce qui va avoir quelques conséquences sur l’impact global du film.
N’ayant pas évoluée d’un iota depuis les années 50, le réalisateur se chargeant généralement lui-même de l’écriture du scénario, la trame de l’histoire peut se résumer en quelques mots : la revanche de la nature sur l’homme. Une thématique usée jusqu'à la moelle, ne réservant généralement aucune surprise, mais qui a le mérite d’être universelle, facilitant le travail du réalisateur qui peut alors se concentrer sur d’autres éléments comme le développement des personnages ou la réalisation des effets spéciaux.
Mais ici aussi on sent que M. B.I.G. a fait l’impasse sur de nombreux points. Difficile en effet de ne pas être consterné par les protagonistes, qui à aucun moment ne semblent prendre une décision raisonnable, ou de tiquer sur les nombreuses incohérences qui parsèment le récit.
Pour couronner le tout, le jeu des acteurs est lamentable, ce qui ne permet évidemment pas un seul instant de prendre le film au sérieux, les dialogues sont affligeants de bêtise et de banalité, ceux-ci auraient parfaitement leur place dans une parodie, mais ici il n’en est rien... En même temps le casting n’est pas des plus attirant je vous le concède, avec entre autres Marjoe Gortner (American Ninja 3, Starcrash, Earthquake), Pamela Franklin (Necromancy, And Soon the Darkness) ou Jon Cypher (Masters of the Universe, Malice in Wonderland).
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Ce manque de crédibilité et d’ambition est le plus gros défaut de Soudain… les monstres, et il reste donc à se mettre sous la dent ce que nous sommes venus chercher : des monstres, un bon divertissement, du sang (accessoirement) et de beaux paysages (accessoirement aussi). Tant pis pour le reste. Question bestiaire, The Food of the Gods est assez généreux, livrant nos victimes en pâture à des guêpes géantes, un énorme coq de combat (dont l’affrontement donne lieu à une des scènes les plus cultes et kitsch des films de monstres, les poules restant par contre dans leur coin), un immense ver de terre et une tripotée d’énormes rats.
Si cette abondance d’animaux et d’insectes tueurs à de quoi combler bien des attentes, il est par contre dommage que tous ne bénéficient pas du même soin porté aux trucages les concernant. En effet, le second gros point faible du film de Bert I. Gordon concerne ses effets spéciaux. Heureusement, si le pire est de mise durant toute la première moitié de l’histoire, le réalisateur se contentant de pastiches bricolés et de surimpressions plus que visibles, les plans mettant en scène les rats tueurs sont bien plus crédibles, à quelques exceptions près.
En effet, les attaques des rats géants sont vraiment angoissantes et visuellement très réussies en comparaison du reste, ce qui rend la suite du film beaucoup plus intéressante. Ici, bien que perfectibles, les incrustations sont nettement plus soignées et l’utilisation de maquettes passe également sans problème, pour peu que l’on ne soit pas trop regardant. Le seul hic vient des attaques elles-mêmes finalement, les faux rats utilisés font vraiment très carton-pâte, mais la vue du sang et des blessures béantes engendrées par les rongeurs lors de ces scènes permet de faire passer la pilule. Mais les trucages les plus réalistes demeurent les impacts de balles sur les rongeurs, malheureusement un peu trop bluffant même, puisque les pauvres animaux sont victimes de ce qui semble être des tirs de paintball…
La séquence finale, avec l’assaut de la maison par les rats est également un des moments forts Soudain… les monstres, ici encore les effets sont aboutis, et la vision de ce passage procure un aspect assez cauchemardesque à l’atmosphère de la production. Si nous sommes encore loin de l’intensité dramatique d’un assaut comme celui de The Night of the Living Dead, cela reste très efficace. Pour l'anecdote, il est à noter que toute la première partie du film est constituée d'attaques de faux animaux (en gros des bestioles en plastique de grande taille) dans des décors à taille réelle, alors que part la suite, excepté pour quelques scènes, il s'agit de l'inverse, l'utilisation d'animaux réels au milieu de maquettes en tout genre.
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| Le constat s’avère au final mitigé, et si l’on sent que Bert I. Gordon a pris un certain plaisir à tourner ce Soudain… les monstres, film qui trouve naturellement sa place au milieu de la filmographie atypique du réalisateur, difficile de ne pas pencher du côté de l’aspect purement mercantile de la chose. N’oublions pas le carton au box-office de Les Dents de la mer à peine un an auparavant. Mais malgré ses nombreux défauts, The Food of the Gods se trouve être un divertissement des plus agréables à suivre, provoquant l’hilarité par moments, et quelques frayeurs bien senties durant certaines séquences, qui sauvent le film d’un naufrage complet. L’isolement géographique ne faisant qu’ajouter un sentiment d’impuissance des hommes face à la révolte de la nature, les attaques parviennent réellement à nous convaincre que le film se veut un peu plus poussé qu’un délire fun et sans prétentions… La séquence finale laisse présager une suite, qui viendra quelques années plus tard sous le titre de La Malédiction des rats (Aka Gnaw), vraiment dispensable… |
Carcharoth le 01/12/2004
Galerie :
Les personnages ont des réactions ou des dialogues qui frôlent le ridicule. Les effets spéciaux sont inégaux, mais Big bert compense avec un gros lot d'attaques de rats, guêpes, asticots et de poulets. Me reste plus qu'à voir la suite.
heysel — 21 août 2006, 23:03
turok — 06 august 2005, 19:48
Honnêtement, j'ai nettement préféré la suite. Je dis pas ça par rapport aux effets spéciaux (ceux de Gnaw font pâle figure à côté du grouillement crédible des rats de Food of gods) mais plutôt en raison du manque de victimes humaines présents dans le 1. Disons le tout de suite, Food of the gods est un film où les animaux sont massacrés plus que gaiement. D'ailleurs, leur mort m'attristaient encore plus que celle des protagonistes. Justement, parlons en des personnages: ils sont tellement clichés et insupportables que je mourai d'envie d'entrer dans le film et leur casser les jambes pour que les rats les dégustent en toute tranquilité (quel sadique, je suis !). C'est fort dommage, car la surabondance des rongeurs offraient un bon potentiel de morts. Sur le pannelle de victimes humaines, Gnaw est beaucoup plus élargis (de très loin d'ailleurs, surtout la scène de la piscine où les corps s'empilent par douzaines).
Carcharoth — 05 may 2005, 19:48