Lockjaw: Rise of the Kulev Serpent – 2008 – Amir Valinia
Basé sur un scénario inspiré du film Pumpkinhead auquel s’ajoute une exploitation propre aux films d’animaux géants type Anaconda et autres Basilisk : the Serpent King, Lockjaw : Rise of the Kulev Serpent s’avère être une déception de taille. Une production fade et complètement crétine qui trouvera difficilement sa place même en seconde partie de soirée sur une chaîne câblée ou dans les rayons de DTV bradés à tout va. Réalisé par Amir Valinia pour K2 Pictures, petite boîte de production américaine, Lockjaw met en scène des acteurs peu connus comme DMX, un rappeur qui comme bien d’autres tente vainement sa chance au cinéma, en campant ici le descendant d’un sorcier vaudou tellement peu crédible que cela en devient pathétique, Louis Herthum, Victoria Vodar ou encore Caleb Michaelson, déjà aperçu dans Warbirds.
Lockjaw : Rise of the Kulev Serpent débute avec l’histoire d’un jeune garçon nommé Alan, qui ne supporte plus son père violent. Il profite d’une petite escapade nocturne pour s’introduire chez un sorcier vaudou et voler une boite étrange. À l’intérieur se trouve un objet magique et dangereux, un stylo ! Oui, oui, un stylo, en forme de reptile, lié à la croyance ancestrale du serpent de Kulev. Un stylo magique, c’est bien beau, mais à quoi cela peut-il servir ? C’est bien simple, Alan dessine son père au côté d’un reptile géant, et quelques minutes plus tard, badaboum, le père disparaît dans un champ, trainé par une bestiole gigantesque…
Bien des années plus tard, nous retrouvons Alan, heureux, et marié à son amie d’enfance Becky. Mais le bonheur ne pouvait pas durer, et cette dernière va succomber à ses blessures après avoir été renversée par la voiture d’un groupe de jeunes crétins partis faire la fête non loin de là. Alan va une nouvelle fois se servir du stylo maudit pour satisfaire son désir de vengeance, avant que la culpabilité ne le ronge et qu’il décide de stopper tout cela. Mais c’est trop tard, une fois le dessin terminé, il est impossible de le modifier, de l’effacer ou de le détruire, décidément ce stylo magique est surprenant !
Comme vous pouvez le constater, l’originalité et la crédibilité ne sont pas au menu de Lockjaw, espérons que la suite soit un peu plus appétissante… mais malheureusement il faudra être sérieusement affamé pour trouver la moindre saveur à cette production fade et ennuyeuse.
Car le film accumule les défauts d’une manière qui force le respect.
En à peine moins de 15 minutes, le spectateur est déjà en mesure de se prononcer (et sans la moindre erreur !) quant à la liste des protagonistes qui vont survivre et ceux qui vont finir croqués par la vilaine bestiole. À quoi bon regarder la suite alors ? Aucune idée, une pointe de masochisme sans doute, qui nous pousse à subir l’enchainement de situations absurdes, les motivations inexistantes et agissements débiles des personnages hautement caricaturaux et insupportables, ou des dialogues d’une médiocrité généralement réservée aux plus mauvais sitcoms. Budget limité oblige, pas question pour le réalisateur de faire des folies. Toute l’action du film se déroule donc de nuit, et les lieux visités peuvent se compter sur les doigts d’une main, avec une nette préférence pour la maison des jeunes et les champs de cannes à sucre, que le réalisateur ne parvient malheureusement jamais à mettre en valeur. Si aucun des personnages ne semble surpris ou effrayé par la présence d’une créature vengeresse d’une taille effrayante, cette dernière est pourtant assez réussie. Kulev est donc un reptile géant, dont le corps n’est autre que celui d’un serpent, surmonté d’une tête de crocodile, et dont la queue pointue est capable d’attraper ou de transpercer ses proies. Les effets spéciaux sont entièrement numériques, et si ces derniers sont acceptables en ce qui concerne la créature, le reste est tout simplement risible. Peu sanglant, Lockjaw propose quelques attaques peu impressionnantes. La moitié d’entre elles se déroulent hors champ, et l’on assistera tout de même à une poitrine transpercée, un gobage, et une décapitation nette et sans bavure qui ne laisse pas apparaître la moindre goutte de sang.
Désastreux du début à la fin, Lockjaw : Rise of the Kulev Serpent ne dure heureusement que 70 minutes, abrégeant ainsi un calvaire qui n’a d’autre intérêt que de proposer une créature physiquement originale, mais totalement sous-exploitée. Cela faisait bien longtemps qu’un aussi mauvais DTV n’avait pas vu le jour, espérons que le prochain film du réalisateur Amir Valinia, Mutants, mettant en scène Michael Ironside soit un peu plus réussi…
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