Jurassic Park – 1993 – Steven Spielberg
Avec ce premier volet d’une saga visuellement impressionnante, Steven Spielberg ne s’est pas contenté de réaliser une oeuvre se reposant uniquement sur ses effets spéciaux révolutionnaires, le film va en effet permettre au réalisateur de nous prouver une fois de plus qu’il est capable de rendre honneur aux écrits dont il s’inspire. Il l’avait déjà prouvé de belle manière avec son adaptation de Les Dents de la mer, et ici s’inspirant du best-seller de Michael Crichton : Jurassic Park, il double la mise. L’énorme succès rencontré par le film lors de sa sortie en salles et l’aura qu’il dégage encore aujourd’hui n’ayant rien perdu de sa splendeur, en font en quelques sorte un des classiques du genre, ayant également engendré non seulement plusieurs suites officielles mais aussi bon nombre de copies plus ou moins réussies comme la série des Carnosaur par exemple, aux budgets généralement bien moins important voir quasiment inexistant en ce qui concerne certains titres… comme l’exemple français qu’est Dinosaur From the Deep.
Sous couvert d’une histoire assez peu originale, puisque la mise en avant d’espèces disparues ou inconnues aux yeux du grand public avait déjà été vu au cinéma, et ce depuis Le Monde perdu en 1925, sans oublier bien entendu le célèbre King Kong ou encore La Vallée de Gwangi, l’idée d’un parc d’attraction à thème est elle un peu plus novatrice. Ce zoo du mésozoïque peuplé de sauriens pourrait en effet rapporter à son créateur une immense fortune, mais aussi permettre à des millions de visiteurs de réaliser un vieux rêve d’enfant. L’aspect scientifique de la chose est à peine survolé durant une petite visite dans le centre, mais a le mérite d’exister, mettant en avant une situation probable, qui fait mouche malgré une vulgarisation un peu poussive, car au final on retiendra surtout du film sa partie aventure au rythme soutenue et ses scènes d’action impressionnantes. Difficile en effet de ne pas succomber au charme du film, même si l’aspect familial cher au réalisateur pourra en rebuter certains, qui est d’ailleurs le seul reproche que je pourrais faire à Jurassic Park.
Au côté de ces enfants un peu chiants à la longue, le casting est lui par contre une belle réussite, surtout grâce à la présence de l’excellent Jeff Goldblum (La Mouche, L’Invasion des profanateurs,…) dans son rôle du Dr. Ian Malcolm.
Ce dernier est bien épaulé par les performances très correctes de Sam Neil (L’Antre de la folie, Event Horizon, Jurassic Park 3,…) et de l’extravaguant Richard Attenborough jouant ici le scientifique John Hammond qui est derrière toute l’histoire. Les acteurs sont dirigés de main de maître et le talent de conteur de Spielberg est toujours là, parvenant à scotcher le spectateur dans son siège… Le thème de la revanche de la nature sur l’homme est ici bien évidement mis en avant, l’espèce humaine ressuscitant ici des espèces que la nature avait fait disparaître quelques millions d’années avant recréant ainsi un monde (enfin limité à une réserve ici) où les faibles ne peuvent que périr et la supposée domination de l’homme sur la nature en prend un sacré coup, mais ce sont également les progrès de la science qui sont montrés du doigt, en contrôlant l’A.D.N. l’homme tend ainsi à prendre la place de l’entité Nature elle-même (ou de Dieu pour les chrétiens).
Venons en aux effets spéciaux qui sont tout simplement époustouflants et n’ont absolument pas pris une ride, un mélange détonant d’effets numériques et mécaniques bluffant de réalisme. Les dinosaures sont bien là, incrustés dans des décors somptueux, et leurs interactions avec l’environnement sont parfaites.
Un telle prouesse était unique jusqu’alors, bien entendu Terminator II avait ouvert la voie quelques années auparavant, mais la performance, bien que très réussi également n’atteignait tout de même pas la complexité à laquelle on assiste ici. Les apparitions du T-Rex sont à chaque fois un moment intense, d’effroi ou d’émerveillement à vous de voir, mais sans doute un mélange des deux. Sans être gore le film dégage tout de même une certaine violence, difficile en effet de faire autrement avec de tels prédateurs à l’écran, et sur ce point là Spielberg sait s’y prendre et nous le prouve de manière magistrale.
Fini le temps de Jaws ou à cause de problèmes technique le requin était caché le plus possible suscitant une peur bien plus suggérée, ici on déballe tout, et en plus d’être impressionnantes les scènes d’attaques dégagent toujours une férocité tétanisante. Les assauts du T-Rex et des raptors font mouche à chaque fois en ce qui me concerne. Les attaques sont d’ailleurs suffisamment diversifiées pour ne pas lasser le spectateur, même si avec un peu de recul on se dit que cela aurait encore pu être amélioré, mais la première poursuite entre les Tyrannosaure et les humains ou encore l’assaut des raptors près du centre sont suffisamment haletantes pour nous faire oublier le reste.
Alors que nos protagonistes sont traqués par les dinosaures, la vie semble tranquillement suivre son cours sur l’île, les bestioles titanesques s’intégrants parfaitement à l’environnement de l’île, comme si ces derniers n’avaient jamais disparus de la surface de la Terre. Le film alterne donc entre des séquences d’action et de terreur et des passages plus calmes, presque poétiques comme lorsque nos « proies humaines » se réveillent en même temps que la nature environnante et que de paisibles brachiosaures grappillent tranquillement des feuilles sur les immenses arbres.
Un coup de maître qui pour le moment est vraiment plusieurs crans au-dessus des deux suites officielles sorties : Le Monde perdu : Jurassic Park et Jurassic Park 3.
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