Attack of the Giant Leeches (L’Attaque des sangsues géantes) – 1959 – Bernard L. Kowalski
Leeches story
En Floride, un braconnier tombe nez à nez (et le sien est chargé) avec une créature indescriptible, sorte de poulpe dont les tentacules feraient d’après ses dires plus d’un mètre de long et vivrait dans les marais… La description semblant peu crédible, l’homme n’est bien entendu pas pris au sérieux mais le lendemain, le pauvre alcoolique est retrouvé raide mort, sans doute tué par un alligator difforme ou une pieuvre sacrément gaulée. Septique de nature, Steve Benton n’est cependant pas convaincu et se refuse à croire en l’existence de crocodiles mutants (ignorant!). C’est donc en compagnie de sa femme (qui lui prépare du café en toutes situations) qu’il part piroguer (v.: action d’utiliser une pirogue en langage Xav) à la recherche de la bestiole dont la nature même reste à prouver…
Mais les preuves deviennent bien vite superflues lorsque deux nouvelles victimes sont emportées sous les yeux ébahit d’un mari cocu. Oui, il faut maintenant se rendre à l’évidence… Et l’évidence, c’est que le marais est infesté de sangsues géantes à l’apparence totalement improbable qui se déplacent en faisant des bulles dans l’eau et un bruit de pneu crevé. Plutôt effrayant certes mais cela n’impressionne pourtant pas ce cher Steve qui décide avec un ami plongeur d’aller botter l’arrière-train caoutchouteux de ces aberrations de la nature.
Le Leeche est-il sympa ?
Film noir et blanc d’une durée plutôt courte (62 min), les leeches géants n’ont pas le temps d’ennuyer. Même s’il on ne comprend pas toujours ce que l’on nous montre à l’écran (j’ai fait des retours, des arrêts sur images etc., sans jamais comprendre), on se doute qu’il s’agit de sangsues (on a lu le titre quand même) et, malgré cette limite visuelle assez contraignante, on peut dire que l’on « voit » (devine ?) apparaître les monstres très tôt dans le film.
De ce fait, l’implication est totale et l’aventure commence aussi sec, sans explication inutile et laborieuse (quand je pense à tous ces films qui cherchent à se justifier d’une mutation pour rien…). Le héros supposé est cependant d’un rare scepticisme, ce qui aurait plutôt tendance à ajouter un côté « réaliste à la chose » (n’importe quoi ce que je viens de dire). En effet, il lui faut quand même 45 minutes (3 quarts du film donc) avant d’admettre que oui, on a peut être à faire à un cas avéré de sangsues géantes… Remarquez que je ne lui jette pas la pierre car moi-même, avec la jaquette sous les yeux, j’ai un peu de mal à croire à ce à quoi j’assiste : Un défilé de mecs embobinés dans des préservatifs XXL noirs. Impressionnant. On a tout de même un peu le sentiment de s’être fait blousé et qu’une personne mal intentionnée a remplacé les sangsues géantes par des étoiles de mer câlines en caoutchouc. Mais qu’importe car si les créatures prêtent quelque peu à sourire, cela ne nuit aucunement au charme du film, bien au contraire.
On est donc bien là en présence d’une production très Corman-spirit qui remplit bien son contrat (tout comme le faisait par exemple « Attack of the crab monsters ») et offre une distraction certes naïve mais plutôt agréable.
A l’issu du visionnage, on aurait presque envie qu’une sangsue géante vienne nous faire un gros poutou baveux. Elles sont fortes ses sangsues…
A noter que le film est réalisé par Bernard L. Kowalski. L’homme s’est par la suite essentiellement consacré à la télévision avec divers téléfilms et épisodes de séries (Magnum, Columbo, Airwolf ou encore Chips) mais ce qu’il faudra retenir, c’est qu’il revenu au concept d’animal tueur en 1973 avec le sympathique « SSSSnake »…
Des Leeches géants en DVD
Le film est disponible en France grâce à l’éditeur Bach Film, qui nous propose un format 4/3 1.33 (format respecté) avec VOSTF, VF et l’indispensable mixage 5.1 qui offre bien entendu un rendu désespérément plat. L’image est un peu sombre et rend parfois la compréhension légèrement difficile comme vous avez pu le comprendre… Un DVD globalement correct pour un film de cet âge donc.
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Attack of the Giant Leeches est un film assez sympathique. Loin d’égaler les meilleures du genre, cette production Corman propose tout de même ce que l’on est en droit d’attendre d’un titre aussi insolite. Malgré une histoire à dormir debout à propos de sangsues vampires géantes, représentées par des mecs grimés de sacs poubelles colorées qui pataugent dans l’eau, l’ambiance générale est plutôt bonne, les marécages sombres et humides demeurent assez inquiétants et une certaine tension est palpable tout au long du récit qui ne devient par ailleurs jamais ennuyeux.
Pas que le film soit bon, on est en face d’une production vraiment mineure, mais le challenge de réaliser en un temps record, doté d’un budget ridicule, un film aussi improbable mérite que l’on s’y attarde au moins une fois, ne serait-ce que pour ses effets spéciaux absolument indescriptibles et la présence d’Yvette Vickers qui apporte une petite touche sexy à l’ensemble.