Dracula’s Dog (Zoltan le chien sanglant de Dracula) – 1978 – Albert Band
Dans la famille Band, je voudrais… le père ! Surtout connu pour son rôle de producteur, Albert Band n’hésite pourtant pas à se lancer dans la réalisation de temps en temps, avec plus ou moins de réussite. Aux côtés du sympathique I Bury the Living, sa filmographie fait également état de titres nettement moins marquants, même si l’on dénote chez Albert Band un certain savoir faire. Ghoulies 2, Robot Wars ou encore les Prehysteria! 1 et 2 en sont le parfait exemple. Dracula’s Dog, plus connu chez nous sous le titre alléchant de Zoltan le chien sanglant de Dracula, se situe entre les deux, une série B qui oscille sans cesse entre le passable et le convenable. Partant de l’idée assez originale de mélanger les thèmes des films de vampire et d’agression animale, Albert Band ne tire pas vraiment partie de ce qu’aurait pu apporter les 2 genres précités. Le réalisateur semble hésiter à aller au bout de son concept et nous donne l’impression qu’il hésite à chaque fois à donner plus d’importance à l’une ou l’autre de ses inspirations. Il en résulte un film qui se retrouve assez décousu et manque cruellement de rythme (pour rester poli).
Si l’histoire tient à peu près la route (on a vu bien pire en tout cas), le manque flagrant de moyens se ressent vraiment à l’écran.
Que Dracula possède un chien, pourquoi pas, mais il aurait fallu rendre ce dernier beaucoup plus effrayant pour que la mayonnaise prenne réellement. Le réalisateur abuse du même trucage tout au long de l’histoire, selon un effet qui consiste à faire luire les yeux du chien dans le noir, ce qui à la longue finit non seulement par lasser, mais surtout ne provoque plus aucune surprise sur le pauvre spectateur à moitié avachit. Heureusement que l’effrayant serviteur Veidt Smith, joué par l’excellent Reggie Nalder, réussi là ou le chien échoue.
Zoltan le chien sanglant de Dracula propose par contre quelques scènes et idées sympathiques. Le fait que Zoltan vampirise tous les chiens du parc de vacances afin de s’en faire une meute de morts-vivants est plutôt bien pensé et suffisamment exploité tout au long du film, ainsi que l’attaque sanglante d’un campeur isolé. L’assaut du chalet par la meute de chiens assoiffés de sang est également assez réussie, et le fait qu’elle ne dégage que peu d’agressivité et de tension est en partie comblé par l’aspect sonore et visuel la rende très agréable à regarder. Ce dernier point est d’ailleurs un des éléments clés de l’ambiance du film. En effet, la photographie nocturne parvient à donner au film lors de certaines séquences un caractère vraiment inquiétant.
Dommage que ces efforts soient ruinés par une musique atroce et insupportable (espérons que depuis ce film, les possesseurs de claviers Bontempi soient privés d’alcool avant les enregistrements), ainsi que par les scènes risibles durant lesquelles Veidt fait les gros yeux face à la caméra pour nous montrer qu’il donne des ordres au chien par télépathie. Les séquences qui s’intéresse à la vie en famille sont gnangnantes au possible, et l’on en vient rapidement à regretter que les attaques soient si rares… un vampire, chien ou pas, se doit de boire du sang.
Et ici, n’ayant pas vu trainer le moindre sac de croquettes Royal Sanguin, on se demande rapidement de quoi se nourrit la bête…
Malgré la présence du très rigide Michael Pataki (Halloween 4, The Bat People) et Jan Shutan, le casting est essentiellement composé d’inconnus sans grande expérience, ce qui se ressent à l’écran, même si l’ensemble n’est finalement pas si désastreux que ça. La faute en incombe plutôt à des personnages très peu inspirés, voir totalement inutiles, comme celui du chasseur de vampire. Il est donc difficile de s’attacher à l’un d’entre eux, même au fameux Michael Drake, dernier descendant de la lignée des Dracula quand même, ce n’est pas n’importe qui ! Ce point souligne d’ailleurs une grosse incohérence du scénario, puisque en tant que dernier rejeton d’une grande famille, ce dernier est tout de même père de deux enfants…
Zoltan le chien sanglant de Dracula est finalement un film en demi-teinte. Une production qui avait tout pour être sympathique, mais qui se retrouve plombée par un rythme mou, ainsi qu’un manque certain d’ambition et de moyens. Il reste tout de même quelques idées sympathiques et passages plutôt réussis à se mettre sous la dent, mais mieux vaut se trouver un autre os à ronger…
À découvrir également :
- Devil Dog: The Hound of Hell (Les Chiens de l’Enfer) – 1978 – Curtis Harrington
- El Retorno de Walpurgis (L’Empreinte de Dracula) – 1973 – Carlos Aured
- Prehysteria! – 1993 – Charles & Albert Band
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- The Hound of the Baskervilles (Le Chien des Baskerville) – 1983 – Douglas Hickox








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