Reptilicus (Reptilicus : le monstre des mers) – 1961 – Poul Bang & Sidney W. Pink
Très riches en monstres géants divers et variés, les années 50 nous ont fait découvrir des films comme Tarantula, Des Monstres attaquent la ville ou encore Le Monstre vient de la mer, titres qui malgré le poids des ans et l’évolution des effets spéciaux n’ont pas tant vieillit que cela. Reptilicus : le monstre des mers, n’avait sans doute déjà pas du impressionner grand monde lors de sa sortie en 1961, Ridilucus aurait sans douté été un titre plus approprié. Dans la lignée typique des films précités, Reptilicus ne propose finalement rien de neuf, à part peut-être le lieu où se situe l’action, puisque pour une fois il n’est question ni des États-Unis ni du Japon, mais des paysages danois austères et plats.
Alors que les jaquettes danoises présentent le film comme un spectacle familial à priori plutôt rigolo, les distributeurs hors Danemark en décident autrement et tente de nous vendre ici un film de monstre pur jus. Reptilicus pâtit de nombreux défauts, à commencer par son scénario légèrement tiré par les cheveux, mais qui sous couverts d’explications scientifiques plus ou moins valables arrive finalement à être accepté pour peu que le spectateur y mette pas mal de bonne volonté. Un forage en Laponie met à jour des morceaux de chair et des ossements, cas étrange qui justifie la venue de scientifiques et journalistes. Tout le monde y va de son hypothèses, mais une fois les restes rapatriés à Copenhague, des analyses plus sérieuses vont débuter. Les fragments font penser à un reptile gigantesque, différents de tous les dinosauriens connus à ce jour, ce qui vu sa tronche n’est guère étonnant, la sélection naturelle avait due agir dès l’arrivée du premier spécimen . Mais la grande particularité de la créature, surnommée Reptilicus par un journaliste, consiste en sa régénération. Si l’on coupe la queue d’un lézard, cette dernière repousse, et bien ici, c’est une bestiole entière qui va régénérer à partir d’un bout de queue.
Côté casting, nous ne sommes pas bien gâtés non plus. La plupart des comédiens en font des tonnes, et que ce soit pour la version française ou américaine le doublage est assez lamentable, faisant ainsi tomber à l’eau toutes les tentatives humoristiques des dialogues ou des situations. Concernant le déroulement du récit, Reptilicus est plutôt mollasson, et il va falloir attendre 50 bonnes minutes pour que le reptile s’échappe enfin du laboratoire, sans que l’on comprenne trop comment d’ailleurs. Sans doute avait-il envie d’aller profiter de l’hospitalité danoise et des richesses de Copenhague que nous avons pu découvrir avant son évasion. En effet, une looonnnngue visite touristique de la capitale danoise nous est proposée, à tel point que l’on en vient à se demander si ce n’est pas l’office du tourisme local qui a financé une partie du film.
S’ensuit une alternance de scènes de blabla et de destructions, que le réalisateur agence tant bien que mal. Le reptile gigantesque va être repoussé une première fois avant de s’établir dans les fonds marins, ceci afin de se régénérer et de revenir de plus bel. Les militaires vont alors tenter de coincer celui-ci pendant qu’il met Copenhague à feu et à sang. L’armée, un peu dépassée par les évènements, parviendra finalement à rayer de la carte cette abomination naturelle, qui heureusement ne pense pas à se servir de ses ailes pour échapper à une mort certaine, décidément la sélection naturelle est infaillible, espérons que ce monstre ne foule pas la surface de la Terre une troisième fois. Heureusement, les scènes mettant en jeu l’armée ou les habitants lors des moments de paniques sont plutôt sympathiques, le nombre de figurants et de matériel militaire est vraiment impressionnant.
Niveau effets spéciaux, Reptilicus n’est pas non plus une grande réussite. Le reptile gigantesque n’est qu’une marionnette, peu crédible, rigide et mal animée. Vu de très près, il parvient à peu près à faire illusion, mais lors de ses déplacements, la bestiole ressemble à un patin désarticulé, suspendu à des fils et manœuvré au gré du vent. Pour se défendre, Reptilicus est capable de lancer des glaviots verdâtres, qui sont en fait des crachats d’acide, représentés par des dessins ajoutés en surimpression à même la pellicule. A ce titre, la seule scène où l’on voit Reptilicus avaler quelqu’un utilise le même procédé, et l’on assiste médusé au glissement sur l’image d’une photo mal détourée se dirigeant vers la gueule du monstre. A noter aussi l’utilisation de vieux stockshots de navires qui coulent ou d’incendies divers et variés qui s’intègre plus ou moins bien au reste du film. Les scènes de destruction mettent en jeu la marionnette au beau milieu de maquettes plus ou moins réussies et toujours très floues, et ce jusqu’à l’anéantissement de la bête d’une manière non conventionnelle pour ce genre de film (ben oui car chaque morceau du reptile pourrait se régénérer et donner naissance à un autre monstre, donc il vaut mieux éviter les conneries).
Reptilicus est vraiment loin d’être ce qui se fait de mieux dans le genre. Malgré ses aspects complètement ratés et ses nombreuses longueurs qui le rendent ennuyeux, le film mérite tout de même le coup d’œil, ne serait-ce que pour rire un peu devant une série B lorgnant par moments vers le Z le plus total, ou encore pour sortir un peu des habituelles productions nippones ou américaines, encore que dans ce cas mieux vaut se tourner vers l’excellent Gorgo.
À découvrir également :
- Gorgo – 1961 – Eugène Lourié
- The Crater Lake Monster – 1977 – William R. Stromberg
- Basilisk: The Serpent King (Basilisk : Le monstre du désert) – 2006 – Stephen Furst
- The Lizard of Death! – 2000 – Benjamin J. Heckendorn
- The Beast From 20000 Fathoms (Le Monstre des temps perdus) – 1953 – Eugène Lourié








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