Glass Trap (L’Attaque des fourmis géantes) – 2004 – Fred Olen Ray
Il y a des soirs où la pendaison semble être une option intéressante. Surtout si on nous propose comme seule alternative le visionnage d’un téléfilm tel que Glass Trap, réalisé par l’affreux Fred Olen Ray, dont les réalisations sont très proches de celles de Wynorski, et plus si affinité… Décidément tout pour plaire. Globalement l’histoire hyper alambiquée sera un ersatz de huis clos dans un building, dont l’équipe de production n’aura réussi à louer qu’une dizaine de pièce. Ce n’est pas ici qu’on verra du pays en somme. Une poignée de mauvais acteurs se retrouve donc coincée dans ces quelques lieux de tournage avec des fourmis géantes. Mais ne vous attendez pas à des monstros de la taille des insectes mutants de Them!, les fourmis ayant ici plutôt la taille d’un clébard, et encore un clébard malingre. Le semblant d’histoire ne comporte bien évidemment aucun réel intérêt, et aucune tension dramatique ne viendra épicer tout ça, ce film n’est qu’une succession de riens du tout enchaînée à des pas grand chose…
En gros des mecs amènent des plantes dans un building, plantes qui viennent elles mêmes d’un cargo où un bidule radioactif a fait muter des fourmis. Alors d’entrée de jeu, comment les fourmis atterrissent dans le pick up ? Elles sont tout de même suffisamment grosses pour ne pas passer inaperçu dans un thuya. Quand ça commence comme ça, il est évident que tout le reste sera à l’avenant.
Ordinairement filmé, à croire que la caméra a été posée dans un coin, le bouton « rec » en marche, et que tout l’équipe se soit barrée manger des sandwichs aux pruneaux pendant ce temps, laissant les protagonistes peineux au milieu de tout ce bordel. Ne parlons pas de la profondeur de chacun de leurs rôles, tant dans la nature psychologique des personnages, que de leur capacité à donner plus de relief qu’une discussion entre deux huîtres à leurs lignes de dialogues. Mais le pire reste sans aucun doute les effets spéciaux. Avec un peu de carbone 14 on peut certainement les situer entre le mésozoïque et le paléozoïque : les CGI de cette production sont une offense au regard, et les affreux de l’équipe technique n’ont pas hésité non plus à utiliser quelques marionnettes ridicules, prêtant à sourire dans un premier temps, avant que ce sentiment ne laisse place à une sensation de déprime aiguë.
Quelques attaques restent bien sympathiques et assez sanglantes, mais très honnêtement, les amateurs n’y trouveront pas vraiment leur compte. Certains passages sont d’ailleurs vraiment bâclés : on ne voit pas de traces de morsures là où il devrait y en avoir, et les victimes se contentent de se déhancher comme si elles étaient prises d’une chiasse fulgurante en se cramponnant à leur exemplaire de fourmi géante.
On apprendra grâce à ce superbe film scientifiquement renseigné, que les fourmis cro-ondent, qu’elles n’aiment pas le hard rock, mais qu’en revanche elles apprécient le café bien sucré. Y’a pas de reine dans ce bastringue, mais qu’importe, elles font des montagnes d’œufs et elles se multiplient comme des petits pains, toujours plus nombreuses, toujours plus mal faites et ridicules.
Un grand n’importe quoi du début à la fin, proposant des situations risibles et mal exploitées, même si sur la fin, l’intervention des forces spéciales de je ne sais quoi, apportent un peu d’humour à tout cela à travers le personnage du chef des opérations (Martin Kove, déjà aperçu dans Crocodile 2 : Death Swamp). Le manque de moyen, la faiblesse de la mise en scène et le manque de direction d’acteurs plus que flagrant, s’ajoute à tout le reste, nous portant ainsi le coup de grâce pour une bouse qui n’en valait vraiment pas la peine. Économisez 1h30 et regardez un documentaire animalier à la place.
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