Romasanta (L’Enfer des loups) – 2004 – Francisco Plaza
Romasanta est un film de loup-garou assez atypique. Produit sous la bannière de la Fantastic Factory (Darkness, Arachnid), le métrage de Francisco Plaza (Les Enfants d’Abraham) n’a pourtant rien d’un film fantastique au sens strict du terme, ce qui explique sans doute la déception ressentie par la critique à sa sortie. Pourtant ce parti pris n’est pas gratuit car le film s’inspire de l’histoire vraie de l’assassin connu sous le surnom de «loup-garou d’Allariz », suite à son procès à l’issue duquel il fut reconnu comme atteint de lycanthropie. Séducteur, manipulateur, Romasanta pouvait être à la fois un homme courtois et raffiné, et un fauve d’une extrême sauvagerie.
Une histoire passionnante que Francisco Plaza s’emploie à l’illustrer sans artifice et avec sobriété, à l’exception d’une magnifique scène de transformation, seul petit écart au ton rationaliste voulu par le cinéaste.
En optant pour l’approche réaliste du fait divers sanglant, Plaza se met à dos les fans de fantastique pur. Pourtant, à condition de ne pas se laisser envahir par la frustration, il n’est pas interdit d’apprécier le résultat, d’autant que le réalisateur soigne son boulot. Sur la papier, l’histoire, déjà riche à l’origine, retient l’attention, et les personnages principaux sont bien écrits. A l’écran, la photographie est tout simplement superbe, et confère une ambiance particulière au métrage, atténuant l’aspect parfois austère de la réalisation.
Quant aux acteurs, Julian Sands est bien moins falot qu’à l’accoutumée et retrouve le charisme qui l’habitait dans Warlock ou Arachnophobie. Face à lui, la belle Elsa Pataky (Snakes on a Plane) est parfaite en amante vengeresse. En fait, on regrettera surtout une mise en scène léchée mais sans doute trop sage, qui ne facilite pas toujours l’immersion. L’ensemble manque parfois d’ampleur et de personnalité, si bien que les spectateurs les plus blasés peuvent facilement jeter l’éponge. Une œuvre imparfaite et exigeante donc, mais ne serait-ce que pour cette approche originale d’un genre ultra codifié, et pour les qualités citées plus haut, le film de Francisco Plaza n’a rien de déshonorant et constitue une intéressante digression sur un thème rebattu.
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