Anaconda 3: The Offspring (Anaconda 3 : l’héritier) – 2008 – Don E. FauntLeRoy
Fin des années 90, alors que les productions d’agressions animales doivent pour la plupart se contenter d’une distribution pour le marché de la vidéo, Anaconda pointe le bout de son nez et redonne un petit coup de fouet au genre. S’ensuit alors les sorties en salles de titres plus ou moins réussis comme Un Cri dans l’océan, Peur bleue, Lake Placid, Bats : la nuit des chauves-souris ou encore Komodo, alors que dans un même temps bon nombre de serpents géants envahissent nos vidéo clubs au travers de films comme Boa, Python 1 et 2 ou King Cobra . Réalisé par Luis Llosa, Anaconda se présente comme un sympathique film d’aventures, auquel vient se greffer l’histoire d’un serpent géant bien décidé à se régaler d’un casting inégal, choisi essentiellement selon des critères mercantiles. Il va falloir attendre 2004 pour qu’une suite intitulée Anacondas : à la poursuite de l’orchidée de sang voit le jour. Si ces deux productions ne sont pas exemptes de défauts, elles n’en restent pas moins des divertissements agréables, aux effets spéciaux assez réussis en comparaison de ce qui se fait ailleurs dans le genre, et dotées de superbes paysages.
Anaconda 3 : the Offspring devra lui se contenter d’une sortie sur le marché vidéo, précédé cependant d’une avant-première télévisuelle sur SciFi Channel. Terminé également les décors naturels du Brésil ou des Fidji, les restrictions budgétaires font que tout va se dérouler en Roumanie, pays nettement moins exotique. Comme vous pouvez l’imaginer, les anacondas ne courent pas les bois dans les forêts roumaines, il va donc falloir se débrouiller pour en amener un là-bas. C’est ici qu’interviennent les scénaristes, qui se débrouillent comme ils peuvent pour essayer de donner un semblant de crédibilité à l’ensemble, mais c’est peine perdue. Le lien avec le précédent volet est tout juste esquissé en deux répliques et basta ! Un laboratoire, des recherches scientifiques, une créature qui s’échappe et un groupe de personnes chargé de la neutraliser, voilà tout ce qu’il y a à retenir d’ Anaconda 3 : the Offspring. Un mélange de mercenaires et de scientifiques, qui sont d’ailleurs complètement dépassés par les évènements, jusqu’à l’arrivée providentielle du baroudeur / chasseur de service nommé Hammett, dont le rôle échoue à David Hasselhoff (K2000, Alerte à Malibu, etc.). On retrouve à ses côtés d’autres comédiens issus de la télévision comme Crystal Allen ou John Rhys-Davies (Sliders, Chupacabra Terror, 12 Jours de terreur, Dragon Storm, etc) qui joue ici le vilain de service. Quoi qu’il en soit, nos gugusses vont devoir agir au plus vite, car il s’avère que l’un des reptiles en question est une femelle et qu’elle est pleine ! Une partie de cache-cache s’engage alors entre les hommes et la bestiole, jusqu’au final qui parait interminable et sa fin ouverte qui permet de faire la jonction avec Anaconda 4 : Trail of Blood qui sera diffusé avant la fin de l’année.
Si l’originalité est loin d’être au rendez-vous, les débordements sanglants eux ne manquent pas. Anaconda 3 est en effet très généreux en effets gores, sans doute histoire de pallier à l’absence de tout le reste.
C’est bien simple, ça tranche et ça gicle dans tous les sens. Membres tranchés, décapitations, poitrines transpercées, croquages en tout genre, personnes gobées vivantes et autres constrictions mortelles sont de la partie. Si les maquillages sanguinolents s’avèrent d’ailleurs plutôt convaincants, il est dommage que les ajouts numériques ne soient pas du même tonneau. Ces derniers sont tout simplement risibles. A ce sujet, et alors que le film paraît en 2008, comment ne pas rester béat d’admiration devant un trucage aussi vieux que le cinéma qui consiste à filmer les acteurs dans une voiture arrêtée alors que défile en arrière-plan une vidéo d’un décor ? Eh oui, Anaconda 3 c’est aussi ça ! Bien qu’ici le procédé soit un peu différent, le véhicule ayant sans doute été filmé sur fond bleu avant d’être incrusté au reste, ce qui donne un résultat encore pire puisque non seulement les images de la voiture sont mal incrustées et mal détourées, mais cette dernière reste mystérieusement stable alors que la route filmée est loin d’être aussi lisse qu’une patinoire…
En ce qui concerne les serpents, le résultat n’est pas vraiment très excitant. Si la première apparition est plutôt réussie, du fait que l’on ne voit pas grand-chose, la suite s’avère bien plus décevante. Les reptiles ne ressemblent pas à des anacondas, leurs queues sont munies d’une espèce de dard mortel pouvant transpercer ses victimes, et pour couronner le tout, les créatures poussent des cris absolument ridicules.
Les interactions avec les éléments du décor où les acteurs sont très perfectibles, et dans l’ensemble l’animal a un aspect plutôt sommaire qui ne lui permet pas de se différencier de toutes les productions récentes du même genre comme Copperhead ou Vengeance. En comparaison, les serpents des deux premiers anaconda sont bien plus réussis et réalistes.
Réalisé par Don E. FauntLeRoy, caméraman et directeur de la photographie qui s’est lancé dans la réalisation à la fin des années 1990, Anaconda 3 : the Offspring est difficilement comparable à ses prédécesseurs. Avec comme réalisateur un fanatique du film d’action bête et méchant à qui l’on doit des titres comme Urban Justice, Today you Die ou Mercenary avec Steven Seagal, nous nous retrouvons ici avec une série B fauchée, crétine et très sanglante, qui demeure cependant suffisamment divertissante durant ses deux premiers tiers. Anaconda 3 : the Offspring n’est au final qu’un slasher animalier des plus classiques, alignant tous les clichés propres au genre des agressions animales, qui trouvera parfaitement sa place sur vos étagères entre des titres comme Python, Boa et Boa vs Python. Mieux vaut donc se tourner vers MegaSnake par exemple, autrement plus sympathique.
À découvrir également :






Commentaires récents