Deep Blue Sea (Peur bleue) – 1999 – Renny Harlin
À l’origine de quelques titres comme Freddy 4 : Le Cauchemar de Freddy, Cliffhanger, ou encore L’Exorciste : au commencement, le réalisateur Renny Harlin se lance dans Peur Bleue, un film à la fois terriblement efficace, innovant sur quelques points tout en rendant hommage à la série des Dents de la mer sans pour autant en être une pâle copie, et une déception partielle, due à quelques défauts qui viennent quand même assombrir le tableau. Bien que sans réelles grandes surprises, l’histoire tient pas mal la route quand aux motivations des personnages, joués d’ailleurs par des comédiens qui s’en sortent honnêtement, et dont le déroulement est ponctuée d’attaques assez nombreuses plus ou moins sanglantes. S’éloignant des bases du film catastrophe, tout en gardant certains des poncifs du genre, Peur Bleue sombre malheureusement très vite dans la routine épurée du film d’action classique. Ici le suspens, l’étonnement et la peur font place à un rythme haletant, des explosions en tout genre, et de très nombreuses attaques effectuées par des requins que l’on voit un peu trop.
Cependant, il résulte de ce traitement des séquences qui se montrent très efficaces, par exemple l’explosion de la grande baie vitrée du laboratoire sous-marin, ou encore à la course poursuite des quelques survivants contre l’eau qui monte dans un conduit cylindrique, mais dans l’ensemble le film ne décolle jamais vraiment. Les acteurs sont juste là pour se faire croquer à tour de rôle (bon en même temps c’est un peu leur seule raison de vivre, ils sont nés pour ça), alors que le réalisateur aurait pu se servir de l’espace confiné du lieu et se permettre de s’attarder plus longuement sur les relations et les différents caractères des protagonistes.
Une méthode qui aurait sans doute permit de se détacher de l’aspect très stéréotypé de ces derniers. Une scène amusante et inattendue viendra tout de même surprendre le spectateur, apportant un peu de fraîcheur à l’ensemble, lorsque Samuel L. Jackson commence sa longue tirade… et… enfin, à découvrir par vous-mêmes. Pour la petite anecdote, les trois requins sont successivement tués de la même manière que dans les trois premiers volets de la série Les Dents de la mer (et dans l’ordre !).
En ce qui concerne les effets spéciaux, cela va du bon, notamment pour les effets mécaniques, au moyen, puisque les trucages numériques ne rendent pas toujours très bien. Rien de rédhibitoire cependant, surtout face aux productions Nu Image et consorts dédiées aux animaux tueurs qui commencent à inonder le marché. Des Direct-to-video en veux-tu en voilà, profitant de la sortie des quelques titres de l’année 1999 comme Bats : la nuit des chauves-souris, Lake Placid, et bien entendu Peur Bleue, pour refourguer des petites séries B bien cheaps.
Malgré quelques qualités, un rythme soutenu et quelques croquages des plus plaisants, Peur bleue peine un peu à convaincre. L’exemple typique du divertissement sympathique, malheureusement oublié à peine deux jours après sa vision. Un traitement du récit un peu plus approfondi et des personnages aux relations et dialogues plus fouillés auraient sans doute aidé le film à posséder une identité propre. Mieux vaut finalement se tourner vers l’excellent 12 Jours de terreur, sorti un peu plus tard, ou vers son homologue crocodilien Lake Placid.
À découvrir également :
- Blue Water, White Death (Bleue est la mer, blanche est la mort) – 1971 – Peter Gimbel & James Lipscomb
- Blue Demon (Terreur sous la mer) – 2004 – Dan Grodnik
- Shark Attack (Alerte aux requins) – 1999 – Bob Misiorowski
- Deep Rising (Un cri dans l’océan) – 1998 – Stephen Sommers
- Eye of the Cat (Les Griffes de la peur) – 1969 – David Lowell Rich






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