Empire of the Ants (L’Empire des fourmis géantes) – 1977 – Bert I. Gordon
On prend les mêmes et on recommence… Après l’adaptation du texte Food of the Gods d’H.G. Wells à travers le film Soudains… le monstres, Bert I. Gordon s’attaque cette fois-ci à un autre texte du célèbre romancier britannique : Empire of the Ants. Ici aussi il va donc être question de bébêtes géantes attaquants un groupe de personnes dans un lieux isolé (encore une île). L’histoire se veut par contre un peu plus profonde, sans trop en dire pour ne pas dévoiler la fin, la revanche que prennent les fourmis sur les hommes se trouve être au final assez alarmante. Réalisé seulement un an après l’histoire qui mettait en scène des rongeurs géants, Empire of the Ants souffre malheureusement des mêmes défauts et semble même un peu plus bâclé en pas mal de points.
Le film débute tel un documentaire animalier, des images de fourmis défilent sur un texte de vulgarisation scientifique légèrement teinté d’un pessimisme censé préparer le spectateur au pire… méthode qui à fait ses preuves mais qui sera abusivement utilisée dans les productions du genre durant les années 70 et 80.
L’histoire se met assez rapidement en place, les fûts de matière radioactive échouent sur la plage, le groupe de gugus destiné à servir de garde-manger vient visiter les futurs aménagements immobiliers prévues sur ce paradis insulaire, et bien évidement les fourmis qui vont rapidement aller tremper leurs mandibules là ou il ne fallait pas… La première chose qui nous saute aux yeux est bien évidement le jeu des acteurs, ces derniers sont réellement inexpressifs à deux ou trois exceptions près (et encore, il faut voir leurs réactions lors de la perte d’êtres plus ou moins chers pour se rendre compte de l’ampleur du désastre), le tout étant embelli par des dialogues assez creux et des situations assez illogiques. Dans le lot on retrouve Joan Collins (future égérie de Dynasty), qui joue un promoteur fortuné très désagréable (tellement qu’au bout de 2 min de film on a envie de lui mettre des claques et on espère qu’elle se fera rapidement manger par les fourmis…), Robert Lansing (The Nest, Island Claws…) dans le rôle d’un capitaine de bateau plutôt rebelle ou encore Pamela Susan Shoop dont la plastique sera utilisée à bon escient faute de mieux.
La suite se déroule avec plus ou moins de réussite, le film manque par moment un peu de rythme et se perd dans des passages de bla bla un peu inutiles, mais dans l’ensemble on ne trouve quand même pas le temps de s’ennuyer. Il y a suffisamment d’attaques et de morts (avec peu de sang cependant) pour combler le spectateur.
Les fourmis géantes, d’environ 2 mètres ce qui commence à faire pas mal, vont être très souvent présentent à l’écran, la plupart du temps sous forme d’inserts vidéo pas toujours très bien raccordés, mais dans quelques scènes assez bluffants tout de même , les images utilisées sont par contre de toute beauté, on à vraiment l’occasion d’apercevoir les insectes sous toutes les coutures et en très gros plans, que ce soit dans un habitat naturel ou se déplaçant sur des maquettes. Les autres méthodes utilisées sont par contre beaucoup moins impressionnantes, voir ridicules dans certains cas, par exemple quand les fourmis se déplacent sur le ponton d’embarcation, où lors de toutes les attaques en gros plan dans lesquelles des espèces de pantins géants plutôt grossiers sont manœuvrés dans tous les sens afin de simuler une agression (de plus la caméra bouge également de tous les côtés ce qui fait qu’au final on ne comprend rien à ce qui se passe à l’écran). Les bruitages sont par contre assez stressants, à l’approche des fourmis une sorte de sifflement fait son apparition et lors des attaques des cris mélangés à des sons bizarres explosent dans tous les sens, ce qui, ajouté aux mouvements de caméra donne rapidement mal au crâne. C’est d’autant plus dommage que la musique, qui sans être exceptionnelle se montre un peu trop discrète alors qu’elle se marie plutôt bien à l’ensemble.
Si la première partie du film se trouve être la plus agressive, mettant en scène la plupart des morts et la fuite des protagonistes à travers l’épaisse forêt, l’arrivée dans la ville change radicalement le ton de l’histoire. C’est ce passage, bien qu’expédié un peu rapidement, qui se montrera être au final le plus angoissant et aurait mérité d’être approfondi. La découverte que vont faire les survivants en ce qui concerne le dessein des fourmis en étonnera plus d’un…
Malgré ses nombreux défauts et s’il est loin d’être une des meilleures œuvres de Mr BIG, L’Empire des fourmis géantes est un film divertissant, que l’on regarde avec parfois un petit sourire aux lèvres content de finalement se laisser prendre au jeu.
À découvrir également :
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- Glass Trap (L’Attaque des fourmis géantes) – 2004 – Fred Olen Ray
- The Food of the Gods (Soudain… les monstres) – 1976 – Bert I. Gordon
- Beginning of the End – 1957 – Bert I. Gordon
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