Gryphon (L’Attaque du Griffon) – 2007 – Andrew Prowse
Une nouvelle fois Sci-Fi Channel et Nu Image nous livrent ici une coproduction dont eux seuls ont le secret. Afin de profiter de l’engouement du public pour les productions récentes de fantasy, la trilogie de The Lord of the Rings ou encore la saga des Harry Potter en tête, les scénaristes continuent sans vergogne d’exploiter le bestiaire mythologique que l’Histoire nous a cédé. Après les gargouilles, les dragons, le basilic, la Manticore, le Minotaure et bien d’autres, voici donc venir le Griffon, animal légendaire d’une puissance redoutable, dont le corps ressemble à celui d’un gigantesque lion surmonté d’ailes et d’une tête d’aigle. De quoi en faire un prédateur terriblement dangereux dans n’importe quel « creature feature »… sauf ici puisqu’il s’agit, pour notre plus grand malheur, de l’un des aspects les plus loupés du film…
Si le scénario, que l’on doit à Sean Keller (Mammouth, Kraken : Tentacles of the Deep), ne brille pas par son originalité, on se laisse tout de même prendre à ce récit dans lequel il est question de sorcellerie, de malédiction et bien évidemment d’amour. Deux royaumes en guerre vont en effet devoir s’allier afin de mettre fin aux agissements du sorcier ayant invoqué le Griffon, trahissant au passage son propre souverain.
Ces derniers ont moins d’une semaine pour mettre la main sur une arme magique, une lance, dont la pointe taillée dans la corne d’une licorne est le seul moyen de venir à bout de l’animal. Bien entendu ils vont devoir traverser des lieux peu accueillants, répondants aux doux noms de vallée de la mort et autres subtilités du même acabit. Quête initiatique durant laquelle vont se détacher deux héros, une princesse (Sarah Douglas) et le prince de l’armée rivale (Jonathan LaPaglia), profitant d’ailleurs de l’occasion pour tomber amoureux l’un de l’autre…
Histoire plus que classique donc, mais qui malheureusement ne sera guère mise en valeur par quoi que ce soit dans cette production à petit budget. Bienvenu en effet dans un Moyen Age hypothétique, peuplé de combattants aux armures en toc et brandissant des armes factices, affrontant des figurants aussi motivés que des fonctionnaires un vendredi après-midi.
Tout ici sonne faux, que ce soit les personnages, aussi consistants que des flans ayant pris un coup de chaud, avec une mention spéciale au grand sorcier, joué par un Larry Drake (Darkman, The Beast…) aussi charismatique qu’un pack d’endives sous cellophane, les costumes, sans doute volés sur le tournage d’un épisode de la série Hercule, ou encore les répliques complètement en désaccord avec l’ambiance moyenâgeuse voulue par le réalisateur.
Les effets spéciaux sont dans l’ensemble consternants, et le Griffon, modélisé par la personne à qui l’on devait déjà la pieuvre rachitique de Kraken, aurait été plus à sa place dans un dessin animé bien gentillet. Si lors des plans larges l’animal parvient encore à faire illusion, une fois que ce dernier est clairement discernable, il est difficile de ne pas éclater de rire devant sa tête qui ressemble plus à un pigeon halluciné qu’à un aigle aux yeux perçants. L’ombre de l’oiseau punk de The Giant Claw plane non loin de là… Ajoutons à cela des incrustations hasardeuses et des interactions avec les acteurs plus que douteuses, pas de doute nous sommes bien dans une production Sci-Fi Channel/ Nu Image, les amateurs apprécieront.
Excepté un combat contre une statue revenue à la vie, les scènes d’action sont plutôt molles, et les affrontements sont peu impressionnants, manquant cruellement de punch et de violence. Et même si une tête tranchée fera une apparition remarquée, l’ensemble n’est pas vraiment sanglant. Sans être totalement indigeste et dans l’ensemble modestement divertissant, Andrew Prowse (Farscape, Tyrannosaurus Azteca…) nous offre avec Gryphon un film médiocre, qui conviendra uniquement aux individus rôdés aux productions télévisées de la chaîne Sci-Fi. Les personnes un tant soient peu exigeantes feraient par contre mieux de passer leur chemin…
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