Grizzly Rage (Les Griffes de la forêt) – 2007 – David DeCoteau
Après l’immonde Projet oxygène déjà diffusé sur ses ondes, voila que Sci-Fi Channel nous offre à nouveau un titre mettant en scène des ours tueurs avec ce Grizzly Rage, production à peine meilleure que la précédente. C’est cette fois-ci David DeCocteau que l’on retrouve à la réalisation, homme à qui l’on doit le sympathique Leeches ou encore tous les titres de la franchise The Brotherhood en passant par de nombreuses séries B ou Z plus ou moins réussies.
Nous suivons ici le périple de quatre jeunes gens partis fêter le fin de leurs études non loin de Saranac, jeunesse insouciante qui n’a que faire des panneaux d’avertissement et en profite pour faire chauffer le moteur de leur 4×4. Erreur monumentale qui va les amener à écraser un pauvre petit ourson, mettant ainsi la maman grizzly dans une colère noire. Cette dernière va alors se mettre en chasse, espérant ainsi venger la mort de son petit, compliquant le périple de nos jeunes abrutis déjà bien emmerdés par de nombreux problèmes mécaniques. Car si le titre du film est bien Grizzly Rage, la plus grande partie du récit s’attarde sur ces fameux problèmes de véhicule, le réalisateur nous livrant alors des séquences d’une longueur insoutenable durant lesquelles nous assistons péniblement à la remise en route du moteur ainsi qu’a divers enlisements dont nos compères doivent venir à bout ! La voiture en devient presque le personnage principal, et c’est les larmes aux yeux que nous assisterons à sa mise à mort par la maman grizzly, passablement énervées par l’objet qui lui vole la vedette.
A part cela, rien de bien intéressant à se mettre sous la dent, le déroulement de Grizzly Rage étant des plus convenu. L’animal traque ses proies humaines dans une forêt qui n’est guère menaçante, faisant quelques victimes au sein d’un casting plus que réduit ou pourchassant l’un des protagonistes lors de courses bien peu haletantes.
Les mises à mort sont risibles au possible, le grizzly s’amusant à faire valdinguer ses proies à coups de griffes, rappelant la cultisime séquence du sac de couchage dans Prophecy, avant de porter le coup final à chaque fois représenté par une giclée numérique de sang sur l’objectif. Effets spéciaux réduits à leur strict minimum donc, constitués de stock-shots et d’une fausse griffe en plastique recouverte de poils, même si heureusement quelques blessures sanguinolentes parviennent à faire illusion.
Les attaques sont ridicules, puisqu’à aucun moment nous n’apercevrons simultanément à l’écran un des acteurs en compagnie du grizzly, tout est en effet suggéré par un montage et une mise en scène des plus sommaire. Montage cut & paste qui ne joue pas vraiment en faveur de Grizzly Rage, puisque celui-ci parvient même à plomber les quelques scènes qui auraient pu être un peu plus efficaces que le reste, notamment le final, qui bien que très classique, distille une ambiance nocturne plutôt réussi et une petite surprise bienvenue lors de ses dernières secondes.
David DeCocteau nous offre ici un film atroce, durant lequel l’ennui pointe son nez dès les dix premières minutes et qui ne disparaîtra qu’une fois vote téléviseur éteint. Rarement un ours tueur aura été aussi peu impressionnant à l’écran, nous sommes très loin ici des sublimes et sauvages séquences de The Edge ou même des meurtres sanglants et amusants du Grizzly de William Girdler. Le réalisateur se focalisant essentiellement sur ses personnages (et la fameuse voiture), il en oubli complètement le message principal de ce genre cinématographique, celui de la revanche de la nature sur l’homme, et ce ne sont pas les deux plans nous montrant des déchets radioactifs surgis de nulle part qui donneront un semblant de crédibilité à l’ensemble… bien au contraire… A fuir !
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