Arachnophobia (Arachnophobie) – 1990 – Frank Marshall
Coproduit par Steven Spielberg (Les Dents de la mer, Jurassic Park, Arachnophobie est le premier film en tant que réalisateur de Franck Marshall (Congo), célèbre producteur qui n’est plus à présenter, et qui avait jusque-là officié en tant qu’assistant-réalisateur sur de nombreuses productions. Et pas des moindres, puisque l’on peut citer permis ces dernières des films aussi connus que les trois volets des aventures d‘Indiana Jones, Retour vers le futur ou encore L’Empire du soleil ! Un choix, qui pour une entrée en matière ne paraît finalement pas si étonnant. En effet, pour se faire la main, Frank Marshall choisit un script s’inspirant des très nombreuses productions que l’on peut qualifier d’« éco-vengeance », terme qui signifie tout simplement : on ne joue pas avec mère Nature… Un genre très en vogue durant les années 70, ultra balisé, et qui malgré des hauts et des bas ne disparaitra jamais des écrans, tant les thèmes abordés, avec plus ou moins de subtilité et de réussite, sont proches des préoccupations humaines, et ce, quelque soit l’époque et l’origine de ces interrogations.
Un manque d’originalité que le réalisateur ne parviendra pas totalement à masquer, bien que dans l’ensemble Arachnophbie demeure un divertissement plus qu’honnête. Si le scénario n’est pas des plus inventif, Frank Marshall nous immerge pourtant dedans de belle manière, lors d’une mise en route dans de superbes décors vénézuéliens. Un voyage magnifique qui ne sera pas sans conséquence puisqu’une nouvelle espèce d’araignée débusquée là-bas va finir par se retrouver dans un petit bled américain tout ce qu’il y a de plus calme. Au début du récit, le véritable intrus à Canaima n’a pourtant rien d’un monstre velu à 8 pattes. Il s’agit en effet du docteur Ross Jenning, nouvellement arrivé en ville, et, comme nous l’apprenons dès les premières minutes, complètement tétanisé lorsqu’il se retrouve face à une araignée.
Divers évènements vont confronter l’homme et sa famille à des habitants trop accueillants, d’autres à priori peu sympathiques, des chercheurs zélés ou encore à un exterminateur complètement cinglé. Des personnages plutôt caricaturaux donc, bien que cet aspect finisse par se dissiper au fil des minutes qui nous présentent des personnalités aux caractères bien tranchés, l’ensemble soutenu par un humour plus ou moins léger, mais omniprésent. Les comédiens semblent se faire plaisir, et parmi ces derniers nous retrouvons par exemple Jeff Daniels, le second crétin de Dumb & Dumber aux côtés de Jim Carrey, Harley Jane Kozak, une rescapée de la série Santa Barbara, ou encore ce bon vieux John Goodman, qu’il est impossible d’oublier après ses prestations excentriques dans The Big Lebowski et Panic sur Florida Beach.
Si une certaine légèreté de ton est de mise, le film étant avant tout destiné à un public « familial », le réalisateur n’en oublier certainement pas quelques séquences des plus effrayantes. Un gros travail sur la mise en scène et les prises de vue offre en effet met particulièrement en valeur les araignées, sans pour autant les rendre trop imposantes ou trop présentes. Frank Marshall désire ici se détacher non seulement des productions des années 50 comme Tarantula ou Earth vs the Spider et leurs arachnides titanesques, mais également de la surenchère des séries B sorties durant les années 70, bien que sont film aurait parfaitement trouvé sa place lors d’une diffusion dans les drive-in. Arachnophobie privilégie effectivement l’instauration d’une ambiance de plus en plus menaçante, qui finira par exploser lors d’une séquence d’invasion des plus terrifiantes, avant de replonger dans un affrontement final volontairement kitch que l’on peut voir comme un clin d’œil aux productions des années 50.
L’homme qui chapeaute l’équipe chargée des effets spéciaux ne nous est pas inconnu puisqu’il s’agit de Chris Walas. L’homme à en effet travaillé sur des titres comme Up From the Depths et Humanoids from the Deep, bien qu’il soit plus connu pour avoir été à l’origine des gremlins ou ses collaborations avec David Cronenberg sur des productions comme Le Festin Nu ou La Mouche, dont il réalisera la suite quelques années plus tard. Mais malgré son statut et son travail ici, les véritables stars d‘Arachnophobie sont bel et bien les araignées. Si le tournage n’a pas été de tout repos, il en ressort des séquences d’une rare crédibilité, et le fait de de vrais arachnides aient été utilisés y est pour beaucoup. Ces bestioles se faufilent de partout, surtout là où on les attend le moins, et s’avèrent tout à fait effrayantes, comme lors de l’invasion de la maison familiale ou encore durant la séquence de la douche, petit clin d’oeil à Psychose, revisitée de manière arachnéenne… Astuce peu utilisée (jamais?) dans les autres productions, ici les araignées n’hésitent pas à se servir de leurs fils de toile, ce qui implique que les assaillants aux crochets venimeux peuvent survenir de n’importe où…
Malgré quelques fautes de goûts, comme les passages en vue subjective, un certain manque d’originalité en ce qui concerne le scénario et les personnages ou encore une approche un peu trop gentille et familiale, Frank Marshall livre avec Arachnophobie une production plutôt efficace. Envisagé dès le départ par le réalisateur comme un divertissement horrifique tout public, le film n’en oublie pourtant pas quelques séquences effrayantes, qui ne sont aucunement occultées par l’humour omniprésent qui ponctue le récit. À éviter de regarder en double programme avec l’excellent film de John Cardos connu en France sous le titre L’Horrible invasion pour éviter de se gratter et de regarder sous les meubles toute la soirée…
À noter que comme pas mal de productions cinématographiques de l’époque, le film a fait l’objet d’une adaptation en jeu vidéo, qui n’est par contre pas une grande réussite. Le gameplay se résume en effet à entrer dans des maisons en vaporisant du poison pour tuer les araignées ayant envahi la ville. Le but étant de dénicher la reine, qui une fois tuée nous ouvrira l’accès à la ville suivante.
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