Deep Rising (Un cri dans l’océan) – 1998 – Stephen Sommers
Si depuis la sortie d’Anaconda, les animaux tueurs reviennent avec plus ou moins de succès sur les écrans, ces productions ne font pourtant gère preuve d’originalité et se contentent généralement d’appliquer à la lettre les principales ficelles du genre. Quelques thèmes sont bien sûr réactualisés, afin de coller à une actualité pas toujours très rose ou à des avancées technologiques qui soulèvent diverses questions. Pourtant, en comparaison des leurs aînés dans années 70, difficile de ne pas détecter un changement important, plutôt sur la forme que sur le fond donc, dans la manière de mettre en scène une partie des films dédiés aux animaux tueurs. Les films catastrophes qui mélangeaient alors drame et action ou aventure s’apparentent de plus à plus à en plus à des films d’action classiques.
Un constat qu’illustre parfaitement Un Cri dans l’océan. Réalisé par Stephen Sommers, à qui l’on doit déjà des films comme La Momie ou Le Retour de la momie, Un Cri dans l’océan s’avère être une excellente surprise, qui privilégie les séquences d’actions bourrines et décomplexées à une ambiance sordide et étouffante. A ce titre, Un Cri dans l’océan tire bien plus d’un film comme Aliens de James Cameron que du célèbre Les Dents de la mer de Steven Spielberg…
Un Cri dans l’océan étant très référentiel, il n’est bien entendu pas question de chercher ici la moindre once d’originalité. Tout est très balisé, il n’y a aucune surprise particulière dans la manière qu’a la réalisateur de traiter le déroulement de l’histoire. Aucune surprise non plus du côté des personnages, pas de place ici pour des caractères ambiguës, il y a seulement les bons et les méchants.
Ces derniers sont d’ailleurs interprétés par un casting est très correct, au sein duquel nous retrouvons la bonne gueule de Treat Williams, aperçu entre autres dans Face aux serpents, La Nuit des requins, The Circle, etc., aujourd’hui condamné au navets en tout genre, la jolie Famke Janssen, dont les charmes opéraient déjà dans X-Men I et II ou The Faculty, ainsi que d’autres acteurs aux profils sympathiques, comme Anthony Heald ou encore Wes Studi. La mise en scène est suffisamment rythmée pour que l’on ne s’ennui pas une seule seconde, malgré le fait que le film soit un poil long à démarrer. Difficile en effet d’échapper à la mise en place classique des protagonistes, mais une fois les grandes lignes posée, il ne reste plus qu’a savourer des scènes d’action qui vont crescendo, ne nous laissant pas une seconde de répit jusqu’au final explosif, bref Un Cri dans l’océan suit le cahier des charges typique d’un film d’action.
Les effets spéciaux, sans être prodigieux sont de très bonne facture. Le monstre ressemble à une espèce de poulpe gigantesque, dotée d’un bon nombre de tentacules, chacun terminé par une espèce de tête pleine de dents acérées. Ces appendices se déplacent facilement dans tous les recoins du paquebot, y compris les canalisations, prêts à croquer tout ce qui passe et de se repaître des fluides corporels de la victime, ne laissant que les os recrachés à même le sol. A ce sujet, sans être excessivement gore, le film ne lésine pourtant pas sur les scènes sanglantes, dont certaines du plus bel effet. Enfin, le corps « principal » visqueux et énorme de la bestiole n’est quasiment qu’une gigantesque mâchoire, qui vu sa taille pourrait engloutir un autobus… On apprend d’ailleurs durant le film de quelle espèce il s’agit, durant une explication à la mord moi le nœud dont on se fiche complètement, mais pour briller lors d’un dîner en compagnies de disciples du Commandant Cousteau, vous pourrez toujours expliquer qu’il s’agit d’un vers marin de l’embranchement des Priapuliens et de la famille des Ottoia. Bref, pour ceux qui ont séchés leurs cours de biologie animale, un vers anormalement gros qui défonce tout sur son passage !
Malgré son manque d’originalité, ce mélange d’idées puisées à droite et à gauche fonctionne terriblement bien, grâce notamment à une mise en scène rythmée, une réalisation de belle facture, des effets spéciaux réussis et suffisamment sanguinolent pour satisfaire la plupart des ronchons. Il est par contre dommage que les touches d’humour ne soient pas toujours d’aussi bonne facture que le reste, nuisant un peu à l’ambiance général du film, se voulant certes décomplexé, mais qui aurait mérité un bien meilleur travail concernant les dialogues, à moins que cela ne provienne du doublage français. La musique bien ringarde est le second gros reproche que l’on peut dénicher dans Un Cri dans l’océan. Mais devant une telle générosité de la part du réalisateur, difficile de faire la fine bouche. On sent très bien que ce dernier a à la fois voulu se faire plaisir tout en répondant aux attentes d’un public qui ne demandait que ça, nous offrant un film d’action horrifique sacrément efficace !
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Stephen Sommers nous montre encore ici son goût pour les films bourrés d’action et d’effets spéciaux… Une totale réussite ! Note : 8/10.