Rats notte di terrore (Les Rats de Manhattan) – 1984 – Bruno Mattei

23/01/2005 nachthymnen Commenter Allez aux commentaires
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Les Rats de Manhattan

Rats Notte di terrore
Aka : Les Rats de Manhattan, Rats Night of Terror
Genre : Holocauste nucléaire

Italie, 1984, 97 min
De Bruno Mattei
Avec Ottaviano Dell’Acqua, Geretta Geretta, Massimo Vanni, Richard Cross, Ann-Gisel Glass , etc.


Une ville abandonnée, les signes d’une technologie avancée, des cadavres mutilés qui jonchent les rues. 225 ans après la bombe, des survivants décident de demeurer là, mais bientôt les rats pullulent et ils doivent se battre contre ces répugnantes bêtes énormes et meurtrières. La lutte s’avère inégale et les rares rescapés iront jusqu’au bout de l’horreur pour découvrir qu’ils ont engagés une lutte à mort avec des mutants.

ratsnotte05Hilarant ! Voila ce qu’il ressort de la vision de ce film improbable réalisé par Bruno Mattei, déjà à l’origine du risible Cruel Jaws, célèbre réalisateur italien adulé par les fanatiques de série Z ou B qui tâchent comme du gros vin. Si les rats étaient jusque-là apparus sur nos écrans de manière plutôt effrayante et réussie, à travers des titres comme le très noir Willard, l’amusant Soudain… les monstres et ses rongeurs gigantesques ou encore le sanglant Les Rats attaquent, l’Italie ne s’était pas encore intéressée à ces animaux dans ses innombrables rip-off de films d’agressions animales. Thème croisé avec celui des nombreux titres à tendance postapocalyptique (il suffit ici de remplacer les punks motorisés par des rongeurs) qui encombraient alors les rayons des vidéo-clubs. Pourquoi en effet ne pas profiter d’un certain engouement pour ces deux genres afin d’appâter plus de spectateurs potentiels ?
L’histoire de Les Rats de Manhattan n’a en soi rien d’original, puisque le script reprend dans ses grandes lignes le récit du troisième tome, intitulé L’empire des rats de la célèbre trilogie des rats (enfin tétralogie en tenant compte de The City) de James Herbert, mais de là à s’imaginer que cela ait pu avoir une quelconque influence sur le processus de mise en chantier du film de Mattei

Outre son effet ravageur, comiquement parlant, permettant d’égayer les mornes soirées de l’ambassadeur (les Ferrero rochers c’est bon, mais on s’emmerde au bout de 5 minutes à discuter du dernier Woody Allen, un verre d’un cocktail sirupeux à la main, alors que quelques bières bien fraîches décapsulées à coups de dents et d’opinels tout en discutant d’un bon vieux Mattei possède une toute autre saveur…), difficile de dire ce qui nous attire dans Les Rats de Manhattan. ratsnotte09Malgré un budget des plus étriqués, Bruno Mattei délivre un film certes assez ringard, tourné dans des lieux désaffectés, mais qui s’en sort plutôt pas mal si l’on y réfléchit bien. Les ambitions du film ont de quoi faire rêver en tout cas, mais Mattei oblige, il va finalement falloir se contenter de bien peu… Des acteurs, aussi expressifs que les décors (minables). Des caricatures ambulantes au sort bien peu enviable. En effet, les hommes sont condamnés à rivaliser entre eux pour la place de mâle dominant, alors que les femmes poussent des hurlements hystériques du début à la fin du récit. Le tout saupoudré de répliques crétines et de discussions pseudo philosophiques sur l’intelligence des rats ou sur ce qui à amené la civilisation humaine à en arriver là.

D’effets spéciaux d’une ringardise affligeante, même s’il faut l’avouer certains maquillages et cadavres sont plutôt réussis. Mais en règle générale, les trucages sont totalement loupés : de l’espèce de mécanisme rigide qui représente des rats avançant inexorablement, aux faux rats en plastique, il n’y a rien à sauver ici. L’utilisation de vrais rats est également au programme, mais ces derniers, peinturlurés en noir afin de les rendre plus effrayants et balancés par poignées ou seaux entiers sur les acteurs, font naître chez le spectateur plus de pitié que de peur. Ces scènes, censées être angoissantes et atroces, ne le sont finalement que pour les pauvres rongeurs qui passent plus de temps à essayer d’enlever la peinture dont ils sont recouverts, à manger les graines déposées à même le sol pour les garder groupés, ou à éviter les pieds des acteurs qui passent dans le coin. Il est certain qu’un assez grand nombre de rats ont dû mourir lors du tournage vu la manière dont ils sont utilisés…

ratsnotte03Les Rats de Manhattan regorge de situations ineptes, même s’il est ici impossible de tout énumérer tant il y a matière à en écrire des pages complètes. Les Rats de Manhattan, malgré son étonnante simplicité, se révèle au final très confus à suivre. Le film est parsemé de moment frôlant pourtant l’illumination divine (ou l’internement psychiatrique) comme lorsqu’une des protagonistes lance un tonitruant : « - Bon Dieu ! Ils sont des milliers ! Ils vont nous bouffer le cul ! » (Notons ici que découvrir le film en VF est indispensable pour avoir droit à cette superbe réplique), avant que nous ne découvrions une petite trentaine de rats apeurés gigotant dans tous les sens… Il faut le voir pour le croire, et croyez-moi les scènes de ce calibre sont très nombreuses dans Les Rats de Manhattan…

Mais d’un certain côté, il est difficile de ne pas éprouver une certaine sympathie envers ce film. Certains aspects sont complètement risibles, mais quand on connaît un peu la carrière du réalisateur et l’histoire du Z transalpin, on en arrive presque à apprécier cette expérience cinématographique. Un moment privilégié qu’il est cependant conseillé de regarder avec quelques amis et de nombreuses bières bien fraiches au frigo. Les Rats de Manhattan reste en tout cas une curiosité à voir, ne serait-ce que pour la séquence finale, terriblement fataliste, et l’ambition démesurée dont a fait preuve Bruno Mattei en se lançant dans ce projet…

Rats notte di terrore (Les Rats de Manhattan) - 1984 - Bruno Mattei 7.0101
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