Prophecy (Prophecy : Le monstre) – 1979 – John Frankenheimer

23/12/2009 nachthymnen Commenter Allez aux commentaires
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Prophecy

Prophecy
Aka : Prophecy : Le monstre, Prophecy: The Monster Movie
Genre : Ours au mercure

USA, 1979, 102 min
De John Frankenheimer
Avec Robert Foxworth, Talia Shire, Armand Assante, Richard A. Dysart, Victoria Racimo, etc.


Un endroit reculé du Maine, dans lequel une immense papeterie prospère, devient les préoccupations principales d’un médecin et de sa femme, envoyées sur place afin d’établir un rapport quand aux évènements étranges qui se déroulent dans le coin. Le docteur Robert Verne va rapidement découvrir que quelque chose de louche se cache ici, après être tombé nez à nez avec un têtard de la taille d’un avant bras, un saumon d’un mètre cinquante, ou encore de fœtus décharnés. Les indiens parlent d’une créature vengeresse, Catadine, qui ferait payer aux hommes blancs le mal qu’ils ont infligé aux natifs et à la forêt…

prophecy04S’il est plutôt étonnant de retrouver le nom de John Frankenheimer (The Iceman Cometh, Grand Prix, Birdman of Alcatraz, etc) derrière un titre comme Prophecy, film de commande initié par la Paramount, cela laissait pourtant augurer dans un premier temps une vision assez particulière du film de monstre, à travers un savoir faire et une approche personnelle propre à son réalisateur. Mais le cinéaste renie d’ailleurs plus ou moins ce titre, préférant ne pas aborder le sujet et mettant cet échec selon lui, sur le compte d’une période où il était en dépression et d’un scénario bancal, manquant au final cruellement d’originalité.

C’est David Seltzer, scénariste de La Malédiction ou du documentaire Des Insectes et des hommes, qui signe ici la trame de Prophecy, qu’il adaptera d’ailleurs en roman cette même année 1979. Sur fond de superstitions indiennes et de réflexions écologiques liées à la présence d’industriels peu soucieux de la protection de leur environnement, le script qui nous est proposé ici, rappelant d’ailleurs étrangement celui de Morsures sorti à la même période, est des plus classiques, balisé comme une piste d’atterrissage et comportant de nombreux clichés propres au genre. Pourtant, si Prophecy n’est certainement pas la surprise attendue, le film s’avère être une série B très divertissante, à la réalisation efficace et dotée d’un casting assez solide.

En effet, la présence à l’affiche d’acteurs comme Robert Foxworth (It Happened at Lakewood Manor, Airport 77), Talia -Adriiaaaannnnn- Shire (les séries des Rocky et des The Godfather), ou encore Richard A. Dysart (The Thing, Meteor) contribue de manière positive au film grâce à leur interprétation convenable de leurs personnages, permettant un instant d’oublier l’aspect caricatural de ces derniers. La partition sonore que l’on doit à Leonard Rosenman s’allie de manière assez agréable aux magnifiques décors mis en valeur par une belle photographie, et si la mise en scène efficace de Frankenheimer parvient à faire illusion lors de certains passages, les apparitions du monstre sont loin d’être aussi réussies…

L’ours mutant est dans un premier temps étrangement absent de l’écran, les seuls signes liés à une mutation sont présentés à travers d’autres découvertes toutes aussi écoeurantes. D’un gros têtard en plastique aux fœtus décharnés en latex recouvert de slime, en passant par une attaque de ratons laveurs hystériques, la nature n’est effectivement pas très accueillante dans cet endroit reculé… prophecy06Une fois Catadine identifié, on comprend alors pourquoi le réalisateur préférait ne pas abuser d’images de ce dernier. L’animal n’est autre qu’un ours gigantesque, représenté par un homme en costume aux déplacements patauds et peu réalistes, et ce, malgré le fait que Frankenheimer ait engagé des danseurs de ballet enfin de donner plus de fluidité aux mouvements du monstre. Le maquillage de l’ours altéré par l’effet du mercure sur son métabolisme est assez repoussant, comme si sa peau avait été retournée, mais l’ensemble est singulièrement figé, manquant cruellement d’expressions et accentuant l’aspect grotesque de ce dernier.

Malgré la force phénoménale de la créature, les mises à mort sont peu impressionnantes et peu sanglantes. La mise en scène est souvent illisible, les angles de caméra choisis, destinés à rendre l’ours plus grand et plus menaçant qu’il n’y parait, nuisent à la compréhension de ces séquences, plus souvent hilarantes qu’effrayantes. La manière dont l’un des enfants d’un randonneur est tué, est certainement l’un des passages les plus amusant qu’il m’ait été donné de voir au cinéma ! (En cadeau, voici cette vidéo !)

Heureusement certaines scènes sont d’un tout autre niveau, outre une introduction classique mais relativement efficace, quelques passages dégagent une réelle intensité. L’attente dans les galeries souterraines, alors que le silence ambiant est déchiré par les hurlements des victimes et les grognements affreux du monstre, sans que l’on assiste aux moindres images de ce massacre est une très belle réussite. Le silence pesant des réfugiés mis face à leurs responsabilités est éloquent… La traversé nocturne de la forêt apporte également une tension des plus palpable, grâce entre autre à une ambiance sonore et un éclairage qui rendent ce périple effrayant…

prophecy09Sans être exceptionnel ni très original, Prophecy s’avère être une divertissement plus qu’honnête et amusant, qui ne dépareille pas des productions du genre à la même époque. Pour ses paysages, son casting sympathique, sa bande son et ses quelques scènes réussis, le film mérite tout de même qu’on lui accorde une chance. Dommage par contre que le monstre soit partiellement raté, mais pour les quelques fous rires qu’il apporte il serait idiot de s’en priver…

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Categories: Animaux tueurs, Ours
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