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Cujo – Stephen King

16/01/2010 nachthymnengravatarcloseAuteur: nachthymnen Nom:
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Site: http://www.animalattack.info
Divers: Littérature (A. Machen, I.L. Ducasse, E.A. Poe, J.-K. Huysmans, M.G. Lewis, H.P. Lovecraft, P.K. Dick, M.G. Dantec...), cinéma (beaucoup de choses, du nanar au chef d'oeuvre !)Tous ses articles (623)
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Cujo

Cujo
Genre : Chien enragé

De Stephen King

1981, première parution française en 1982


« La chaleur tuera cet été ! Ca va être terrible », avait prédit Evvie Chalmers, la doyenne de Castle Rock. Elle ne se trompait pas : l’été 1980 fut effectivement le plus chaud que Castle Rock eût jamais connu. Ce fut aussi un été sanglant. En fait, tout commença le matin du 16 juin, lorsque Cujo, un saint-bernard aussi impressionnant que débonnaire, se fit mordre par une chauve-souris. Mais au fond, cela avait peut-être commencé dès le mois de mai, lorsque Tad Trenton avait cru voir un monstre, dans le placard de sa chambre… Bien sûr, ses parents l’avaient rassuré, il avait fait un cauchemar, les monstres n’existent pas, voyons ! Ils se trompaient : même dans les petites villes paisibles, les monstres guettent, tapis dans l’ombre…

Écrit par le célèbre romancier Stephen King d’après le souvenir d’une rencontre avec un Saint-bernard ayant eu lieu quelques années avant la parution de l’ouvrage, Cujo fait parti des classiques de la littérature d’épouvante aux côtés de Carrie ou Christine du même auteur, souvent connus soit à travers les livres directement, soit via les films ou téléfilms tirés de ces histoires. Si Cujo est loin d’être une des plus grandes réussites de son auteur, à cause d’un récit pas toujours très structuré et de nombreuses longueurs, il mérite néanmoins que l’on s’y intéresse, notamment pour sa dernière partie haletante qui dépeint le calvaire d’une mère et de son fils à la merci d’un animal enragé et d’une canicule pesante.

Le récit débute donc dans le Maine cher à l’auteur, et plus précisément dans la petite ville imaginaire de Castle Rock, lieu déjà connu des personnes ayant lu The Dead Zone auparavant. Endroit qui va à nouveau faire parler d’elle dans les journaux pour d’autres raisons cette fois-ci… Nous y faisons la connaissance de la famille Trenton, récemment installée dans le coin et sujette à de nombreuses petites difficultés. Donna, femme active par excellence, n’est pas vraiment heureuse d’avoir quittée New York pour la campagne, et comble son ennui en trompant son mari Vic, un homme gentil, mais un peu dépassé par les évènements et qui peine à faire tourner l’agence de publicité qu’il tient avec son ami Roger. Leur petit garçon, Tad, fait d’affreux cauchemars liés à une histoire locale basée sur un croquemitaine et est persuadé qu’un monstre à élu domicile dans son placard. L’auteur va prendre un malin plaisir à présenter tous ces personnages dans le moindre détail, à tel point qu’il va falloir attendre la moitié du livre pour qu’enfin se mettre en place le huit clos tant attendu. Jusque-là, il va falloir subir bon nombre de descriptions pas vraiment passionnantes, et faire connaissance avec la seconde famille importante de l’histoire : les Camber. Ces derniers sont la famille de bouseux par excellence, vivant sur une route reculée non loin de là. Le père alcoolique et violent vit comme il peut en réparant les autos du coin, essayant d’entraîner son fils dans son sillage, alors que sa femme subit ses humeurs tout en espérant un avenir meilleur pour l’enfant. Ils sont également les propriétaires de Cujo, un Saint-bernard d’une centaine de kilos, gentil comme un agneau.

cujo1

Au fil des pages se tisse donc la toile qui va amener Donna et Tad à se retrouver isolés de toute vie humaine, non préparés à subir les furieux assauts sanguinaires de Cujo : une suite de coïncidences malheureuses, dont certains éléments sont un peu grossiers et pas toujours liés de la manière la plus fine qui soit, mais l’évolution de l’état de santé du chien nous permet de nous focaliser sur autre chose. En effet, le Saint-bernard a été mordu par une chauve-souris lors d’une de ses escapades, et a contracté la rage. Il n’est alors pas rare que Stephen King écrive des passages selon le propre point de vu du chien, qui décrit alors ses émotions envers les hommes et la manière dont il ressent d’étranges changements au plus profond de son être. Un habile traitement qui nous permet tout au long de l’ouvrage de mieux comprendre les réactions de l’animal devenu fou, rongé par la maladie. L’animal s’exprime de manière très basique, mais du coup parfaitement assimilable. Pour lui les hommes sont seulement des êtres plus ou moins sympathiques, surnommés L’HOMME, L’ENFANT et LA FEMME et ne sont bons qu’a donner des caresses ou le nourrir… jusqu’au jour où il ne percevra plus que l’immondice que sont ces derniers, à qui il attribut son état de décrépitude aussi bien mentale que physique, et décidera alors de tous les tuer, comme pour atténuer la douleur atroce qui le transperce.

Ces passages sont sans doute les éléments les plus réussis de l’œuvre, de même que les mises à mort de quelques habitants et bien entendu le siège que mène Cujo à l’encontre de Donna et Tad. Si les meurtres s’avèrent plutôt sanglants et d’une rare sauvagerie, ce qui ravira les amateurs de littérature gore, le destin de la mère et de son enfant est traité d’une toute autre manière. Stephen King va en effet parvenir à créer une tension abominable, n’hésitant pas à jouer sur de nombreuses peurs et phobies afin de prendre le lecteur aux tripes. Accumulation qui porte ses fruits puisque le calvaire des deux proies, coincées dans une petite voiture au beau milieu de nulle part, va les faire affronter un énorme chien enragé devenu complètement fou, de lugubres et interminables nuits sans lune, des journées enfermées dans une véritable étuve tiraillées par la faim et la soif, ainsi qu’a de nombreux cauchemars. Autant dire qu’il y a de quoi faire, et il est vraiment dommage que ces passages effrayants soient si souvent entrecoupés par les déambulations de tous les autres protagonistes se trouvant loin de cette cour maudite. Mais les assauts répétés de Cujo tiendront tout de même le lecteur en haleine jusqu’au dénouement qui n’est pas des plus heureux. Si l’auteur passe rapidement sur les détails physiques pour s’attarder sur l’état psychologique des victimes, le personnage de Tad paraît pourtant souvent absent, effacé au profit de sa mère, plus combative certes, mes les réactions et pensées de l’enfant auraient sans doute méritées un traitement un peu plus approfondi puisqu’il donne ici l’impression que Stephen King ne sait pas vraiment quoi faire de lui.

cujo2

Stephen King nous offre ici un roman qui n’est pas exempt de défauts, aux longueurs interminables et aux histoires secondaires plus que décevantes, mais qui dans sa seconde partie propose une approche de l’horreur assez subtile et redoutable d’efficacité. Il parvient avec un nombre restreint de personnages, un lieu unique et un « monstre » familier à créer une situation à la fois tétanisante et effrayante, qui ne laisse que peu de place à l’espoir. Dommage que soient brodés autour des évènements qui amoindrissent complètement l’immersion du lecteur dans ce récit terrifiant. À lire de toute façon, même si comme moi vous n’êtes pas très client du style de l’auteur…
A noter que Cujo à fait l’œuvre d’une adaptation au cinéma par Lewis Teague, dont Stephen King avait plus qu’apprécié sont film L’Incroyable alligator, dont il est question ici : Cujo, le film.

Cujo - Stephen King , 10.0 out of 10 based on 2 ratings
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