Critters – 1986 – Stephen Herek
En 1984, Gremlins sort sur les écrans et connaît le succès retentissant que l’on connaît. Un tel triomphe commercial ne peut laisser indifférent et comme pour Les dents de la mer, les ersatz commencent à émerger. La firme New Line dégaine deux ans plus tard en sortant Critters, sur un scénario original de Dominic Muir.
Comme pour le film de Joe Dante, nous avons affaire avec de petites créatures aussi facétieuses que dangereuses. Pourtant, passé le pitch de départ et le caractère teigneux des Krites, le film de Stephen Herek (la comédie culte Bill & Ted’s excellent adventure avec Keanu Reeves) parvient à acquérir sa propre personnalité.
À l’ambiance de Noël cauchemardesque de Gremlins, Critters répond par un ton rigolard et redneck qui n’est pas sans rappeler Tremors. En effet, à Grovers Bend, les gens sont généralement un peu cons ou caricaturaux, et rappellent certains clichés de l’Amérique profonde. Les chasseurs de primes extraterrestres censés anéantir les Krites ne sont pas en reste. Totalement perdus sur une planète inconnue, les deux personnages multiplient les réactions décalées, défoncent tous les décors qu’ils croisent, et l’un deux prend l’apparence d’une pop star pour passer inaperçu ! Au final, le salut viendra plus ou moins de l’alcoolo du village (Don Opper, co-producteur de la saga), bonhomme excentrique et détesté de tous, qui aura enfin son heure de gloire ! Des rôles parfois ingrats donc, mais assez bien campés grâce à une bonne distribution. Aux côtés des chevronnés Billy Green Bush (Jason va en enfer) et M. Emmet Walsh (Blade runner), on retrouve la cultissime Dee Wallace Stone (Hurlements, Cujo) dans son rôle récurrent de mère au foyer courageuse. Au niveau des jeunes recrues, le film met en vedette Scott Grimes dans l’un de ses premiers rôles, avant de connaître son heure de gloire avec la série TV Urgences. On note aussi la présence d’un Billy Zane ado à qui le script réserve un sort peu envieux !
Les personnages non humains du film ne sont pas en reste, car le design des Krites conçu par les frères Chiodo est très réussi. Avec leurs longues rangées de dents pointues et leur aspect ‘boule de poil’, les critters possèdent bien assez de charisme pour se différencier des gremlins et consorts. Ils seront néanmoins souvent filmés dans l’obscurité, afin de camoufler les limites du budget.
C’est d’ailleurs les contraintes financières qui laisseront un léger goût d’inachevé à l’ensemble du film. En effet, les péripéties ne semblent pas être aussi barrées qu’elles auraient pu l’être, et on sent bien que le manque d’argent en est la cause.
N’oublions pas qu’à l’époque, la New Line n’a pas encore rejoint la communauté de l’Anneau, et profite alors tout juste du succès de Les Griffes de la nuit. En résulte un nombre de décors limité qui renvoie vite aux composantes du film de siège. Pas un défaut en soi, mais on remarque que dès que le scénario prend l’air, les auteurs s’autorisent quelques fantaisies, dont un Krite à taille humaine kidnappant une donzelle aux abois, dans la plus pure tradition des ‘monster movies’ d’antan. Rien de grave cela dit, car la recette horreur/humour, pourvue qu’elle soit bien dosée, n’a pas besoin de tant de deniers que ça, et dans le cas présent, ça fonctionne même plutôt bien. Le film se suit sans déplaisir et donne envie de prolonger l’aventure, en laissant cette fois libre cours à l’imagination des scénaristes. Ce sera chose faite, avec une délirante séquelle. La suite au prochain épisode…
Avec un cocktail d’humour et d’horreur bien maitrisé, la saga Critters débute sur des bases très saines. Les bestioles titres assurent le spectacle et réussissent à s’affranchir de l’ombre écrasante du méga-succès Gremlins. Un essai convainquant donc et qui ne demande qu’à être transformé.
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Premier volet d’une série sympathique, avec des bestioles à la fois méchantes et rigolotes, créées par les personnes qui seront par la suite à l’origine de l’excellent film Les Clowns tueurs venus d’ailleurs.
Un divertissement typique des années 80, qui mélange comme pas mal de titres de l’époque horreur et comédie, mais qui parvient à s’en sortir correctement des deux côtés. A voir et à revoir !