Spasms (Spasmes) – 1983 – William Fruet
Spasms débute sur un passage assez intense, un rite tribal effectué par des indigènes portant des masques réellement effrayants, qui invoquent une puissance diabolique qui va apparaître sous la forme d’un serpent géant. Ce dernier, une fois sur place va se mettre à attaquer tout ce qui passe a portée de crocs avant d’être capturé. Passé ce début haletant, qui aurait pu sortir d’une partie de L’appel de Cthulhu, le film va malheureusement perdre pas mal de rythme pendant un long moment avant de s’agiter de quelques soubresauts salvateurs.
En effet pendant 40 bonnes minutes il ne va pas se passer grand-chose, le serpent est en transit sur les mers du globe, le réalisateur, William Fruet (Trapped, Blue Monkey…) va en profiter pour longuement présenter les différents protagoniste de l’histoire et leurs diverses motivations. Ce reptile, qui en plus d’être géant se trouve être très rapide et possède un venin d’une rare puissance, va alors être convoité par de nombreuses personnes aux desseins pas toujours très pieux. D’un côté des scientifiques qui veulent le rapatrier pour l’étudier et de l’autre par une espèce de secte d’adorateurs qui voient en lui le maître qu’ils vénèrent. La seconde solution aurait peut être été la meilleure quand on connaît la résistance des labos dans ce genre de productions. Bien sur une fois dans le labo, le reptile va mettre moins de 5 minutes pour s’échapper, tuant au passage quelques personnes qui n’avaient qu’a pas être là, et la traque va alors pouvoir commencer. Mais qui chasse qui ? La plupart des scènes d’attaques se trouvent être assez violentes, on ne voit pas grand-chose, les hors champs étant fréquents, mais on ressent sans problème la férocité avec laquelle le monstre saisi et tue ses victimes.
Ces agressions sont bien mises en scène et restent suffisamment effrayantes et nombreuses pour que l’on ne s’ennui pas, le tout saupoudré d’effets sanglants corrects. Le seul abus se trouve être l’utilisation constante d’une vue subjective à travers yeux du serpent, agrémentée d’un filtre bleu un peu pénible. A la manière d’un film comme Alien, on ne verra véritablement le monstre que vers la fin, permettant au réalisateur de faire monter la tension tout au long de l’histoire, mais si cela fonctionne parfaitement dans le film de Scott, ici on reste un peu sur sa faim. C’est d’autant plus rageant que le reptile, outre ses cris risibles qui ressemblent plus à ceux de lions affamés ou en rut, est très bien fait, il possède une tête effrayante de sauvagerie, avec des crocs d’une taille à en faire pâlir un vampire complexé par la taille de son sge… euh de ses canines. Il demeure par contre un peu trop rigide lorsque l’on aperçoit autre chose que sa tête.
Le plus gros problème du film vient finalement de nombreuses idées qui sont effleurées à un moment et ne sont plus vraiment exploitées par la suite, je pense surtout à l’espèce de secte qui finalement ne sert à rien (enfin si à faire échapper le reptile, sans eux il n’y avait pas de film, merci donc…), ou encore à la liaison plus ou moins télépathique entre le serpent et Jason Kincaid. Il en est de même pour la traque urbaine de la bête, les forces de police et l’armée sont réquisitionnées, mais on ne les verra que lors d’une scène. Le casting est par contre lui très réussi, on retrouve des acteurs comme Peter Fonda (Open Season, Easy Rider…), Olivier Reed (Venom, The Brood, Gladiator…) et d’autres qui campent des personnages crédibles et joués avec justesse.
Spasms se trouve donc être un bon divertissement, à l’ambiance assez sombre et proposant quelques scènes assez violentes, mais il manque par contre un peu de vigueur et propose un final vraiment très décevant (malgré le fait que l’on voit un peu plus le reptile par contre). Il reste quand même un film à découvrir.
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