Raptor Island – 2004 – Stanley Isaacs

03/02/2010 nachthymnen Commenter Allez aux commentaires
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Raptor Island

Raptor Island
Genre : Lorensaurus

USA, 2004, 89 min
De Stanley Isaacs
Avec Lorenzo Lamas, Steven Bauer, Hayley DuMond, Michael Cory Davis, Peter Jason , etc.


Non loin des côtes chinoises, un groupe de terroristes menace de tuer plusieurs otages américains retenus prisonniers à bord d’un navire clandestin. Envoyé sur place, un commando de la marine américaine est chargé de mettre fin à leur chantage. Mais les lieux n’abritent pas que des terroristes… des créatures féroces et mortellement dangereuses sont aux aguets.

S’il y avait de quoi être suspicieux quant à l’intérêt de ce Raptor Island, resucé récent qui emprunte nombreuses idées au mythique Le Monde perdu ou encore à l’excellent Jurassic Park de Steven Spielberg, le résultat à l’écran est au-delà de toute attente ! Une purge qu’il sera difficile d’oublier par la suite tant tout y est risible et incohérent.
Pourtant, si l’idée d’envoyer un groupe de militaires armés, poursuivant des terroristes sur une île peuplée de dinosaures avait de quoi séduire, et pourquoi pas donner une série B bien bourrine et jouissive, le résultat est accablant, et le film indigeste.

raptorisland01Comment cela est-il possible ? Voici quelques éléments de réponse… il s’agit déjà du premier film de son réalisateur (ça n’excuse pas tout non plus hein !), Stanley Isaacs, producteur entre autres du mitigé Megalodon, qui profite de l’évènement pour s’entourer d’une belle équipe de choc. En effet, les effets spéciaux numériques sont concoctés par Dan Dipierro, qui a priori a bien régressé depuis son travail sur le suscité Megalodon, à moins que sa station de travail soit tombée en panne et qu’il ait dû tout finaliser sur son vieil Atari. À la caméra, on retrouve une personne qui ne nous est pas inconnue, David Worth ! Comment oublier le nom de celui qui est responsable des Shark Attack 2 et 3, et qui nous offre ici de nombreuses scènes d’action, filmées caméra à l’épaule de manière à accroître l’immersion et le réalisme… ce qui aurait pu fonctionner à merveille si le récit s’était déroulé sur un navire, tant les saccades et les ralentis intempestifs donneraient envie de vomir même à un capitaine chevronné de la marine.
Ajoutons à cela un casting comptant pourtant des noms comme Steven Bauer (Scarface) ou celui de Lorenzo Lamas (Renegade, Dark Waters, Deep Evil…), dont la carrière déjà peu glorieuse frise décidément le zéro absolu en ce qui concerne le choix de ses rôles. Au même titre que leurs compagnons d’aventure, ces derniers jouent sans aucune conviction des personnages plus que superficiels, qui ne s’étonnent d’ailleurs même pas d’être de nos jours confrontés à des représentants d’une espèce disparue il y a des millions d’années…

En effet, nos joyeux compères débarquent sur une île perdue, sur laquelle toute transmission radio est impossible, et, comme l’indique le titre, peuplée de raptors. Un semblant de scénario, sous la forme mal modélisée d’un avion en CGI, transportant du matériel radioactif dans une caisse en bois (car comme tout le monde le sait, c’est ce qui protège le mieux), qui s’écrase 40 ans auparavant sur cette même île. Et c’est tout ! Ben oui, ça n’explique en rien l’apparition soudaine de dinosaures, ni la transformation qu’a subi cette forêt insulaire, maintenant composée à 99% de conifères et qui ferait passer le moindre Jardiland pour une forêt tropicale plus vraie que nature.

Des militaires, des terroristes basanés, des dinosaures affamés, que pouvait-il bien manquer au tableau ? Un T-Rex qui apparaît quand bon lui semble ? Vendu ! Une éruption volcanique, qui creuse des sillons de lave aussi vite qu’un gros coup de gomme sous Photoshop ? Vendu aussi… raptorisland02Décidément, l’endroit est bien peu accueillant, ce qui a sans doute provoqué la fuite des scénaristes (on me souffle que l’un d’eux n’est autre que le réalisateur, mais quand on voit le résultat final c’est à se demander s’il était bien présent sur le tournage), puisque l’histoire n’a ni queue ni tête… contrairement aux raptors. Ces derniers sont en effet plus que représentés à l’écran, tous identiques graphiquement et aux mouvements plus que limités. Comme dans un vieux jeu vidéo, ces derniers n’ont en effet qu’une petite palette d’animations à leur disposition : courir, « picorer », ouvrir ou fermer leur gueule, et très important, tomber sur le côté lorsqu’ils meurent. Cette rigidité ne facilite donc pas les interactions risibles avec les décors ou les acteurs, ni avec les impacts de balles dont ils sont la cible, absents ou non d’un plan à l’autre, ces derniers sont d’un ridicule encore jamais observé même dans la pire production Sci-Fi ou Nu Image. Les plans du nid des raptors sont affligeants, la même image revenant sans cesse, à peine animée et dotée de couleurs douteuses, les éclairages changent d’un plan à l’autre, quand ce n’est pas le décor lui-même qui est remplacé par un autre, bref la liste des atrocités est sans fin.

raptorisland03Heureusement, Lorenzo ne perd pas le nord dans ce foutoir, il va très vite découvrir que s’il imite Schwary dans le film Predator en se recouvrant de boue, les raptors ne le voient plus ! Il va donc profiter de cette feinte inattendue pour aller faire exploser le volcan à l’aide de 4 charges explosives, laissant pour morte la fille qu’il était venu secourir…
Mais seulement assommée, cette dernière, avec l’aide d’Azir, le chef des méchants qui ne sert à rien depuis le début du film, va finalement retrouver le beau militaire et s’échapper avec lui avant que l’île entière n’explose…
Oups ! J’ai raconté la fin ? C’est pour votre bien, cela vous évitera alors d’avoir à jeter un œil à Raptor Island (sauf pour les plus téméraires bien entendu), vous ne m’en remercierez jamais assez… Absolument invraisemblable et d’une crétinerie à faire pâlir un vampire albinos, Raptor Island est très loin d’être la petite série B que le laissait supposer la jaquette et le synopsis. Lorgnant bien plus vers le Z de bas étages, il n’y a pas grand-chose à en sauver, à part peut être quelques plans un peu sanglants et deux ou trois fou rires nerveux. Cette production parvient sans peine à rejoindre Savage Planet dans le panthéon des plus mauvais films distribués par Sci-Fi Channel, et croyez-moi ce n’est pas rien. Une suite tournée en 2006, intitulée Raptor Island 2 : Planet Raptor, mettant en scène on ne sait encore comment le fameux Azir pourtant mort ici, devrait bientôt pointer le bout de son museau… Le nom du sympathique Gary Jones (Mosquito, Spiders, Crocodile 2, …) en tant que réalisateur laisse en tout cas entrevoir un peu d’espoir…

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Categories: Animaux tueurs, Dinosaures
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