Dogs of Hell (Rottweiler : les chiens de l’Enfer) – 1982 – Worth Keeter

04/12/2009 nachthymnen Commenter Allez aux commentaires
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rottweilercov

Dogs of Hell
Aka : Rottweiler : les chiens de l’Enfer, Rottweiler, Rottweiler: Dogs of Hell
Genre : Enragés volontaires

USA, 1982, 89 min
De Worth Keeter
Avec Earl Owensby, Bill Gribble, Robert Bloodworth, Kathy Hasty, Ed Lillard, etc.


Une meute de rottweilers, élevés et entraînés par l’armée américaine à tuer des hommes s’échappent lors d’un transport. Ils vont rapidement arriver à Lake Lure, une petite communauté montagnarde. Des cadavres atrocement mutilés vont être découverts et le shérif local va alors tenter d’arrêter ces tueurs enragés…

Après Doberkiller et ses dobermans adeptes du croquage dressés par un vétéran à moitié fou, Les Chiens de l’Enfer et ses bergers allemands diaboliques, ou encore les meutes disparates et effrayantes de titres comme The Pack ou Les Chiens fous, c’est au tour de la race des rottweilers d’être mise en avant dans un film dédié à des attaques de chiens tueurs. caniassassini08L’espèce est également représentée dans des titres comme Madhouse ou Play Dead, mais ces titres n’étant pas réellement des films d’agressions animales, c’est tout naturellement vers Rottweiler les chiens de l’Enfer qu’il va falloir se tourner pour observer une meute de molosses noir et feu s’en prendre à l’homme. Evidemment, comme dans la majeure partie des titres du genre, ces derniers ne sont pas directement responsables de leur état, puisqu’ici, à la manière du récent The Breed, ce sont les militaires et leurs expériences qui se retrouvent à l’origine d’un terrible massacre occasionné par une meute de chiens bien décidés à goûter à tout ce qui passe à portée de crocs.

Produit par les Studios Earl Owensby et filmé en 3 dimensions pour sa sortie en salles, Rottweiler les chiens de l’Enfer a été réalisé par Worth Keeter, que l’on retrouve derrière des productions comme Wolfman, Scorpio One, ou encore les récentes séries basées sur les Power Rangers. Ce dernier offre d’ailleurs à son producteur le rôle principal. C’est en effet Earl Owensby, auparavant aperçu dans Wolfman et d’autres titres produits par son studio, qui joue ici le personnage du shérif, le reste du casting étant par contre composé d’inconnus.

caniassassini03Entraînés à tuer, conditionnés dans le but de haïr les hommes, et capables d’êtres autonomes sur un champ de bataille, les rottweilers sont présentés ici comme une véritable machine à tuer. De plus, ces derniers sont devenus incontrôlables, ce qui n’arrange guère les habitants de la petite ville paisible qui va subir les assauts meurtriers de ces monstres échappés d’un accident de la route lors d’un transport. Les animaux sont ici complètement diabolisés, les dialogues font souvent état de « créatures » et on leur prête des capacités destructrices hors du commun, ce qui peut-être rapproché de quelques vielles légendes dans lesquelles les chiens noirs ou chiens de l’enfer (cf. le titre en vf), étaient des serviteurs de démons pour lesquels ils traquaient des âmes. Enfin, je m’éloigne un peu du sujet, et il n’est pas certain que le scénariste ait eu un tout cela en tête lors de la rédaction de son synopsis. Ici les chiens sont présents pour tuer du figurant, et ils le font plutôt bien si l’on compte le nombre assez élevé de victimes qui parsèment l’histoire.

N’oublions pas que nous sommes en plein dans l’ère post-Jaws, et il n’est donc guère étonnant de retrouver quelques points qui font dorénavant partie du cahier des charges de tout film catastrophe animalier : la saison touristique ne va pas tarder à débuter, un promoteur immobilier est présent dans les parages, avec quelques idées d’aménagement qui ne sont pas du goût de tout le monde. Mais ces clichés n’apparaissent finalement qu’au détour de deux lignes de dialogues, avant que l’on en entende plus parler, alors qu’il aurait été si simple de s’en passer et de se démarquer un peu de la « concurrence » sans y faire la moindre allusion. Surtout que la ville de Lake Lure est un endroit sans trop d’histoires, avec son shérif mollasson, son médecin, les bourrus de services et sa jeunesse qui s’emmerde. Tout ce beau monde se retrouvant dans l’unique bar du coin à boire des bières et à regarder des femmes peu vêtues faire du catch dans la boue. De saines occupations donc…

Il ne va cependant pas falloir attendre bien longtemps pour que les chiens passent à l’attaque. Dans un premier temps confinés dans les bois alentour, observant attentivement les hommes, les rottweilers attendent le meilleur moment pour aller déchiqueter quelques gorges palpitantes. caniassassini09Un groupe de mannequins venus faire des photos à la campagne va rapidement en faire les frais. Si les attaques et les poursuites ne manquent pas, ces dernières ne sont pas pour autant très entraînantes. En effet, jusqu’à la dernière partie du film, toutes les mises à mort seront filmées hors champ, ce qui bien évidemment nuit très défavorablement à l’impact de ces séquences et de l’ensemble du film. Contrairement aux chiens, le spectateur reste donc un peu sur sa faim. Heureusement que les maquillages sanglants des blessures béantes sont très réussis, et permettent en partie de faire passer la pilule. Nous devons d’ailleurs ces derniers à Jeff Goodwin, ayant auparavant travaillé sur des titres comme King Kong Lives, Killer Crocodile et sa suite, ou Les Oiseaux 2. Quant aux effets spéciaux, dans l’ensemble plus que corrects malgré certaines imperfections, ils sont l’œuvre d’une personne qui nous est assez familière ici : Fred Olen Ray (L’attaque des fourmis géantes, Tomb of the Werewolf, Face aux serpents et toute une flopée de DTV érotiques plus ou moins inspirés.)

Malgré des acteurs amateurs débitants des dialogues d’une banalité affligeante, un rythme peu soutenu, une mise en scène un peu molle, alourdie par quelques ralentis inutiles, Rottweiller : les chiens de l’Enfer évite pourtant le ridicule. Les chiens paraissent menaçants, une fois encore le travail de dressage est à saluer, et l’utilisation d’une race comme les rottweilers, molosses puissants aux couleurs noires et feu ne font que renforcer cet aspect. Les attaques sont bien sanglantes, et si les premières sont juste suggérées, la dernière partie du film propose des séquences plus efficaces. Dotées de plus de punch, celles-ci véhiculent enfin l’impact souhaité par le réalisateur, provoquant même quelques frissons bien sentis. Worth Keeter nous offre ici une production loin d’être parfaite, un peu ennuyeuse, mais au final assez divertissante, même si nous sommes loin ici de la sauvagerie de The Pack ou du rythme un peu plus soutenu du récent The Breed.

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Categories: Animaux tueurs, Canidés
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