It Came From Beneath the Sea (Le Monstre vient de la mer) – 1955 – Robert Gordon

29/12/2009 nachthymnen Commenter Allez aux commentaires
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It Came from Beneath the Sea

It Came from Beneath the Sea
Aka : Le Monstre vient de la mer, Le Monstre surgit des mers, Il Mostro dei mari, Monster from Beneath the Sea
Genre : Pieuvre géante

USA, 1955, 79 min
De Robert Gordon
Avec Kenneth Tobey, Faith Domergue, Donald Curtis, Ian Keith, Dean Maddox Jr., etc.


La côte américaine est menacée par une pieuvre géante, issue des profondeurs océaniques encore inexplorées après l’explosion d’une bombe atomique. A la recherche d’une nourriture non contaminée, elle se dirige vers San Francisco. Deux scientifiques et le capitaine d’un sous-marin nucléaire vont tenter de la stopper avant qu’elle ne mette la ville à feu et à sang.

itcame06Difficile de ne pas se souvenir de la destruction du Golden Gate Bridge de San Francisco par la pieuvre géante d’It Came From Beneath the Sea, séquence mythique que l’on doit à un des génies des effets spéciaux : Ray Harryhaussen. Après avoir longtemps travaillé aux côtés de son mentor Willis O’Brien, Harryhaussen va finalement prendre son envol sur le tournage de The Beast from 20,000 Fathoms, et signe avec It Came From Beneath the Sea le second poste de superviseur des effets spéciaux de sa carrière. C’est d’ailleurs en 1955 qu’Harryhaussen va rencontrer le producteur Charles H. Schneer. Leur collaboration va dès lors s’étaler sur une période de plus de 25 ans, avec à la clé la réalisation de très nombreux classiques parmi lesquels on peut citer Clash of the Titans, Jason and the Argonauts ou encore Mysterious Island.

Avec un casting regroupant dans les rôles principaux Kenneth Tobey, aperçu dans The Thing from Another World, Terror in the Sky, ou plus récemment dans The Naked Monster ou encore Faith Domergue (Cult of the Cobra, This Island Earth), c’est sous la direction de Robert Gordon (Black Zoo) que prend donc naissance l’histoire de cette pieuvre géante en quête de nourriture, qui s’attaque à l’homme en allant détruire la ville de San Francisco. Cette dernière, après avoir été dérangée par des essais nucléaires doit en effet trouver de nouvelles proies à ajouter à son menu, car les espèces voisines de son lieu d’habitat, dont elle se nourrie en général, sont elles aussi contaminées par la propagation des radiations. itcame09Suite au succès de The Beast From 20,000 Fathoms, le nombre de productions reprenant le thème de la révolte d’un animal géant suite à un contact plus ou moins intime avec une source nucléaire ne cesse de croître. De Them! et ses fourmis géantes à l’énorme mante religieuse de The Deadly Mantis partant à l’assaut de grandes villes américaines, en passant par les sauterelles gigantesques de Beginning of the End, les exemples ne manquent pas et les armées du monde entier sont débordées… jusqu’à l’archipel du Japon, qui lui doit faire face au terrible Godzilla depuis quelque temps déjà.

Ce n’est d’ailleurs guère étonnant de retrouver ici un récit signé George Worthing Yates, à qui l’on doit également celle de Them! ou d’autres titres assez représentatifs de cette période de l’histoire (pour mémoire, la première bombe H américaine a été testée en 1952).
Vous l’aurez compris, le déroulement de Le Monstre vient de la mer n’aura donc rien de surprenant pour quiconque aurait déjà vu un des titres précédemment cité, mais le plaisir que l’on prend à visionner ce genre de film n’est que peu entaché par ce genre de considérations. Car le véritable choc provient de quelques séquences particulièrement impressionnantes, que l’on doit bien entendu à l’habileté de Ray Harryhaussen. Outre l’attaque du fameux pont, le Golden Gate Bridge, dont il est fait mention plus haut, l’affrontement entre l’immense poulpe et les militaires est de toute beauté. Nous sommes loin de l’attaque très décevante du premier navire à faire les frais de la colère du monstre ou encore de l’apparition éclair de celui-ci sur une plage quasi déserte. Dommage également que la partie sous-marine de l’affrontement n’ait pas non plus bénéficié du même perfectionnisme que ce qui se déroule sur la terre ferme lors de la destruction d’une partie de l’embarcadère de San Francisco. La créature est alors beaucoup moins réaliste, le montage de Robert Gordon n’est pas des plus efficace, il lui est donc difficile ici de parvenir à dégager la moindre tension.

itcame08Les quelques contraintes budgétaires ont été habilement détournées, notamment le fait que la pieuvre n’ait que 6 tentacules au lieu de 8 (faute de moyens et de temps pour cela), et si les attaques sont finalement peu nombreuses, elles demeurent tout de même suffisamment impressionnantes pour que le spectateur en ait plein les yeux. Quelques stocks shoots de sous-marin font leur apparition par moments, les décors ne sont pas toujours très crédibles, les personnages ne sont guères attachants et leurs lignes de dialogues ne sont pas toujours très convaincantes. Une voix off vient par moment commenter l’action, certainement dans le but de donner un petit côté documentaire alarmiste à l’ensemble, chose courante dans les films catastrophes.

Sans les prouesses de Ray Harryhaussen, It Came From Beneath the Sea ne serait sûrement pas considéré comme ce qu’il est aujourd’hui, mais n’en demeure pas moins une production sympathique dotée de quelques scènes absolument incroyables et inoubliables, que Nu Image, toujours en panne d’inspiration tentera vainement de reprendre à son compte avec son hommage à peine dissimulé qui se cache le titre très original d’Octopus 2 : River of Fear.

[youtube]VkDuw_2nyzI[/youtube]

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