Wilderness – 2006 – Michael J. Bassett
Après un Deathwatch qui comportait de beaux moments de frayeur, malheureusement enlisés dans un métrage encore non vraiment maîtrisé et qui n’allait pas au bout de son sujet, Michael J. Bassett nous revient en grande forme avec Wilderness, un survival bien violent, qui s’il ne réinvente pas le genre a au moins le mérite de ne pas tromper le spectateur sur son contenu. Mixant allègrement des influences de titres aussi divers que Battle Royale, Deliverance mais aussi The Most Dangerous game ou encore To Kill a Clown, le réalisateur nous offre ici un spectacle haletant, imprégné de tension et ne lésinant pas sur les effets sanglants.
L’ensemble démarre de manière plutôt classique alors que nous faisons connaissance avec les divers protagonistes, des taulards peu recommandables, envoyés sur une île inhabitée suite au suicide d’un de leur compagnon de cellule, souffre douleur de la petite bande. Servant habituellement de lieu d’entraînement pour l’armée, les prisonniers accompagnés d’un instructeur vont rapidement déceler les signes avant-coureurs d’une présence menaçante sur ces terres normalement désertées. La petite bande est composée de personnages aux caractères très variés voire opposés, ce qui ne va pas manquer de provoquer de violentes tensions.
Ces dernières seront d’ailleurs aggravées alors qu’ils vont rencontrer un groupe de femmes présentes sur l’île pour des raisons similaires. Tous ensemble ils vont pourtant devoir faire le maximum afin de survivre à la chasse que leur donne un ancien des forces spéciales, pour une raison qui ne restera pas longtemps mystérieuse. Celui-ci, armé d’une arbalète et s’aidant d’une meute de gros bergers allemands dressés est bien décidé à ne leur laisser aucune chance.
C’est avec entrain que nous suivons la vie de tout ce petit monde, vaquant à des occupations plus ou moins primordiales dans cet endroit éloigné de tout. Si aucun des personnages masculins n’est vraiment attachant, le réalisateur parvient tout de même à n’en privilégier aucun, et même si un leader que l’on devine survivre à la fin se détache un peu du lot, on se rend vite compte il ne vaut finalement pas vraiment mieux que les autres.
Du côté féminin les rôles sont un peu plus effacés mais toutes ont leur carte à jouer dans cette chasse sanglante. Excepté Alex Reid déjà aperçu dans The Descent ou encore Arachnid et Sean Pertwee, à la filmographie un peu plus étoffée dans laquelle on peu remarquer ses rôles dans Dog Soldiers ou Equilibrium, le casting est composé de jeunes acteurs encore peu connus, ce qui laisse une belle marge de manœuvre au réalisateur quant aux victimes potentielles.
Massacres qui ne se feront pas prier et n’ont rien de suggéré, les morts sont nombreuses et très graphiques, l’équipe des effets spéciaux ne se retenant pas sur les maquillages gores et les gerbes de sang. Membres tranchés, chairs déchiquetées par des crocs et autres blessures variées viendront nous enfoncer un peu plus dans cette course poursuite terrifiante. La mise en scène est très rythmée, parfois même un peu trop, mais le réalisateur parvient sans peine à ses fins, appuyé par une photographie réaliste jouant sur des contrastes assez forts.
La présence menaçante du début se fera vite connaître, et si le meurtrier en question n’est finalement que peu charismatique, ses molosses le rendent terrifiant et difficile à approcher. Certaines scènes sortent tout de même un peu du lot, notamment la mise à mort de l’instructeur, souffrant le martyr, transpercé par des carreaux d’arbalète qui le clouent à un arbre alors que les chiens fouillent dans ses entrailles, ou encore la séquence de la plage qui ne vous laissera pas respirer durant quelques minutes. Les survivants nous entraînent dans une fuite perpétuelle, le repos n’a pas sa place dans cette histoire, et lorsque le salut semble se présenter avec la découverte d’une ancienne maison de correction abandonnée, le chasseur va rapidement faire sortir son gibier afin de mieux le traquer. Quelques rebondissements viendront parsemer le récit alors que le nombre de morts ne cesse d’augmenter, pour finalement ne laisser que deux survivants !
Michael J. Bassett nous livre ici une belle réussite. Malgré son manque d’originalité et les motivations un peu simplistes de ses personnages, cette production agressive, menée tambour battant et ne lésinant pas sur la brutalité, parvient à clouer le spectateur sur son siège jusqu’à ses toutes dernières minutes…
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Petit film bien sympathique que j’ai vu par hasard, un jour où CDdiscount le proposait en VoD gratuitement.
Il ne mange pas de pain, les acteurs sont un peu justes, mais l’ambiance est bien rendue (vive la forêt) et les effets sanglants ne sont pas mauvais du tout pour de l’amateur. Avec un DVD à 5 euros ou en VoD, ça vaut le coup de se laisser tenter.