Man’s Best Friend (Max, le meilleur ami de l’homme) – 1993 – John Lafia
Basé sur un récit que l’on pourrait comparer à celui du film Cujo, Max, le meilleur ami de l’homme va cependant user d’une approche un peu différente puisque la sauvagerie de l’animal n’est pas causée ici par la rage, mais bel et bien dictée par des expériences scientifiques visant à accroître les capacités de l’animal. L’histoire lorgne en effet plutôt du côté de celle de Watchers. Entre la bestialité à l’état naturel et celle causée par l’intermédiaire des hommes, le réalisateur a choisi son camp malgré une approche un peu légère du problème, qui fait que l’on a finalement l’impression de regarder une version un peu plus mordante du film familial Beethoven…
Dénoncer l’atrocité des expériences commises sur les animaux au nom de la science aurait mérité un traitement un peu plus sérieux. John Lafia (Les Rats, Chucky, la poupée de sang, etc.) se dérobe à cette approche en préférant créer une atmosphère tirant vers la comédie horrifique. Difficile en effet de se retrouver complètement impliqué dans ce récit qui se focalise sur une arme mortelle et surpuissante, dont on se souviendra seulement comme d’un chien capable d’uriner de l’acide, de tirer une chasse d’eau, de grimper aux arbres pour y gober un chat ou encore d’aller « violer » la chienne de la voisine…
Car Max est un chien génétiquement modifié, qui possède les aptitudes de nombreuses autres espèces animales dont les A.D.N. ont été combinés au sien. Additionnées à une force et une intelligence prodigieuses, ces capacités font de lui l’arme ultime, un prédateur parfait.
L’idée est plutôt intéressante, mais malheureusement sous-exploitée par le réalisateur qui préfère privilégier l’aspect « fun » aux éléments horrifiques. Pourtant, ces derniers ne sont pas absents du métrage, les attaques de Max sont bien mises en scènes et dégagent une certaine sauvagerie, et l’aspect du chien tueur, à la manière de Cujo, finit par devenir véritablement effrayant. En ce sens, les effets spéciaux et maquillages, qui sont l’oeuvre de Kevin Yagher, sont de très bonne facture, et si le sang ne coule pas à flots, quelques séquences saignantes sont tout de même au menu. Mais ici encore la morale est sauve, puisque le chien ne va attaquer que des personnes qui le méritent… les vilains de service, ce qui renforce l’aspect attachant de cet impressionnant Dogue du Tibet. Du côté des acteurs pas de surprise non plus, Lance Henriksen et Ally Sheedy sont limités par l’aspect très caricatural de leurs personnages, et il en est de même pour tous les seconds rôles.
Au final, Max, le meilleur ami de l’homme est une petite série B plutôt ratée, oscillant sans cesse entre le bon téléfilm familial et le film d’horreur gentillet, sans jamais vraiment trouver ses marques. Si quelques séquences parviennent tout de même à faire naître une certaine angoisse, les moments effrayants se comptent sur les doigts d’une main atrophiée, qui font qu’il est préférable de se tourner vers ses deux modèles que sont Watchers et Cujo pour les plus grands, et Beethoven pour les enfants…
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