At the Earth’s Core (Centre Terre, 7e continent) – 1976 – Kevin Connor
Nouvelle adaptation des écrits dEdgar Rice Burroughs par Kevin Connor (il y en aura 3 en tout, le dernier étant intitulé Le Continent oublié) après son Le Sixième continent, At the Earth’s Core diffère pourtant complètement de son prédécesseur. Si celui-ci était une œuvre qui se voulait assez sérieuse et réaliste, nous arrivons ici dans un monde bien plus loufoque ou l’ambiance bon enfant et l’humour sont omniprésents. Outre le réalisateur et la source d’inspiration, cette réalisation partage également un des membres du casting et c’est avec un grand plaisir que l’on retrouve Doug McClure dans un des rôles principaux, même si sa prestation est ici bien moins valable que celle de sont rôle dans The Land That Time Forgot. On va retrouver à ses côtés l’excellent Peter Cushing (The Ghoul, The Beast Must Die, The Creeping Flesh,…) dans un rôle qui s’il ne lui permet pas réellement de mettre en valeur ses talents d’acteur, aura au moins le mérite de faire rire le spectateur. Il y incarne en effet un scientifique britannique typique, doté d’un flegme légendaire et d’une répartie vivace. Personnage que l’on peut rapprocher dans une certaine mesure avec celui du docteur Elmet Brown de la trilogie des Retour vers le futur.
Après avoir visité un 6ème continent attardons nous ici sur ceux fameux 7ème continent qui n’est autre qu’une gigantesque caverne située dans les entrailles de notre bonne vielle Terre. Ici il n’est plus vraiment question d’une ressemblance avec Le Monde perdu, nous sommes bien plus proche des écrits de Jules Verne et bien entendu de Voyage au centre de la Terre.
Pourtant difficile de vraiment penser à cela durant le film, sauf lors des 5 premières minutes, car une fois que nos deux compères auront mis les pieds dans ce monde si particulier, le décalage par rapport au précédent volets des écrits de Burroughs et aux textes de Verne est réellement étonnant : les décors dans un style tropical du pauvre sont kitsch et colorés, respirant bien le plastique et le papier mâché, et sont éclairés par des lumières assez chaudes dans des tons rougeâtres, mais c’est surtout la première apparition d’un monstre géant qui va nous conforter dans notre idée : soit celle d’assister à un film au budget proche du néant absolu soit celle que le réalisateur était sous LSD durant toutes les étapes du tournage. Nous voyons donc débarquer une être de forme humanoïde, d’environ deux à trois fois la taille d’un homme ressemblant étrangement à un perroquet, le tout représenté par un mec costumé, dissimulé derrière un masque en plastique type farce et attrapes (j’exagère à peine). Si vous mélangez cet aspect graphique assez proche d’un style bande dessinée finalement à des dialogues et des situations pleins d’humour, il y a effectivement de quoi passer un bon moment.
Outre ce perroquet étrange, le reste du bestiaire se situe dans la même veine, nous apercevrons une créature ressemblant à un mélange entre un rhinocéros et un sanglier gober un humain avant de combattre un adversaire de sa propre espèce, un batracien géant crachant des flammes, un croisement improbable entre ce qui semble être un rat et un hippopotame, une plante carnivore dotées de dents acérées et de tentacules et d’autres surprises du même tonneau.
Capturés par des indigènes moches au possible et parlant un langage qui aura vite fait de vous donner mal au crâne après vous avoir fait vérifier une première fois que votre système audio n’avait pas un problème, nos deux aventurier vont rejoindre tout un groupe d’humains réduits en esclavage. Ils vont rapidement se rendre compte que des êtres diaboliques se cachent derrière tout ça, contrôlant tout ce qui est vivant dans cette caverne par télépathie ou hypnose : les Mahars, de gros oiseaux de taille humaine qui rappellent fortement les Skeksis de Dark Crystal (en bien moins décrépies et tendant plus vers la ressemblance avec des dinosaures, avec même un petit côté Casimir dans les gènes). La suite est plus convenue, l’américain va s’échapper, pousser tout le monde à la révolte et après les classiques scènes de tribus qui s’unissent, d’entraînement, de mise au point stratégique, de trahison et de gestes héroïques, la citée des Mahars sera enfin détruite. Malgré quelques longueurs le film tient cependant admirablement bien la route, le côté aventure est très prononcé, il y a suffisamment d’action pour contenter tout le monde, même si au final les attaques de monstres géants se font plutôt rares.
Centre Terre, 7e continent est au final une curiosité très rigolote, irréaliste au possible mais qui fait plaisir à voir. Je n’en sais pas plus sur les intentions du réalisateur à savoir s’il a voulu donner un côté parodique à l’ensemble, mais si c’est le cas c’est bien plus réussi que les purges récentes indignes et indigestes du type Monster Island et sa cruche de Carmen Electra.
À découvrir également :
- The People That Time Forgot (Le Continent oublié) – 1977 – Kevin Connor
- The Land That Time Forgot (Le Sixième continent) – 1975 – Kevin Connor
- Warlords of Atlantis (Les Sept cités d’Atlantis) – 1978 – Kevin Connor
- Final Days of Planet Earth (Les Derniers jours de la planète Terre) – 2006 – Robert Lieberman
- The Day the Earth Caught Fire (Le Jour où la terre prit feu) – 1961 – Val Guest








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