Leviathan – 1989 – George P. Cosmatos
On le sait tous, Alien le huitième passager est une des références cinématographiques les plus copiées au même titre que Les dents de la mer. Depuis sa sortie en 1979 (pour Alien), une tripotée de businessmen attirés par l’appât du gain ainsi que de tâcherons en manque de créativité se sont avisés à piller ce chef d’œuvre glauque et claustrophobe maintes et maintes fois, pour le meilleur et pour le pire (le pire, dans 88% des cas). Comme je l’ai déjà dit sur ma critique de The Relic, ses ersatz ne se comptent plus.
Leviathan est un de ceux-là, mais dans un contexte aquatique au même titre que Deep Rising, Deepstar Six ou encore Virus et ses bestioles robotisées. Ici, une station de forage sous-marine remplace le cargo spatial Nostromo et la base d’Achéron tandis que l’épave du vaisseau alien, la source de tout ce bordel, passe le relais au navire soviétique gisant depuis la guerre froide au fond de la mer. Malgré son côté pompeux qui pioche à tout va dans les références du genre (The Thing de John Carpenter, La mouche de David Cronenberg, Abyss de James Cameron…), Leviathan se révèle être une bonne petite série b qui ne pète pas plus haut que son cul, et qui n’a pour ambition que de nous faire passer un bon moment (et faire rentrer un peu plus d’oseille au studio, mais ne chipotons pas, nous y sommes habitués). En tant que recyclage assumé de l’œuvre de Ridley Scott, Leviathan nous glisses deux/trois clins d’œil sur son modèle, comme la blague d’un des protagonistes avec une araignée de mer qui ressemble énormément à un facehugger.
Petite parenthèse : À l’origine, le Léviathan est un monstre colossal évoqué dans la bible, au même titre que le kraken. D’après les légendes, cette créature était si grande qu’elle provoquait des catastrophes naturelles rien que par sa présence. Il lui suffisait d’agiter les flots tout près d’une terre habitée pour la submerger sous un tsunami. Le titre du film qui nous interesse ici est légèrement mensonger, puisque le Léviathan est le nom de l’épave du cargo soviétique d’où jailliront les créatures des profondeurs.
En ce qui concerne l’origine des créatures, on n’en saura pas grand chose si ce n’est que les chercheurs russes ont un peu abusé de la génétique (Rah, la connerie humaine) puis ont préféré faire sauter leur vaisseau plutôt que de répandre la maladie subaquatique… jusqu’à ce que l’équipe de mineurs américaine découvre l’épave et ne ramène dans la station un coffre-fort contenant le journal de bords ainsi qu’une poignée de babioles, dont une fiole de vodka qui causera la perte du quart des pecnots des grands fonds.
Oui, la cause de toutes leurs emmerdes vient d’une malheureuse fiole de vodka. Seuls Sixpack et Bowman, les personnages de Daniel Stern et Lisa Eilbacher, goûteront à ce breuvage du diable.
Les symptômes ne se font pas attendre : pertes capillaires, démangeaisons, migraines, maux de ventres, pâleur corporelle… jusqu’au décès de Sixpack et au suicide de Bowman que les autres protagonistes retrouvent tous les deux, le corps « fusionné » en un seul. Pas trop rassuré à l’idée de partager la station avec deux morts qui n’en font qu’un, le reste de l’équipe préfère bazarder le tas dans la flotte. Ils y parviennent, mais non sans sueur froide : une créature bizarroïde s’agite dans le corbillard, griffe l’un des chercheurs au ventre avant d’être remis à la mer…
Le reste du casting se croit ensuite à l’abri… ben non, la bestiole a laissé des séquelles dans la base, et nos héros vont devoir épauler chalumeaux et tronçonneuses pour rester en vie, tout ça sans compter la sournoiserie de Dame nature et l’hypocrisie des bureaucrates de la surface (Quelle salope cette Martine !). Tout un programme, vous dis-je.
L’équipe de mineurs se compose de six hommes et deux femmes. Certains clichés y sont rassemblés tel le macho de service incapable d’aligner trois phrases sans balancer une blague de cul, la romance entre le leader et la belle fille de l’histoire, mais pas de quoi s’arracher les cheveux, c’est juste le minimum syndical. Durant quarante minutes « gentiment » longuettes, le réalisateur prend son temps pour nous décrire les vies et les mœurs de ses persos, plutôt immatures il faut le reconnaître. Mais à partir du moment où les choses commencent à se gâter, les protagonistes abandonnent les vannes pas drôles et se concentrent d’avantage sur comment ils vont sauver leur peau.
Le casting est très correct et s’en sort sans trop de casse en dépit de la banalité des dialogues. En tête d’affiche de ce petit groupe hétérogène, on se coltine Peter Weller, Robocop himself, toujours charismatique, souvent cantonné aux rôles de leader (Terreur à domicile, Planète hurlante, The Order…). À ses côtés, on retrouve le défunt Richard Crenna (bien connu pour son interprétation du colonel Trautmann dans les 3 Rambo) ainsi que Ernie Hudson (récemment boulotté dans Shark Attack après un défouraillage bourrin sur les gorilles de Congo). Quelques plans gores parsèment, dont le meilleur passage est la mort du personnage de Michael Carmine, agressé par une énorme sangsue qui lui pénètre le ventre et le vide à petit feu sous les yeux d’un Ernie Hudson horrifié.
En ce qui concerne les bestiaux du métrage, on ne les voit quasiment pas, si ce n’est brièvement à la fin du film. La plupart du temps, il s’agit d’un tentacule denté qui surgit d’un coin sombre ou d’une forme « lovecraftienne » qui se déplace dans le noir. Le réalisateur a pris soin de nous les montrer le moins possible ; choix judicieux vu que ses créatures, dans leur intégralité, évoquent les gros monstres lourdauds des Power rangers. Difficile à croire qu’elles soient l’œuvre de John Rosengrant, qui a déjà bossé sur les monstres des sagas Alien, Predator, Terminator, Jurassic Park, L’ombre et la proie, Congo, Doom…
La physionomie des bestioles est assez complexe. Elle infeste le système sanguin de son hôte et peut se régénérer quand bon lui semble, et au-delà même de l’improbable. Si on lui tranche un membre, ce dernier devient une créature à part entière (exemple : la sangsue s’échappe de la jambe coupée des corps fusionnés).
Pour finir, Leviathan n’est rien de plus qu’un bon divertissement à se regarder entres potes.
À découvrir également :
- Of Unknown Origin (Terreur à domicile) – 1983 – George P. Cosmatos
- DeepStar Six (M.A.L. : Mutant aquatique en liberté) – 1989 – Sean S. Cunningham
- Razortooth (Leviathan) – 2007 – Patricia Harrington
- Food of the Gods II (La Malédiction des rats) – 1989 – Damian Lee
- Sangue negli abissi (Deep Blood) – 1989 – Joe d’Amato








Commentaires