Snakes on a Plane (Des Serpents dans l’avion) – 2006 – David R. Ellis
Depuis que le synopsis circule sur le web, Des Serpents Dans l’Avion (DSDA… pour abréger) a acquis un statut de film culte avant même de débarquer sur nos écrans. Prévu à l’origine comme divertissement tout public (mention accord parental), le projet a déchanté sous l’acharnement des maniaques du web, qui exigeaient du studio un film bien trash (On en a marre des pg-13). On dit que la New Line a piqué quelques idées sur les forums… les scènes les plus violentes paraît-il ! Je vais être direct : DSDA est un excellent film. Il n’a rien de l’œuvre culte tant annoncée (ses quelques défauts sont exécrables), mais il a le mérite de ne pas mentir sur son sujet. Avec un titre pareil, on sait à quoi s’attendre, et on est généreusement gâté sur le plan agression.
L’histoire, on la connaît tous : En vacances à Hawaï, Sean Jones assiste à un meurtre commis par Eddie Kim, le chef des triades d’Honolulu. Sauvé in extremis par l’Agent Flynt, Sean est pris en charge par le FBI, et convoqué comme témoin oculaire à Los Angeles. Secrètement escorté par Flynt, le jeune homme embarque dans un avion à destination de la Californie, sans se douter que les hommes de main de Kim ont introduit une cargaison de serpents venimeux dans les soute à bagages…
Le film vous pend aux tripes dès que les reptiles sont lâchés. Côté morsures et mise à morts diverses et inventives, on en a pour notre argent. C’est même plus de ce qu’on pouvait attendre d’une grosse production. Chose encore plus étonnante pour un blockbuster d’été, DSDA est une production extrêmement gore (faut pas s’attendre non-plus à une boucherie tel Calamity of Snakes). En dépit de son statut horreur/humour au second degré, je déconseille ce film aux personnes sensibles. La jolie brune assise à côté de moi était tétanisée, tandis que sursauts, cris et rires emplissaient la salle. Les assassins au sang-froid ne font pas dans la dentelle et sèment la mort et la panique partout où ils passent. Vicieux et silencieux, crotales, mambas noirs, serpents coraux, vipères à cornes et cobras cracheurs se glissent en horde sous les sièges des passagers, s’introduisent partout dans les compartiments et plantent leurs crocs là où ça fait le plus mal. Certains passages ne vous laisseront pas de marbre et vous feront sauter de votre siège. Je peux citer le couple dans les toilettes en pleine danse torride, le geek qui se fait mordre entre les jambes (AÏE !!), l’apparition subite et écrasante d’un énorme constrictor (clin d’œil à Anaconda), les morsures à la bouche, les scènes de paniques, les décès accidentels (une chaussure à talon enfoncé dans la tempe)… Les carnages graphiques et venimeux ne manquent pas. On en vient même à plaindre les victimes tellement leur calvaire fait froid dans le dos.
Pendant ce temps-là, nous-autres spectateurs, on rigole, on sursaute, on jubile, on regarde toutes ces personnes crever dans des souffrances atroces avec un petit (gros !!) plaisir coupable. Malgré la grandiloquence de son récit, DSDA parvient sans problème à rester crédible (sauf à la fin, mais j’y viendrai plus tard). Il réussit même à être réaliste, notamment grâce aux effets des morsures, aux membres boursouflés sous l’effet du venin, aux gerbes de pus et de bave mousseuse dégoulinant sur le visage des malheureux mordus à la tête…
Snakes on a plane est au film de serpents ce que Arac Attack est au film d’araignées. Justement, DSDA souffre du même humour lourdingue, et son mélange macabre comique ne tient pas toujours la route. Mais il reste infiniment plus trash et plus viscéral que l’inoffensif pop-corn movie d’Ellory Elkayem.
Accordons maintenant quelques lignes au casting humain. Charismatique comme toujours, Samuel L. Jackson s’amuse comme un gosse et se complais dans son rôle de flic dur à cuir. À ses côtés, Julianna Marguiles confirme tous le bien qu’on pensait d’elle depuis Urgence et Le vaisseau de l’angoisse.
Le reste de la distribution est plutôt variable. La plupart des seconds rôles ne sont que des caricatures montées sur jambes. C’est simple, on y trouve presque tous les clichés inhérents au genre horreur/catastrophe : la bimbo blonde, le vilain homme d’affaire, le rappeur arrogant mais qui se rachète une conduite, le gros black rigolo adepte de la PS2… ce qui nous amène à des lignes de textes vues et revues des centaines de fois : « On balance une petite vanne entre deux attaques juste pour alléger la brutalité du déroulement ». Pourtant, certains persos sortent du lot de ce casting balisé, et sont animés de traits de caractères qui les rendent attachants. Je peux citer l’union fraternelle des deux petits garçons (qui n’ont rien des têtes à claques habituelles), la jeune maman et son bébé, prête à tous pour aider son prochain, et le personnage de Sean, joué avec modestie par Nathan Phillip.
Je termine la critique sur le défaut majeur de DSDA: sa conclusion. Honnêtement, je m’y attendais au happy-end. Sans vous le dévoiler entièrement, laissez moi vous dire qu’une fin heureuse et niaiseuse comme celle-ci, je n’en avais pas revu depuis Monster Island et The Faculty.
Un happy-end qui contraste totalement au massacre dans l’avion. « Des tas de gens ont clamsé comme des chiens ! C’est pas grave, on va se taper un surf pour oublier tout ça ! »
THE END…
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