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The Trench - Steve Alten - 1999 (La Terreur des Abysses)
  

  

Couverture Informations
   
Titre : The Trench

Aka : La Terreur des Abysses
Cycle : Megalodon vol. 2
Auteur : Steve Alten
Année de publication : 1999
Publié en France chez Rocher

'Son appétit est insatiable. Ses dents aiguisées comme des scalpels. Elle mesure vingt-deux mètres et pèse plus de vingt tonnes. Elle s'appelle « Ange ». Ange est une femelle de l'espèce des Carcharodon Megalodon, l'ancêtre préhistorique des grands requins blancs, le prédateur le plus redoutable jamais enfanté par la nature. Capturée dans les profondeurs de la fosse des Mariannes, un haut-fond du Pacifique où son espèce se perpétuait depuis soixante-dix millions d'années, elle a défoncé les colossales portes d'acier qui devaient la retenir. La bête maléfique a goûté le sang humain, et rien ne pourra plus l'empêcher à présent de semer la terreur sur son passage. Jonas Taylor, le paléontologue qui avait capturé Ange, est depuis cet épisode hanté par un cauchemar. Ancien pilote de submersibles, il refuse désormais de descendre sous les eaux. Mais il replonge chaque nuit dans la fosse et assiste, impuissant, à la mort de sa femme, dévorée par le monstre. La peur au ventre, il va pourtant devoir reprendre la chasse...

Steve Alten est de retour avec son requin mahousse-costaud ! "La terreur des abysses" (1999) est donc la suite directe de l'excellent "Megalodon" (1997) qui nous avait fasciné par sa violence, son intelligence et son réalisme... Le premier volet des aventures du megalodon, requin préhistorique géant, était nourri de différentes influences parmi lesquelles "Le livre de Jonas" dont le héros tirait bien entendu son nom. Dans ce livre écrit à la troisième personne, le prophète Jonas, rongé par d'horribles remords était "consommé" par une baleine blanche puis recraché suivant la volonté de Dieu. Impossible donc de ne pas faire le lien avec le final monstrueux de "Megalodon" se déroulant au coeur du prédateur albinos. Autre référence évidente, celle du bien connu "Moby Dick" dans lequel un homme part risquer sa vie et celle de son équipage dans l'unique but de mettre un terme à l'existence d'une baleine, elle aussi bien pâlote ! Dans "La terreur des abysses", Alten poursuit sur cette lancée et multiplie encore et encore les clins d'oeil, citant même ses sources à de nombreuses reprises. Ainsi, à l'image du Capitain Achab (nom qu'il s'octroie par 3 fois dans le roman), Jonas se fera dévorer (partiellement) une jambe. Mais l'influence la plus probante, et la plus regrettable, de ce second volet est curieusement de type James Bondienne. Jonas passe en effet du statut de spécialiste en fonds marins à celui d'homme de terrain confronté à un mégalomane plus dangereux encore que sa créature aux terrifiantes mâchoires. La trame scénaristique prend dès lors une tournure des plus étranges, tranchant radicalement avec l'aspect crédible de "Megalodon"...

"La terreur des abysses" reprend donc là où s'arrête "Megalodon". Le rejeton du monstre a été capturé et est devenu l'une des attractions les plus en vu des Etats-Unis. Malheureusement, les gains rapportés par la bête sont loin d'être suffisants pour contrebalancer les coûts qu'elle engendre. L'arrivée du nouvel actionnaire Benedict Singer est donc salvatrice, du moins dans un premier temps... Singer et sa femme Céleste nourrissent en effet des desseins pour le moins obscurs qui pourraient bien chambouler le monde tel que nous le connaissons. Récemment marié, Jonas et Terry devront donc affronter ce couple aux moeurs étranges, en surface comme au fin fond de la tristement célèbre fosse des Mariannes.

Le roman de Alten se décompose cette fois-ci en deux parties, symbolisant ainsi la fragilité du couple Tyler, mis à mal par le décès in utero de leur enfant. D'un côté donc, Jonas reprend ses bonnes vieilles habitudes et part à la chasse au Megalodon. Rien de véritablement neuf dans cette portion plutôt nerveuse qui reprend énormément d'éléments du premier volet. Les séquences d'attaques du monstre et les tentatives suicidaires de Jonas se succèdent donc, avec un souci de réalisme toutefois rejeté au second plan. C'est ainsi que Jonas survivra sans mal à une attaque de grands requins blancs et qu'il repartira à l'assaut après seulement deux semaines d’hospitalisation. Laps de temps durant lequel le Megalodon s'abstiendra du reste d'attaquer qui que ce soit ! D’un autre côté, au plus profond des océans, Terry est confrontée à Benedict et ses sbires Russes au sein d’une station sous-marine. Comme si cela n’était pas suffisant, cette même station est attaquée par de nouvelles créatures, elles aussi préhistoriques… C’est essentiellement cette seconde portion du roman qui lorgne fortement du côté de l’œuvre de Ian Flemming, avec ses bons côtés comme ses travers. Nous sommes donc confrontés à un complot d’une envergure mondiale, à un méchant charismatique et imbu de sa personne, à une bimbo jouant de ses charmes et à quelques clichés regrettables : Les Russes sont des meurtriers alcooliques mais obéissants alors que les Musulmans ne sont que des terroristes. Quelques raccourcis plutôt douteux qu’il nous faudra pourtant accepter pour mener à bien cette lecture. Dans ce contexte, les morts sont tout autant le fruit des monstres que des hommes. L’espionnage prend le pas, les agents doubles se multiplient, les trahisons s’enchaînent avec plus ou moins de succès. En voulant s’éloigner des sentiers battus et du roman d’animal tueur classique, Alten s’enfonce quelques peu en des eaux obscures qu’il ne maîtrise pas. La mayonnaise prend mal, la crédibilité de certains personnages en pâtit et, de manière générale, il est assez difficile de voir où l’auteur nous entraîne… Autre particularité de ce nouvel opus, la surenchère. On la retrouve à chaque page avec l’arrivée donc de nouvelles créatures, de méchants très méchants, d’enjeux planétaires et d’actions irréelles. Car à vouloir nous en offrir plus, Alten en perd ce qui faisait le charme et l’intérêt de son premier roman : Un réalisme tangible. Les faits de gloire se succèdent et les lois les plus élémentaires de la physique sont bafouées sans le moindre complexe. Ainsi, alors que la pression des profondeurs nous était présentée comme un danger réel dans le premier ouvrage, elle n’intervient ici que lorsqu’elle arrange l’auteur ! De même, alors que le premier megalodon avait dû profiter d’une source de chaleur providentielle pour remonter à la surface, il peut dorénavant faire des allers-retours en direction de la fosse des Mariannes sans la moindre assistance ! Qu’importe le froid ou le chaud, l’animal est désormais iconifié, transformé en un monstre que rien ni personne n’arrête, pas même la logique. A ce sujet Alten déçoit encore quelque peu lorsqu’il nous conte l’évasion du monstre. Tout simplement incompréhensible, ce chapitre nous expose comment la créature, retenue dans un bassin clôs, s’échappe et prend le large. A la lecture de ces lignes, il est tout simplement impossible de concrétiser l’escapade ! Très confus dans ses propos, approximatif dans ses descriptions, l’auteur se perd et perd son lecteur durant cette étape pourtant clé du roman.

Nous sommes donc là devant un bilan très mitigé. Si le lecteur est heureux de retrouver les différents protagonistes de "Megalodon" (Mac, le pilote d’hélico, répond lui aussi présent) pour de nouvelles aventures les opposant au requin géant, il sera sans doute très déçu des libertés prises par l’auteur. D’un livre à la limite de l’intimisme nous narrant le combat d’un homme contre sa Némésis, nous passons là sans transition à un roman aux forts accents de blockbuster hollywoodien. Certains apprécierons donc le côté décomplexé de l’œuvre alors que d’autres resteront coi devant cette étrange tentative d’incursion dans le milieu de l’espionnage et de la surenchère… Reste que le roman se lit sans mal et qu’il offre le quota de morts violentes attendues. La fin, particulièrement ouverte, laissera bien entendu le champ libre pour une suite encore inédite en France nommée "Meg : Primal waters". Reste à voir la direction que celle-ci prendra, la surenchère paraissant maintenant bien difficile…

Xavier -MadXav- Desbarats le 26/12/2006

Commentaire 
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Nicolas?24 April 2007, 15:37

Je ne l'ai jamais lu mais j'aimerais bien. Après tout, j'ai bien aimé "Meg" alors pourquoi pas sa suite ? De plus, Alten parlait de Ange à la fin du 1er tome... on la voyait, se débattant dans les filets, capturée...

Teddy — 16 January 2007, 08:05

D'un coté la critique ci-dessus est vraie, d'un autre je trouve l'écriture bien meilleure dans ce second opus (peut-être dûe à la traduction pourrie du 1er livre). Pour le chapitre où l'auteur décrit l'évasion du requin, je trouve également bizarre la mauvaise description, vu qu'il a pas de mal à donner image au complexe submersible Benthos. je crois là aussi à une erreur de traduction de l'auteur, d'autant plus qu'ailleurs il attribue 100 tonnes à la femelle kronosaure qui n'en pèse pas plus de 25 comme c'est dit dans le roman ailleur.

Pour le reste les personnages sont charismatiques, très fouillées, les clins d'oeils ciné nombreux (Godzilla pour la scène du ponton, Orca pour le restaurant sur pilotis, James Bond et Abysses pour l'odyssée de Terry...) Les attaques de l'énorme femelle Ange (de taille anormalement élevée dûe à la profusion de nourriture et à sa croissance en surface) sont très sanglantes et faire mourrir un gosse ou une grand mère entre les mâchoires de 3 m de la créature ne dérange pas Alten.

Bref j'ai autant aimé que le 1er, plus riche, plus fouillé, on sent plus de maturité d'auteur dans le récit, même si c'est parfois difficile à comprendre sur certains passages.

Pep — 10 January 2007, 14:00

ca fait un peu trop d'un coup quand meme on s'eloigne du shark movie pour un monster movie.Sinon c'est vrai que ca se lit bien.Des nouvelles pour primal waters?

Turok — 03 January 2007, 23:16

D'accord avec la critik de Xavier. Alten oriente son roman vers trop de direction, à force on se demande si on est bien en train de lire une fiction sur les requins géants. Sinon, le huis-clot de Terry dans le sous marin, à la merci du sinistre Benedict et de Serguei, son sbire pervers et malsain, est bien écrite. On compatit au calvaire psychologique de la pauvre femme.

Steely Shark — 20 août 2006, 03:23

Suite encore meilleur que le 1er. En plus du Meg, on a droit à une horde de Kronosaures.

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