Cujo – 1983 – Lewis Teague
Adaptation d’un des Best-Seller de Stephen King, dont pas mal d’écrits ont été adaptés à l’écran, et dans le genre animalier nous pouvons citer le sympathique La Créature du cimetière, Cujo se trouve être une belle réussite. Pas majeure certes, mais un film bien ficelé qui distille de bons moments de frayeurs, et c’est bien le principal. Pourtant à la base le pari n’était pas gagné, un film dont l’action se passe presque totalement dans une voiture aurait pu rapidement se montrer très limité, mais Lewis Teague (Cat’s Eyes, L’Incroyable alligator, Navy Seals…) arrive vraiment à tirer parti de ce lieux clos et minuscule afin de le rendre oppressant, limite claustrophobique par moments.
Le film est un peu long à démarrer mais par la suite tout devient bien plus fluide. L’actrice principale, Dee Wallace-Stone (E.T., Critters, Killer Instinct…), s’en sort de belle manière et rend son personnage très crédible, touchante au départ puis véritable furie à la fin, batte à la main lors d’une scène choc, un revirement non pas monstrueux mais plutôt « animalier », tout simplement une mère qui entend préserver sa vie bien sur mais surtout celle de sa progéniture. Enfin c’est un peu ce que j’ai ressenti à la vision du film, mais ne n’ayant jamais lu le livre je ne sais pas vraiment si cela est le but visé, ça reste donc plus une hypothèse qu’autre chose.
La terreur provoquée par le chien, « meilleur » ami de l’homme, qui plus est un Saint-Bernard, gros nounours par excellence, est vraiment bien rendue à l’écran. L’angoisse est présente dès le départ jusqu’à devenir accablante pour les deux personnes piégées au milieu de nulle part, enfermées dans un espace réduit en plein caniar sans eau, sans nourriture, impuissantes face aux assauts répétés du chien enragé.
La souffrance du chien, qui l’amène à se comporter de telle manière passe par contre un peu à la trappe par moments, ce dernier n’apparaît plus à la fin que comme un monstre. Il aurait sans doute été plus judicieux de s’accommoder de ce côté maladie/folie, qui aurait permis d’établir un lien avec plus profond avec la normalité et de rendre ainsi la chose plus terrifiante.
Ce dernier est par moments vraiment effrayant, un véritable tank canin, la gueule en sang à essayer de défoncer la portière à coups de tête ou lors des plans rapprochés sur son regard haineux… niveau maquillage il n’y à rien à redire, l’illusion est parfaite. On en vient même à le plaindre tellement ces derniers semblent réalistes au niveau des blessures.
Les chiens domestiques qui deviennent fous est un thème assez récurent dans les films d’attaques animales, et je pense que l’on peu aisément classer Cujo parmi les plus réussis, au côté de Les Chiens fous, Dressé pour tuer ou Danger Doberman! (bien que pour ces deux derniers il s’agisse plus de chiens dressés que d’animaux familiers au sens propre du terme) et bien plus angoissant qu’un Max, le meilleur ami de l’homme par exemple qui oscille lui entre angoisse et humour. La sauvagerie montrée par le film à de quoi maintenir le spectateur bien éveillé sans problème et le rythme du film passé les 20 premières minutes ne laisse place à aucun temps mort.
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