Anaconda (Anaconda, le prédateur) – 1997 – Luis Llosa

08/01/2010 nachthymnen Commenter Allez aux commentaires
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Anaconda

Anaconda
Aka : Anaconda, le prédateur
Genre : Serpent géant

USA/ Brésil/ Pérou, 1997, 89 min
De Luis Llosa
Avec Jennifer Lopez, Ice Cube, Jon Voight, Eric Stoltz, Jonathan Hyde, etc.


L’anthropologue Steven Cale est en Amazonie pour tourner un film documentaire sur une mystérieuse tribu d’Indiens qu’aucun Blanc n’a jamais pu approcher. Ont pris place avec lui sur une barge la jolie réalisatrice Terri Flores, un cameraman, Danny Rich, un preneur de son, Gary Dixon, la productrice Denise Kalberg et le professeur Westridge, spécialiste des populations primitives. Sous une pluie diluvienne, au détour d’une rivière, la petite équipe porte bientôt secours à l’énigmatique Paul Sarone, un chasseur de serpents dont le bateau est immobilisé. Reconnaissant, ce dernier, qui connaît ces contrées inhospitalières comme sa poche, se rend très vite utile à bord…

Cela faisait maintenant quelques années que les films sur les animaux tueurs vivotaient dans leur coin, sans réellement trouver de quoi regagner les faveurs du public. Un engouement qui renaîtra dans la première moitié des années 90 par la sortie du spectaculaire Jurassic Park de Steven Spilberg, qui fera naître dans son sillage un certain renouveau des films de monstres aux créatures réalisées en partie au travers d’effets spéciaux numériques. Anaconda est l’un de ceux-la, précédant des titres comme Bats : La nuit des chauves-souris, Peur Bleue, King Cobra, Lake Placid et de très nombreux DTV ou téléfilms.

anaconda07Initiateur d’un nouveau cycle de films de bestioles, aux côtés de Un Cri dans l’océan qui sortira un peu plus tard, le film de Luis Llosa n’est pourtant guère révolutionnaire si l’on excepte les trucages numérique. La principale source d’inspiration du récit demeure l’indétrônable Les Dents de la mer, ainsi que quelques autres titres du genre se déroulant dans une jungle aussi épaisse qu’hostile, notamment un certains nombre de productions dédiées aux crocodiles tueurs. Jungle que le réalisateur péruvien nous avait déjà fait visiter dans Sniper, Les Aventuriers de l’Amazone, ou encore Feu sur l’Amazone. L’autre originalité réside dans la créature en elle-même, un serpent géant. Si la présence de ces derniers utilisés comme « vedette » dans les films nous parait courante de nos jours, avant Anaconda, ces derniers se faisaient tout de même bien plus rares sur les écrans. Excepté Spasms, Thunder of Gigantic Serpent ou le célèbre combat proposé dans Calamity of Snakes, les reptiles titanesques se contentaient généralement d’apparitions plus ou moins musclées dans des titres tel Conan le barbare, Ator l’invincible 2 et autres.

Si dans l’ensemble le film est plutôt distrayant, on se rend très vite compte que le réalisateur ne se donne pas vraiment les moyens d’aller au bout de son concept, et Anaconda se rapproche plus d’une série B sympathique que du gros blockbuster estival. anaconda03Entre une partie aventures plutôt mollassonne et des passages mettant en scène les assauts du reptile qui manquent un peu leur but et n’ont rien de réellement effrayant, le film peine à trouver ses marques. Au milieu de tout ça tentent de surnager (et de survivre !) un casting qui a de quoi surprendre. Jennifer Lopez qui essai tant bien que mal de lancer sa carrière cinématographique mort-née, qui ne sera agitée finalement que de quelques petits soubresauts avec U-Turn ou encore The Cell, et qui tente de donner une certaine consistance à un personnage dans lequel elle ne semble pas à l’aise. À ses côtés, John Voight (Deliverance, Tomb Raider…) cabotine dans son rôle de vieux baroudeur bourru et semble se demander ce qu’il fait là tant il à l’air ahuri par moments, sans oublier Ice Cube qui depuis Boyz n the Hood enchaîne sur des choix de carrière désastreux.

anaconda04Outre son scénario passe partout, Anaconda propose à peu près tous les archétypes propres à ce genre de productions. Des personnages à peines esquissés et peu ambigus, quelques scènes d’action efficaces, et un brin de mystère autour de notre prédateur sans pitié. Pour pimenter le tout et meubler le temps que le serpent daigne montrer ses écailles, quelques tensions vont apparaître au sein du groupe, sans que la mayonnaise ne prenne vraiment… L’apparition du serpent géant va finalement nous sortir un peu de la somnolence qui commençait à s’installer, mais au fur et à mesure du déroulement du film les attaques deviennent trop routinières. De plus ces dernières ne sont pas très violentes ni très sanglantes, et même si les effets spéciaux sont dans l’ensemble très corrects, les images de synthèse (très coûteuses !) ne s’intègrent pas toujours bien au reste. L’animatronique est par contre bien plus convaincant, dommage que les transitions entre ces deux méthodes n’aient pas été plus travaillées, car il en résulte un petit côté de non achevé.

Anaconda est l’exemple typique du divertissement qui cherche à faire peur sans jamais vraiment y parvenir, un film d’aventures classique, un peu ennuyeux, tout au plus parcouru de quelques frissons. Une petite série B assez bien ficelée, mais très loin de susciter autant d’intérêt que son modèle Les Dents de la mer.

Anaconda (Anaconda, le prédateur) - 1997 - Luis Llosa 5.0101
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