Locusts (Les Ailes du chaos) – 2005 – David Jackson
Le film pourrait se résumer en 2 phrases : « rien ne les tuera! » dans un premier temps et « Dieu bénisse l’Amérique », à partir de là il n’est pas vraiment difficile d’imaginer tout ce qui peut se tisser autour.
Un chercheur met donc au point, avec les subventions du ministère de la défense, un nouvelle espèce de criquets migrateurs génétiquement modifiés. Un criquet à la base, à part le bruit chiant qu’il émet, n’est pas vraiment terrifiant, mais un essaim lui est déjà bien plus problématique, pas mortel directement mais son potentiel destructeur à long terme s’avère déjà plus inquiétant. Mais bon ici nous sommes aux états unis, pays des super héros, donc si criquet il doit y avoir, ce doit être des super criquets ! Et notre scientifique à bien fait son boulôt, ces derniers résistent à tous les pesticides connus, se reproduisent 4 fois plus vite, vivent 3 fois plus longtemps et se déplacent également plus vite que leurs semblables.
Pour couronner le tout, quand la nourriture vient à manquer, les insectes n’hésitent pas à devenir carnivores… bref ces crétins de l’armée, qui sont d’ailleurs derrière tous les coups fourrés si l’on regarde bien, viennent de créer une arme biologique qu’ils ne peuvent pas contrôler, ou comment finalement faire flipper le spectateur américain moyen, non pas à cause des criquets en eux-même, mais grâce à la fameuse théorie du complot. Pendant ces derniers décident de s’il faut ou non sacrifier 10% de la population, les criquets rigolent de la bêtise humaine et engloutissent leurs récoltes (et quelques moutons au passage).
L’Amérique profonde se retrouve alors bien dans la merde, ses pauvres fermiers vont perdre toutes leurs récoltes et en plus ils risquent de se faire bouffer tout cru au milieu de leurs troupeaux, en gros c’est de l’apocalypse dont il est question ici, terme qui reviendra d’ailleurs plusieurs fois lors de quelques répliques bibliques bien crétines.
Répliques qui ne sont pas isolées en plus, car une fois les bases du scénario posées, les quelques pistes quand à un éventuel échec envisagées, un spécialiste nous sort d’un air grave : « Nous allons demander, pour la première fois dans l’histoire de notre pays, à tous nos fermiers de récolter dès maintenant », voila, tout est dit, c’est sur cette phrase maîtresse, qui à elle seule véhicule toute l’angoisse qui travaille en ce moment même les grands décideurs de ce monde, que va se jouer la suite, l’avenir du monde. Toute cette opération va donc être menée par quelques personnes aux motivations diverses. Lucy « Xena » Lawless (Vampire Bats) campant comme elle le peut, c’est à dire de bien piètre façon le rôle de Maddy Rierdon, jeune femme tourmentée , travaillant au département de l’agriculture et faisant passer son travail avant tout, ce qui lui vaut de se faire larguer par son mec alors même qu’elle apprend qu’elle est enceinte. Dylan Neal (Chupacabra Terror, Vampire Bats…), la belle gueule de service échappé de la série Dawson est Dan Dyrer, le petit ami en question, spécialiste de ce type d’invasion, qui se demande s’il n’a pas fait le con en virant sa nana. Même John Heard (C.H.U.D., Snake Eyes, The Pelican Brief…), acteur pourtant confirmé est ici en roue libre dans le rôle du Dr. Peter Axelrod, chercheur à l’origine de ce bordel, mais actuellement Docteur ès chômage, qui veut se repentir du mal qu’il a libéré sur les champs en aidant le gouvernement autant qu’il le peut. Les rôle secondaires se répartissant entre des fermiers bouseux et des membres du gouvernement, mais bien évidement tout cela se terminera dans un concert de congratulations en bonne et du forme, les bestioles grillées à l’aide de câbles électriques ne se joignant cette fois-ci pas à la fête.
Histoire classique, acteurs lisses, CBS produit ici un téléfilm tout ce qu’il y a de plus basique, emplie de bons sentiments, aseptisé au possible et sans aucune surprise. Difficile également de dire si ce film trouve plus sa place dans le genre des attaques animales ou du film catastrophe classique, le nombre de mort étant presque inexistant (2 pilotes d’avion qui s’écrasent après la perte de leur deux moteurs, et notre scientifique qui succombe à des blessures subies hors champ), on peut finalement comparer un peu cette production de The Swarm dont il se rapproche sur de nombreux points. Pourtant tout n’est pas mauvais, les effets spéciaux sont tout à fait honnêtes, les essaims obstruant le ciel sont parfois un peu chargés, mais le reste passe bien. Évidement il n’y a pas vraiment de prouesse technique à réaliser des formes ovales et sombres qui passe à toute vitesse sur l’écran, mais certains sont capables de les louper, il n’y a qu’a regarder Infested pour s’en rendre compte. Le reste étant composé de personnes qui jettent, par poignées entières, des copeaux noircis en l’air ou d’insecte nettement plus réalistes lorsque l’on se retrouve en gros plan.
Mais le film ne suscite aucune tension et ne propose aucune scène un peu inquiétante, l’aspect alarmiste lié aux petites explications scientifiques est complètement à côté de la plaque, pas une goutte de sang à se mettre sous la dent, bref l’apocalypse n’est pas pour demain…
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