Gwoemul (The Host) – 2006 – Joon-ho Bong

15/12/2009 nachthymnen Commenter Allez aux commentaires
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The Host

Gwoemul
Aka : The Host
Genre : Mutant aquatique

Corée du Sud, 2006, 120 min
De Joon-ho Bong
Avec Kang-ho Song, Hie-bong Byeon, Hae-il Park, Du-na Bae, Ah-sung Ko, etc.

A Séoul, au bord du fleuve Han, les membres de la famille Park coulent des jours paisibles autour de leur petit snack. Jusqu’au jour où, des profondeurs du fleuve, surgit une créature terrifiante et affamée qui massacre et détruit tout sur son passage. Avant de replonger, elle s’empare de la petite dernière de la famille, Hyun-seo, et l’entraîne avec elle. Persuadé que Hyun-seo est toujours vivante, sa famille décide de partir à sa recherche et s’engage alors dans une course-poursuite haletante, des berges du fleuve jusqu’au sinistres égouts de Séoul …

thehost02Salué un peu partout comme l’un des meilleurs films fantastiques de l’année 2008, voir l’un des films de monstres les plus réjouissants depuis des décennies, The Host et sa créature amphibienne vient enrichir pour notre plus grand plaisir le bestiaire foisonnant des monstres géants au cinéma. Derrière son titre original Gwoemul, qui signifie tout simplement « le monstre », nous retrouvons le cinéaste coréen Joon-ho Bong, réalisateur du polar aux multiples récompenses Memories of Murder ou scénariste de l’excellent Antartic Journal et son pessimisme terrifiant. Il signe avec The Host une nouvelle réussite. Un film qui parvient en partie à se démarquer de la longue lignée dont il est issu, et ce, malgré la reprise du thème archi-rabattu commun à la quasi totalité des films catastrophes animaliers à tendance écologique.
Malgré un certaine maîtrise du mélange des genres, Joon-ho Bong nous livre cependant un récit qui peine à trouver ses marques. À la fois drame familial, satire politique, film d’action et film de monstre, The Host s’avère presque trop riche, le spectateur se retrouvant par moments perdus aux milieux de toutes les pistes que le réalisateur à souhaité aborder ici. Un choix sans doute intentionnel, qui trouve tout son sens dans une production comme Memories of Murder ou toute autre enquête policière, mais qui provoque ici un sentiment mitigé de part les certaines longueurs qui s’installent inexorablement. Un ennui naissant qui est cependant contrebalancé par de nombreuses touches d’humour (bien que celle-ci ne fassent pas toujours mouche), et des séquences d’une intensité et d’une efficacité sans faille.

The Host est en effet parsemé de quelques passages absolument géniaux. Si l’histoire demeure plutôt classique et ne surprendra pas, dans ses grandes lignes, les amateurs de films de monstres, cette dernière est traitée au travers d’une approche qui fait la part belle à ses personnages plutôt qu’à sa créature. thehost04Sans pourtant omettre cette dernière, car, contrairement à de nombreux récits similaires qui ménagent une certaine réserve (pour des raisons d’ordre techniques ou scénaristiques) quant à leur créature, ici elle nous est montrée rapidement. Le film démarre en effet de manière magistrale, et la première apparition de la bestiole est un vrai régal pour les yeux. L’énorme aberration quasi lovecratienne, issue d’une mutation liée à des produits toxiques déversés dans la rivière Han, va rapidement passer à l’action et semer la panique sur les berges avoisinantes. Pouvant à la fois se déplacer dans l’eau et sur la terre ferme, la créature est pourtant encore un peu pataude, ce qui donne lieu à quelques détails amusants. Étrangement, c’est à ce moment là qu’elle se révèle être la plus dangereuse, car au fur et à mesure qu’elle va gagner de l’assurance ses victimes se feront de moins en moins nombreuses…

Privilégiant le suspens et la mise en place d’ambiances effrayante aux effets de surprise, le réalisateur n’est pourtant pas avare pour ce qui est de nous montrer sa créature. Nous découvrons ainsi la bête sous toutes ses coutures, et cette dernière est une réussite totale en ce qui concerne sa modélisation. Les effets spéciaux digitaux sont d’une grande finesse et en parfaite interaction avec les décors naturels et les acteurs, même si la fin laisse un arrière goût d’inachevé. Outre les CGI, les trucages mécaniques sont également assez bluffant, donnant au monstre une réalité et une consistance quasi palpable.
Dans The Host, pas de séquences de destruction massive, bien qu’ l’on retrouve ici la classique scène de panique propre aux productions d’animaux tueurs. En ce sens, le film de Joon-ho Bong se rapproche nettement plus de titres comme Les Dents de la mer et consorts que de Godzilla et autres monstres géants qui terrorisent l’Asie depuis le début des années 50.
De toute manière la créature n’est pas le point central de l’histoire, cette dernière sert juste de déclencheur à ce qui va suivre. Une fois les présentations faites avec celle-ci, le réalisateur va alors pouvoir s’occuper de ce qui l’intéresse vraiment ici : les personnages, plus précisément la famille Park, et les relations qui les lient entre eux. Différentes générations qui convergent en un but unique, celui de sauver l’une des leurs d’un kidnapping dramatique. Un gros travail d’écriture est à l’origine de ces derniers, bien qu’il soit difficile ici pour le réalisateur de s’éloigner de certains clichés. Un famille de loosers, qui va bien entendu trouver le courage nécessaire afin d’aller traquer puis affronter l’animal mutant, en passant par le sacrifice de la plus vielle génération au passage.

thehost09L’aspect satirique, très fortement appuyé par un anti-américanisme non feint, est divertissant et finalement un peu plus subtil que ce que les images laissent transparaître dans un premier temps. La vision qu’ont les politiques, l’armée et les scientifiques de ce problème d’un genre nouveau est sujette à de nombreux sous-entendus, et là encore, malgré les thèmes propres au genre que l’on retrouve tous sans exception, le réalisateur parvient encore à nous surprendre. La psychose liée à un virus d’un genre nouveau et à ce titre une très grande réussite, nous rapprochant bien évidement de l’actualité récente dont les média s’étaient emparés il y a quelques mois, mais Joon-ho Bong s’en joue avec beaucoup d’humour, nous offrant ici certainement l’une des meilleures idées du scénario.

Au final nous nous retrouvons donc devant une production plaisante, à l’aspect technique et artistique sans failles, calibrée comme un blockbuster traditionnel, mais proposant tout de même une approche bien plus intéressante que la majeure partie des titres du genre. Le récit est parsemé d’idées plus ou moins inspirées, mais qui sont traitées avec une certaine habileté par le réalisateur, et ce, malgré quelques longueurs qui viennent ternir un peu l’ensemble. L’aspect fantastique de The Host nous propose un monstre superbe, mit en scène de manière magistrale dans des décors urbains utilisés intelligemment, ce qui permet d’ancrer de manière crédible le récit dans le réel. S’il n’est certainement pas la révolution cinématographique annoncée un peu partout, The Host mérite en tout cas un peu plus qu’un simple intérêt de votre part.

Gwoemul (The Host) - 2006 - Joon-ho Bong 9.0102
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