El Perro (Les Crocs du Diable) – 1976 – Antonio Isasi-Isasmendi
Si le loisir préféré de quelques personnages de productions comme Les Chasses du conte Zaroff ou encore de Doberkiller est la chasse à l’homme, pimentée par la présence de chiens bien décidés à croquer le derrière du gibier humain, il est des personnes et des animaux dressés pour qui cela est un métier bien plus qu’un simple divertissement… quoique les deux ne soient pas incompatibles. La traque de prisonniers avides de liberté est en effet la spécialité du Berger allemand du film qui nous intéresse ici, Les Crocs du Diable, tout comme celle de Rattlers, le doberman vicieux de Mean Dog Blues ou encore plus récemment du Terminachien de Rottweiler.
Basé sur le roman Como Un Perro Rabioso de Alberto Vázquez-figueroa, Les Crocs du Diable, aussi connu chez nous sous le titre Le Chien en vidéo, a été réalisé durant les années 70 par Antonio Isasi-Isasmendi, à qui l’on doit des œuvres comme Meurtres au soleil, Les Hommes de Las Vegas ou encore Scaramouche. Si le film reprend en gros le principe d’une chasse à l’homme, il serait pourtant dommage de réduire cette production seulement à cela. En effet, le réalisateur dépeint ici un récit au background bien plus étoffé qu’à l’accoutumée. C’est sur fond de régime dictatorial en Amérique du Sud et de révolution sous-jacente que se déroule cette histoire d’un prisonnier politique pris en chasse par un garde et son chien.
Malgré tous ces évènements, Les Crocs du Diable se focalise donc dans un premier temps sur la fuite d’ Aristides Ungria, interprété par Jason Miller (L’Exorcist, L’Exorsiste : la suite, etc.), poursuivi sans relâche par Sancho et son Berger allemand. Pourtant, le fugitif va rapidement venir à bout du soldat, qui dans un dernier râle ordonne à son chien de tuer la proie après laquelle ils courraient. Ordre que le chien avide de vengeance ne va pas discuter…
Aristides prend donc la tangente, avec à ses trousses un animal animé d’une folie meurtrière incontrôlable. Les affrontements seront nombreux et exténuants pour l’homme, qui devra parcourir des kilomètres dans la nature nu comme un ver. Son aventure sera parsemée de rencontres plus ou moins heureuses, notamment en la personne de Muriel, jouée par Lea Massari (La Septième cible, Le Christ s’est arrêté à Eboli, Repérages, etc.), ou un groupe de révolutionnaires prêt à agir envers le dictateur que le peuple surnomme « le chien ». À noter dans le casting, la présence de Eduardo Calvo (La Venganza de la momia, Santo Strikes Again, L’Empreinte de Dracula, etc.).
Pendant ce temps, inlassablement le chien est sur ses traces, passant régulièrement à l’attaque, s’en prenant également aux personnes qu’Aristides a approchées…
Sous couvert d’une simple traque, Antonio Isasi-Isasmendi en profite donc pour plonger le dernier tiers de son film au beau milieu de la révolution qui débute, durant lequel l’action est délaissée au profit d’une réflexion sur les événements qu’endure le pays. Le rythme devient alors beaucoup moins soutenu, et le film s’étire alors un peu en longueur. Beaucoup de dialogues, quelques rebondissements, une petite romance, mais où sont donc passés les crocs du Diable ? Le chien n’est pas bien loin et va finir par réapparaitre, mais contrairement à ce que l’on pouvait espérer, ces apparitions manquent un peu de mordant… et ce jusqu’au final assez convenu.
Les séquences de traque et de confrontation entre l’animal et le fugitif sont très efficaces, la mise en scène énergique, appuyée par une très belle bande-son, donne un impact non négligeable aux assauts du chien féroce. Aristides semble vraiment impuissant face à une telle rage, aspect accentué au début par la nudité de celui-ci, dont la chasse aura une incidence néfaste sur son mental. Sera-t-il capable de mener à bien la mission qui lui est confiée ? Côté effets spéciaux rien de bien notable, quelques blessures et quelques tirs d’armes à feu, et en ce qui concerne le chien, un animal dressé est utilisé tout au long du film, accentuant ainsi le réalisme de l’ensemble. Les Crocs du Diable s’avère au final être un film intéressant, proposant une approche beaucoup plus travaillée qu’une série B lambda consacrée à des chiens tueurs, il est juste dommage que le récit s’enlise un peu durant le dernier tiers. Toute la première partie ravira par contre les amateurs de chasse à l’homme et de chiens dressés pour tuer, et en ce sens Les Crocs du Diable est autrement plus réussi que le Rottweiler de Brian Yuzna, bien que dans un genre similaire j’ai par contre une petite préférence pour Mean Dog Blues.
À découvrir également :
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