Domain (L’Empire des rats) – James Herbert
Pour le troisième volet de ses écrits consacrés aux rats tueurs, James Herbert se détache un peu des précédents ouvrages que sont Les Rats et Le Repaire des rats, renouvelant ainsi cet univers sombre en proie à de nombreuses catastrophes. Parallèlement à l’évolution de la société des rongeurs, la civilisation humaine va se mettre à décroître suite à un terrifiant holocauste nucléaire… Les survivants de l’espèce humaine vont devoir affronter de très nombreux problèmes, auxquels viennent s’ajouter des rats de plus en plus intelligents, et dont leur crainte instinctive de l’homme à disparu. Un face à face s’engage alors entre les deux espèces, et les rats vont tout tenter pour renverser la domination humaine…

Avec L’Empire des rats, James Herbert nous offre un roman très plaisant à lire, et qui s’intègre parfaitement dans la continuité des précédents volumes. Dommage par contre que celui-ci s’avère par moments un peu trop dense, l’auteur tentant d’exploiter trop de pistes en si peu de pages. Si l’auteur n’oublie pas qu’il écrit avant tout une histoire horrifique, de nombreux éléments font que l’ensemble penche tout de même vers le récit catastrophe, qui s’articule autour d’un petit groupe de survivants. Et ces derniers ne sont pas au bout de leur peine dans cet environnement post-nucléaire. Les villes sont jonchées de cadavres pourrissants, les constructions ébranlées par les explosions menacent de s’effondrer à tout instant, d’immondes irradiés hantent les coins sombres de la cité, certains citoyens profitent de tout cela pour laisser ressurgir leur instinct violent et primitif, n’hésitant pas à piller, massacrer et violer toute personne qui se présenterait. Et comme si cela ne suffisait pas, les rats sont partout, profitant de l’abondance de nourriture que peuvent fournir aussi bien les cadavres que les rescapés. C’est dans cette désolation que nous suivons alors les déambulations d’un groupe de personnes, guidé par un officiel sachant comment rejoindre un abri gouvernemental. Ces derniers vont devoir affronter bon nombre de problèmes avant d’arriver au lieu sécurisé qu’ils espéraient. Mais confinés sous terre, loin de tout et sans moyens de communication efficaces, ils vont trouver tout autre chose…

Si les situations sentent un peu le déjà vu, notamment toute la dernière partie de l’ouvrage, James Herbert parvient encore à nous tenir en haleine, toujours grâce à un style simple et très fluide, mais aussi au travers de sa galerie de personnages très crédibles. L’Empire des rats est certainement le chapitre le plus réussi de la saga des rats, dont la révélation finale vaut à elle seule la lecture de ce volet, une surprise de taille qui trouvera tout son sens dans The City, le roman graphique qui sortira presque dix ans plus tard. À noter également que le nanar de Bruno Mattei, disponible en France sous le titre Les Rats de Manhattan, s’inspire en grande partie de L’Empire des rats.
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