Sea Beast – 2008 – Paul Ziller
Initialement titré Troglodyte, le film dont il est question ici pouvait donc laisser supposer que les victimes en devenir du récit allaient devoir faire face à une quelconque bestiole terrestre. Une créature vivant au fin fond d’une sombre caverne ou d’une galerie souterraine, dont le ventre gargouillant n’attend pour se taire que le passage d’un groupe de spéléologues égarés. Un choix sans doute inspiré par de récentes productions comme The Descent ou sa suite actuellement en production. C’est pourtant bien des monstres marins, issus des profondeurs abyssales de l’océan, qui officient dans cette production sagement retitrée Sea Beast par Sci Fi Channel, qui diffuse ce téléfilm en avant-première dans le cadre des Sci Fi Original Movies.
Après Beyond Loch Ness, Snakehead Terror, Hammerhead: Shark Frenzy et Frankenfish voici donc surgir du fond des mers »’Sea Beas’t, un énième téléfilm dédié aux bestioles tueuses aquatiques, qui ont toutes la particularité de pouvoir également se mouvoir hors de l’eau.
C’est Paul Ziller, réalisateur dont il a souvent été question sur ce site, un adepte des films de bestioles en tout genre, que l’on retrouve derrière Sea Beast. L’homme est déjà à l’origine de projets comme Ba’al, les minables Yeti: Curse of the Snow Demon et Guêpier mortel, ou pour rester dans le monde marin, de titres comme les sympathiques Beyond Loch Ness et Snakehead Terror déjà cités précédemment.
Une fois encore l’originalité n’est pas vraiment au rendez-vous, et c’est avec peu d’entrain que l’on suit l’histoire de ce petit village de pêcheurs, assailli par des monstres amphibies qui vont trouver une certaine résistance sous la forme d’un groupe hétéroclite, composé entre autres d’un capitaine de navire et d’une biologiste marine.
Les personnages sont aussi peu travaillés que le scénario, et il en résulte un alignement de clichés qui peut faire sourire, mais fatiguant à la longue tant toutes les péripéties de tout ce beau monde sont prévisibles. Nous retrouvons au casting Corin Nemec, déjà croisé dans des productions comme Mansquito, Raging Sharks, ou la série TV Stargate SG-1, mais également Brandon Jay McLaren (Hybrid, Yeti: Curse of the Snow Demon) et Gwynyth Walsh (Blue Monkey). Les prestations des comédiens sont d’ailleurs aussi peu convaincantes que la profondeur de leurs personnages.
Côté bestiaire, nous sommes face à des bestioles amphibies étranges, qui ressemblent grossièrement à un mélange des créatures de Les Monstres de la mer ou Le Continent des hommes poissons et d’un Lurker échappé de Resident Evil. Un prédateur redoutable doté de griffes acérées, d’une mâchoire tranchante, et d’une énorme langue capable de chopper une proie à distance, tels les smokers du jeu vidéo Left 4 Dead. Un peu plus surprenant, la créature crache également une substance verdâtre et visqueuse, mais surtout, le monstre est capable, à peine sorti de l’eau, de se rendre presque invisible, à peu près dans le même style que le Predator du film du même nom. Presque, car un peu comme lors d’un concours de tee-shirts mouillés, on devine nettement ses formes sous un habillage translucide…
En ce qui concerne les effets spéciaux, le risible côtoie le potable. Terminé les maquettes, pas toujours très crédibles, de navires filmés dans une piscine, ici la tempête d’ouverture est entièrement réalisée numériquement, de manière très peu réaliste. Les bestioles sont heureusement nettement plus convaincantes, sans être exceptionnelles non plus, de même que les quelques cadavres en piteux état que celles-ci laissent dans leur sillage.
En définitive, Sea Beast se présente comme une production qui se situe dans la lignée des titres habituellement diffusés par Sci Fi Channel. À réserver donc à ceux et celles qui ne sont pas allergiques à ces téléfilms aux budgets réduits, aux effets spéciaux numériques souvent moyens, et aux scénarios écrits à la chaîne par des personnes qui se contentent uniquement de changer le type de bestiole tueuse et le lieu où se situe l’action… Sea Beast s’avère malgré tout plutôt plaisant à regarder si l’on désire occuper une seconde partie de soirée un peu morne ou se mettre quelque chose sous la rétine un lendemain de cuite difficile…
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