Minotaur – 2005 – Jonathan English
Variation sur l’histoire de Thésée contre le minotaure, cette production diffusée par Sci-Fi Channel pour la télévision et Lions Gate pour une sortie en salle est au final bien plus réussie que ce que l’on pouvait en attendre alors que l’on mettait son DVD dans le lecteur. Il y avait pourtant de quoi avoir un peur pour peu que l’on ait visionné quelques uns des titres proposés par Sci-Fi sur le thème des monstres légendaires comme Cerberus ou encore Manticore, films divertissants, mais plutôt rigolos et mal foutus que réussis. On sent qu’ici le projet a bénéficié de fonds financiers plus importants, et ceux malgré divers problèmes survenus durant le tournage, l’un des principaux producteurs ayant quitté le projet en route. Outre cet aspect financier qui se ressent tout au long du film quand à la qualité des costumes, décors et effets spéciaux (on pourrait tout de même chipoter un peu sur ces 3 points en y regardant de près), cette production est bien plus « déviante » que ce que nous avons l’habitude de voir sur Sci-Fi, sans tomber dans l’excès inverse non plus, mais on assiste mine de rien à quelques plans bien sanglants et quelques passages sexy plus poussés qu’à la normal (sans parler d’un roi qui sniffe du gaz à travers des ossements, enfin il faut le voir car ce n’est pas simple à imager), ce qui n’est pas pour nous déplaire.
Gardien de mouton, Theo, joué par Tom Hardy (Star Trek : Nemesis), va donc être confronté à la bête mythologique, du moins une variante puisqu’il n’est plus question ici d’un hybride mi-homme mi-taureau, vénéré tel un dieu par le peuple conquérant dirigé par Deucalion, interprété par l’excellent Tony Todd (la série des Candyman, celle des Final Destination…) que l’on voit malheureusement trop peu à l’écran malgré son charisme certain.
Jeté au fond du labyrinthe avec d’autres habitants de son village, et bientôt rejoint par la sœur du roi, ces derniers vont tenter de survivre aux assauts meurtriers de la bête tout en cherchant un échappatoire à ce dédale. Présenté par son réalisateur comme une espèce de version préhistorique d’Alien, ce qui est un peu exagéré étant donné qu’a aucun moment on ne ressent une peur claustrophobique ou une sensation d’étouffement, et ce malgré le lieu de l’action caverneux, Minotaur se rapprocherait plus d’un titre comme The Relic pour son côté bourrin et décomplexé. Il est difficile également de ne pas déceler quelques influences tirées de Conan le Barbare (à travers le culte par exemple, ou son début un peu musclé dans le village) et bien entendu de Le Seigneur des anneaux (nottament le mino qui fait un peu balrog croisé avec une vache), même si à force ces clins d’oeils finissent par lasser de part leurs effets et traits un peu trop appuyés.
En ce qui concerne le monstre, ce dernier est vraiment réussi, mélange d’effets traditionnels et numériques, on se laisse vite prendre au jeu malgré quelques incrustations assez perfectibles par moments et un manque de détails sur le corps de la créature. Si les décors « hors labyrinthe » font bien illusion, les grottes elles-mêmes ne sont pas irréprochables, on se rend vite compte que tout a été tourné en studio avant que la lassitude nous gagne faute d’un peu de diversité. Heureusement donc que le film est très rythmé et que les attaques sont nombreuses et plutôt violentes. On y voit entre autre quelques litres de sangs asperger les murs, un crâne transpercé par une corne, quelques corps embrochés, bref de quoi satisfaire le spectateur venu chercher un peu de spectacle.
Minotaur rempli parfaitement sont rôle de bonne série B bien bourrine et divertissante, qui si elle n’évite pas tous les clichés inhérents au genre des creature features à au moins le mérite d’aller un peu plus loin que ce que l’on nous propose actuellement dans ce créneau là.
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