Snakehead Terror (Cultus) – 2004 – Paul Ziller
L’un des films les plus cons qu’il m’ait été donné de voir. Malgré ça, j’aime ce film, et je ne dois pas être le seul. Et oui, Snakehead terror est une des innombrables bouses mal jouées et torchées à la va-vite qui peuplent nos dvdthèques mais qu’on ne peut s’empêcher de mâter d’un petit plaisir coupable (à l’instar de Pterodactyl et Carnosaur 3 : primal Species, tellement cons mais tellement funs).
Pas la peine de faire un résumé, les quatre lignes en haut de la page sont suffisantes. Ici, on est en terrain balisé : Est-ce que la jolie jeune fille va se réconcilier avec son père ? Est-ce que son père va sortir avec la jolie scientifique ? Est-ce que les moches et voraces bestioles vont être stoppées ? Suspense… Soyons sérieux (euh…), malgré la prévisibilité de l’ensemble, on se laisse vite embrigadé par le récit. On peut même s’attacher à certains protagonistes si l’on prend le tout sans se casser la tête et sans chercher de la cohérence dans leurs réactions, notamment lorsque la fille du shérif, en deuil depuis la mort de son mec becté par la poiscaille, embarque avec ses potes pour chasser le poisson à coups de revolver (!!!).
Je vais éviter de mentionner les défauts de Snakehead terror, chacun s’en chergera lui-même. Passons aux qualités (oui, il y en a) : le gros point fort vient de l’omniprésence des bestioles du titre. Ces saloperies d’ésocidés à pattes ne tardent pas à se manifester et massacrent gaiement tous les autochtones assez stupides pour s’approcher de l’eau ou faire du mal à un bébé snakehead (le vilain pêcheur sadique n’a que ce qu’il mérite). Malgré un manque flagrant d’originalité, les attaques sont très nombreuses.
Quelques-unes sortent du lot, comme celle du bateau des gamins où ça tire dans tous les sens. La meilleure reste l’assaut de la maison où les deux adolescentes tailladent en masse des tranches de sushi bien gores à la hache et au fusil de chasse.
Un calquage inégal de La nuit des morts vivants, mais dynamique et sanglant comme il faut. Quant à nos bestioles mutantes, elles se comptent par centaines. Et les moyens pour les envoyer ad patrès ne manquent pas : fusil sniper, fusée éclairante, tournevis, cocktails molotovs, pistolet électrique… Des tas de snakehead se font méchamment dégommer par nos héro(ïne)s aux abois mais ils reviennent toujours plus nombreux. Côté effets spéciaux, ça varie entre la bonne vieille méthode des marionnettes en latex pour les plans rapprochés, et les CGI lorsque les bestioles se baladent en horde. Les images de synthèse tiennent bien la route, même si graphiquement elles sont plus proches des séquences vidéo d’un jeu playstation 1. Vu le manque de moyen dont devait disposer la production, de nombreux plans de synthèse sont réutilisés du début à la fin du film.
Niveau acteurs/actrices, c’est la cata. On combine du cabotinage pur et simple et un manque de talent collectif, ça vous donne un fou rire total dès qu’un personnage ouvre la bouche. Pour Bruce Boxleitner, il est loin le temps de Tron et Babylon 5.
En tête d’affiche du jeune casting, on se coltine la cruche Chelan Simmons (l’une des potiches de l’insupportable navet avec Carmen Electra au pays des fourmis en plastoc). La jeune comédienne joue aussi mal que ma petite cousine de 9 ans, et devient vite pénible à force de crier dès que le danger pointe le bout de son nez. Dans la majorité des prods de 2nde zone, les cruches ne savent rien faire d’autres que geindre et hurler en courant dans les bois, jusqu’à ce qu’on la sauve, ou qu’elle se fasse tuer. Pour l’anecdote: Aucune victime féminine n’est à déplorer dans Snakehead Terror. D’ailleurs, le réalisateur inverse subtilement les clichés vers la fin du film, où dans ce genre de production (et beaucoup d’autres), la femme se révèle généralement incapable de se défendre toute seule et implore sans cesse l’aide de son mec. Ici, c’est le contraire, les deux gamines se battent comme des sauvages tandis que leur copain, blessé à la jambe, devient un poids mort dans l’histoire…
Le DVD est disponible en zone 2 en Allemagne. Attention Arnaque, le film est charcuté de tous ses plans gores. Sinon il reste la version zone 1, mais elle est plus difficile à se procurer. Même si vous ne le trouvez pas, rabattez-vous plutôt sur Frankenfish, bien plus recommandable, et surtout disponible dans tous les bacs…
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Avec Cultus, Paul Ziller, responsable du mauvais Swarmed, et qui a pas mal bossé sur la série télévisée Highlander, nous offre un film aussi divertissant et sanglant qu’il est crétin !
Le film doit surtout sont intérêt à sa première partie, qui bien que très classique et lorgne sans vergogne du côté de chez Jaws (la seconde partie est une décalque de La Nuit des morts vivants), s’avère des plus efficaces. Les poissons carnivores asiatiques doivent ici leur taille phénoménale à une mutation génétique engendrée par des hormones de croissance déversées négligemment dans le lac du coin, dont les plages sont anormalement peuplées de zigotos à croquer. Aucune surprise à attendre des personnages, qui collent parfaitement aux stéréotypes du genre, ni du déroulement du récit, qui respecte à la lettre toutes les règles des films d’animaux tueurs. Si les attaques sous-marines et les effets spéciaux numériques sont très décevants, une fois sur la terre ferme et malgré leur lenteur, les poissons s’avèrent être de terribles prédateurs. Les trucages traditionnels sont très satisfaisants, et les plans sanglants suffisamment nombreux pour que l’ennui ne s’installe pas. Un peu en deçà de Frankenfish et Aberration, Snakehead Terror est un petit film d’agressions animales tout à fait honnête qui mérite sa place sur vos étagères.