Rottweiler – 2004 – Brian Yuzna
On espérait gros de ce Rottweiler. Un pitch de base comme celui d’un chien équipé comme Terminator poursuivant un criminel en fuite m’en faisait bavé jusqu’à ce que je vois le produit fini de Brian Yuzna (dont je ne suis pas spécialement grand amateur, mais j’avais apprécié toutefois son Return of the Living Dead III). Mes espérances tombèrent à l’eau irrémédiablement…
Nous sommes en 2018, Dante (William Miller) est un américain sans papier qui s’est fait prendre par la douane d’Espagne en voulant y entrer illégalement à bord d’un navire rempli d’autres immigrants illégaux dont une pour laquelle Dante serait prêt à mourir comme il le dit pour la mettre sous son charme (charisme qui aura vite fait de lasser le spectateur du destin de ce con-là). Après une petite évasion causé par un vieux qui ne cessait de parler du mal et qui se fait piquer par un scorpion «maléfique» si on peut dire, Dante aura vite fait de s’être fait rattraper par un des gardes accompagné d’un Rottweiler équipé d’une mâchoire de métal. Mais Dante se fera la malle après avoir réglé le compte de ses bourreaux à coups de fusil-pompe (ou shotgun si vous préférez). Du moins, c’est ce qu’il croit. Car accompagnés de coups de tonnerre, un brouillard ainsi qu’un scorpion (les envoyés du mal on suppose) feront leur apparition pour ramener à la vie mâchoire d’acier afin qu’il se remette sur les traces de Dante pour venger son maître («Retrouves-le… Tues-le.» furent ces derniers mots. Brave bête!). Mais Dante part de son côté afin de retrouver Ula, sa bien-aimée (enjeu con comme la lune puisqu’on découvre qu’elle est morte et que Dante, présent lors de sa mort causé par le rottweiler, aurait oublié ce détail… Ben Oui!).
On ne verra aucun labo qui s’occupe de créer la bête de chasse parfaite, nous ne verrons que les mâchoires métalliques faire «Chlic! Chlac!» et l’esprit du mal qui vient ressusciter ce chien démoniaque. Pour ce qui est des éléments futuristes, mis à part le squelette de métal qu’on ne verra qu’à la fin, c’est rapé.
Si on parlait du chien cyborg aux yeux bleus? On nous montre surtout la mâchoire en gros plan, puis un rottweiler aux yeux bleus qui fait bien son travail, c’est-à-dire grogner, courir et sauter. Pour les morsures, on utilise un animatronique qui fera pisser le sang de la proie. De ce côté-là, on est correct. Le bémol, c’est qu’après l’explosion d’un hélicoptère (affreuse explosion d’effets spéciaux de mauvais goût) contenant le salopard et le rottweiler, nous voyons l’ossature de cette bête se mouvoir et franchement… Terminator est loin d’être détrôné par ce cabot numérique. Et ne vous fiez pas à l’image du crâne posté sur cette fiche, ça c’est la scène finale qui nous rappelle encore une fois le modèle du film… Terminator.
Et les attaques? C’est ça le bon côté, les attaques. On en a beaucoup et ça pisse le sang ne vous inquiétez pas. Dommage par contre que la mise en scène ne soit pas maîtrisée. Car très (trop) souvent, les fantômes du passé de Dante font et refont surface, ralentissant considérablement le rythme.
Un détail, était-ce vraiment nécessaire que Yuzna nous montre son acteur principal à poil pour qu’ensuite ce dernier soit recueilli par une femme qui avait besoin qu’on lui comble certains de ses besoins (Hum! Hum!)? Ok, ça l’apporte une pincée d’érotisme au métrage, mais je ne pense pas que cette partie était nécessaire. Ils auraient pu faire une scène où ils sont barricadés, armés du shotgun et le chien noir aux yeux bleus ferait son entrée dans la maison, ce qui aurait fait monter la tension. Malheureusement, cette partie est sous-exploité au profit d’une scène de sexe.
Autre détail, La fille de la femme en question est interprété par Ivana Baquero, la jeune espagnole ayant interprété Ofelia dans Le Labyrinthe de Pan de Guillermo del Toro.
Et le fameux final façon Terminator? Et bien il est vite expédié, faute de moyens, on saute le combat pour aller directement au lendemain pour voir l’issue du combat (c’est loin d’être la fameuse poursuite dans l’usine avec Michael Biehn et Linda Hamilton versus la machine à tuer). Puis c’est le générique. J’en ressors franchement déçu. On en a des attaques avec du sang, mais faute d’un budget conséquent pour un tel scénario, on doit revoir nos espérances. La plupart crieront nul, mais moi je dirais qu’il ne faut pas avoir les yeux plus gros que le ventre, sinon ça donne ce film casse-gueule, mais pas antipathique pour autant.
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