Savage Planet (Projet oxygène) – 2006 – Paul Lynch
Abordant un des thèmes récurrents de la science-fiction à propos de la découverte d’une nouvelle planète capable d’accueillir l’espèce humaine, ayant inexorablement achevée de détruire notre bonne vieille Terre surpeuplée, polluée et vidée jusqu’à la moelle de toutes substances nécessaires au développement de la vie, cette production low budget de Sci-Fi Channel se présentait sur le papier comme un divertissement sans doute mineur mais assez alléchant, malgré les craintes que l’on peut avoir concernant la provenance du film. Malheureusement, il s’agit certainement du pire «Sci-Fi original movie» qu’il m’a été donné de voir, se présentant comme une version cheap du film Stargate et de la série Sliders, auxquels viennent se greffer quelques éléments propres aux films d’attaques animales tels que Grizzly, Wild Grizzly et consorts.
Tout débute dans une ville horriblement modélisée en 3D que ne renieraient pas les infographistes de Cine Excel Entertainment, dans laquelle se monte une expédition vers la planète Oxygen, ayant pour but de délimiter une zone sécurisée. Un groupe hétérogène composé des habituels scientifiques, médecins et autres gros bras chargés de les protéger, va emprunter un système appelé « deep space teleportation » afin de se rendre sur cet eldorado lointain. Tout se passe pour le mieux sauf lors du dernier transfert, le tatoué du groupe étant téléporté sans ses os à cause d’une surcharge du système… laissant sur place cette bouillie de chair et de sang, notre groupe part explorer les environs.
Si jusque-là tout semblait pour le moins à peu près potable malgré de longues séquences de bla bla inutiles dispensées par des acteurs ne sachant apparemment pas ce qu’ils faisaient sur le plateau, le film perd subitement tout son attrait alors que l’on se retrouve dans une pâle copie de « jungle movie » dont tous les éléments intéressants auraient étrangement disparu du script.
Nous assistons en effet à une randonnée champêtre, ponctuée de pauses pique-nique et camping peu passionnants, durant lesquels nos zozos vont être confrontés à des ours de l’espace, qui je vous rassure tout de suite sont identiques aux nôtres, les stock-shots abondement utilisés n’ayant pas permis à l’équipe des effets spéciaux de faire travailler leur imagination. Heureusement d’ailleurs, car quand on voit déjà avec quelle réussite ils parviennent à créer un ours en CGI absolument immondes, au pelage composé d’une texture unique et glissant sur l’image en agitant ses pattes de manière non alignées au sol, on se dit que l’on a peut-être échappé au pire. Le réalisateur a d’ailleurs dû les exécuter sur le champ une fois leurs travaux révélés, ce qui explique par la suite l’utilisation abusive des 3 stock-shots disponibles qui reviendront sans cesse jusqu’à la fin…
CGI hideux, mêmes images en boucle, incrustations visibles, zooms à gogo, blessures et maquillages crées par ordinateur, voila de quoi vont être composées les attaques parsemant Savage Planet, qui nous offriront tout de même quelques plans assez sanglants comme deux décapitations, un corps tranché en deux et autres blessures qui auraient pu êtres impressionnantes réalisées autrement que de manière numérique. Bien entendu quelques tensions internes vont se faire ressentir au sein du groupe : amours, traîtrises et morts, voilà de quoi composer un beau soap des familles.
Si l’on ajoute à cela un montage pitoyable, agrémenté d’ailleurs de quelques écrans splittés à la 24 pour coller à l’air du temps, d’effroyables tremblements de terre seulement représentés par une caméra légèrement tremblotante, d’acteurs n’y croyant absolument pas (on les comprend !) comme Sean Patrick Flanery (la série The Dead Zone, Kaw) et de nombreuses incohérences ou autres absurdités, vous feriez bien, plutôt que de consacrer une soirée à regarder ce téléfilm, de commencer à préparer votre sac de couchage, quelques sandwichs déshydratés dans des glacières de camping afin de partir passer une bonne nuit en pleine nature, cela ne pourra pas vous faire de mal ! N.B. Si vous voulez quand même vivre le grand frisson à la Savage Planet, prévoyez quelques armes en plastiques et chargez un de vos amis d’agiter de temps à autre la double page centrale du dernier nº de Terre Sauvage consacré aux ours devant votre tente, effet garanti !
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