Alien 2 sulla terra (Le Monstre attaque) – 1980 – Ciro Ippolito
Petite production sans le sou et complètement opportuniste clairement destinée à profiter du succès en salles du film Alien de Ridley Scott, Alien 2 sulla Terra, distribué en vidéo en France sous le titre Le Monstre attaque, est un très bon représentant de ce que le bis italien est capable d’offrir. Ou comment tourner un film avec un budget dont l’existence, tout comme celle des extraterrestres, n’a jamais été prouvée, des effets spéciaux et un scénario plus que minimalistes, et des acteurs bien peu impliqués dans leurs rôles, déclamant des dialogues seulement destinés à meubler le vide scénaristique, au même titre que la musique omniprésente des frangins De Angelis.
Et il en faut des dialogues et de la musique pour combler les interminables 45 premières minutes… Écrit, produit et réalisé par Ciro Ippolito, qui signe d’ailleurs le film sous le pseudonyme américanisant Sam Cromwell, ne sait visiblement pas mettre en place une histoire qui tient la route. L’exposition des personnages est longue et totalement inintéressante, sentiment accentué par des dialogues d’une rare banalité. On y apprendra seulement que les protagonistes principaux aiment bien le bowling, la spéléologie, et que l’héroïne principale, Thelma, possède ce que l’on peut apparenter à des pouvoirs psychiques, qui lui permettront par la suite de « communiquer » avec l’alien. Parallèlement à cela, il est question de l’échec d’une mission spatiale, et d’une capsule qui se crashe dans l’océan, le tout mis en images à grand renfort d’images d’archives.
Heureusement, la fameuse descente dans les entrailles de la Terre finit par arriver. Nous suivons donc un groupe hétéroclite s’enfonçant sous terre, après avoir pris soin de ramasser et d’amener avec lui un étrange morceau de roche bleue. S’ensuit une classique course contre la mort, avec d’un côté un groupe de victimes, et de l’autre un tueur implacable, représenté ici par une entité extraterrestre pas vraiment bienveillante. Les personnages complètement creux n’ont pas vraiment d’utilité si ce n’est celle de servir de garde-manger au monstre affamé.
Niveau budget, pas question d’envisager un récit dans l’espace, c’est donc sur Terre que va se dérouler le récit, dans ce que l’on pourrait qualifier de version souterraine de Alien – le huitième passager. Le groupe de spéléologues aguerris se retrouve donc dans des lieux confinés, étroits, humides et sombres.
Claustrophobes s’abstenir ! Ce choix est certainement la meilleure idée venant d’un rip-off du film de Ridley Scott, les lieux se prêtant parfaitement à ce genre de récit, bien qu’ils ne soient pas toujours bien mis en valeur par le réalisateur, qui aurait pu composer une ambiance nettement plus étouffante. L’économie faite sur les décors ne se retrouvera malheureusement pas dans le budget dédié aux effets spéciaux. Outre les images d’archives utilisées ci et là, la créature est des plus décevantes. Ce qui n’est peut-être pas une mauvaise chose finalement, et fait travailler un peu l’imagination du spectateur là où la présence d’un « craignos monster » aurait privilégié les éclats de rire aux frissons. Difficile donc d’imaginer à quoi ressemble vraiment ce dernier, qui semble être composé d’une masse de chair usant d’appendices écorchés se mouvant de façon reptilienne. L’alien semble fait à partir d’abats sans doute récupérés chez le boucher du coin avant de partir tourner, d’où sa similitude avec une espèce de colon géant. D’autres morceaux de bidoche seront par la suite utilisés comme « cadre » autour de l’objectif de la caméra pour les passages en vue subjective.
En ce qui concerne le cycle de vie et de reproduction de la bestiole, là encore le film de Ridley Scott est la principale source d’inspiration. C’est la fameuse pierre bleue trouvée par terre qui est à l’origine de la naissance de l’alien. Rien n’est vraiment expliqué quant à sa présence sur Terre, on suppose donc que cela a à voir avec le crash de la capsule. Enfin bref… Si le Xénomorphe d‘Alien possède un cycle de vie très intéressant, encore que peu exploité durant le premier volet de la saga, ici impossible de comprendre quoique ce soit à celui de la créature. Les explications sont inexistantes. Blessée par quelque chose d’organique sortie de la pierre bleue, Jill a en fait été inséminée par le monstre, et celui-ci ne sortira de son corps non pas par l’abdomen, mais carrément par le crâne de la victime, l’énucléant au passage, avant de sauter à la gorge d’un autre membre de l’équipe et de lui trancher la tête. Bien entendu, au fil des heures, le monstre grandit.
Comme le réalisateur Ciro Ippolito n’a pas grand-chose à montrer, il en profite pour insérer quelques passages sanglants plutôt gores bien qu’assez approximatifs, ainsi qu’un plan nichons, qui malheureusement ne sauveront pas l’ensemble. Restent à se mettre sous la dent quelques passages invraisemblables, comme lorsqu’un membre de l’équipe sort une machine à écrire et des bougies espérant trouver l’inspiration sous la surface de la terre, ou lorsqu’un rat bondissant met hors service le sonar du groupe… Sans oublier le final laborieux, certes très pessimiste, mais qui débarque comme un chien dans un jeu de quilles.
Le Monstre attaque se présente finalement comme une série Z typique des années 80, dont l’approche bâclée et minimaliste s’avère plutôt déroutante sans pour autant être dénuée d’intérêt. Ciro Ippolito livre ici une production opportuniste très décevante, malgré certaines séquences qui se montrent assez efficaces et des décors qui collent parfaitement au sujet. Le Monstre attaque est très loin d’être le rip-off le plus réussi d‘Alien – le huitième passager, mais il n’est certainement pas le plus mauvais…
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